ANR CELTECOPHYS 2006-2010

Recherches archéométriques sur l’économie de la Gaule


Dernière modification : 8 septembre 2017

Le progrès des méthodes archéométriques permet d’envisager un renouvellement de nos connaissances sur l’économie de la Gaule celtique à condition d’associer les études du territoire avec une analyse très fine des objets.

Coordination : Katherine GRUEL, Directrice de Recherches au CNRS, UMR8546 - AOrOc.

Chercheurs et ITA de l’UMR associés : O. BUCHSENSCHUTZ,
NIETO Sylvia ; BAILLY Christophe ; VIRLOUVET Hélène ; OLIVIER Laurent ; MILCENT Pierre-Yves ; RALSTON Ian ; AUGIER Laurence ; BÉNARD Claire.

Partenaires scientifiques :
Vincent GUICHARD ; Michel PERNOT ; M. DABAS, A. TABBAGH ; Anaël FAVARD, Julien THIESSON, Jeanne TABBAGH, Sébastien FLAGEUL, Y. MENEZ, Bruno WIRTZ.

Partenaires financiers  :

  • Archéologies d’Orient et d’Occident, UMR 8546,
  • L’entreprise GEOCARTA
  • Structure et fonctionnement des systèmes hydriques continentaux,
    UMR 7619, SISYPHE Jussieu,
  • INRAP

 1 - Contexte scientifique et objectifs du projet scientifique

Dans le cadre de ce projet, nous avons donc choisi d’associer une approche spatiale des ateliers d’ artisans avec une analyse approfondie jusqu’à l’expérimentation des méthodes de fabrication monétaire. L’usage monétaire se développe en effet en Gaule parallèlement au développement d’agglomérations artisanales et les monnayeurs répondent aux nouveaux besoins par des réalisations techniques qui reflètent le dynamisme technologique de cette période de la fin de l’âge du Fer et dont nous voulons préciser la nature.

 2 - Description du projet, méthodologie

Les structures artisanales, 1er axe de nos recherches

Travailler sur l’organisation spatiale des activités artisanales, en améliorant la détection des fondations des bâtiments de terre et de bois, des structures de combustion et des objets métalliques.
Il est nécessaire, pour détecter ces vestiges d’ateliers, de développer un outil couplé de prospection magnétique et électromagnétique plus rapide et complémentaire des machines tractées qui fonctionnent déjà en prospection électrique (brevet CNRS). Ce type de réalisation vient de connaître dans les domaines comme la prospection aéroportée ou le déminage de grandes surfaces un nouvel engouement. Le partenariat avec une jeune PME, Géocarta, associée au CNRS, lui permettra d’être à l’avant-garde de l’application de ces techniques dans des secteurs en développement comme le diagnostic des grandes surfaces (> 10 ha) en archéologie préventive.

Objectifs :

  • Intégrer les méthodes géophysiques dans la « palette d’outils » des archéologues.
  • Prospecter à l’avenir de grandes surfaces.
  • Inscrire une fouille dans un ensemble plus vaste.
  • Compléter les plans des structures partiellement connues.

Instruments :

  • AMP, conçu dans ce programme, tourne déjà sur les chantiers pour les prospections magnétiques.
  • L’appareil électromagnétique est en phase de test.
  • Base de données sur les résultats des prospections en protohistoire et liée à la base des sites de l’âge du fer.

L’objet fabriqué : 2e axe de recherches :

La monnaie, objet manufacturé, unité de mesure de la valeur et des échanges, signe tangible du développement d’un véritable commerce et de la spécialisation des tâches. De nouvelles hypothèses de modes de fabrication viennent d’être posées pour l’époque gauloise, découlant des derniers apports des analyses et de la fouille.
Ici aussi, l’apport des analyses physico-chimiques, l’observation des structures métallurgiques au microscope optique et au MEB ont profondément modifié notre approche des monnayages celtiques. La découverte récente de pièces en laiton pose le problème de la maîtrise du zinc dans les alliages de cette époque, celle de monnaies fourrées et de potins réclame une analyse approfondie pour identifier la technique de fabrication qui a été utilisée. Le protocole que nous souhaitons mettre en place implique donc des analyses en laboratoire, des reconstitutions expérimentales avec des artisans encore spécialisés dans ce type de fabrication, puis des batteries de tests métallurgiques et analytiques

  • Identification des monnaies fourrées par mesures électromagnétiques : CEREG, UMR 8546.
  • Etude des deniers fourrés et archéologie expérimentale : Bibracte, UMR8546, IRAMAT Bordeaux.
  • Identification des enrichissements de surface en or, IRAMAT Orléans, UMR8546.
  • Étude des laitons monétaire gaulois IRAMAT Orléans, UMR8546.

 3 - résultats attendus

Le but est de pouvoir répondre aux demandes de prospections extensives de plus en plus nombreuses en France comme à l’étranger, à des prix compétitifs et pour des surfaces non prospectables manuellement. Les enjeux sont donc importants tant au niveau de l’application de recherches théoriques menées dans les laboratoires que de l’inévitable besoin de tester ces nouveaux outils avec des archéologues sur des terrains variés et réputés difficiles, avec des problématiques spécifiques à la protohistoire. Une retombée du projet sera aussi la mise à disposition de la communauté scientifique d’une application Internet qui gérera les données issues des différentes prospections au sein d’un système serveur-client sécurisé. Ce serveur s’appuiera entre autres sur les données et la technologie mise au point pour visualiser et fusionner les différentes données cartographiques.
C’est la première fois qu’un détecteur magnétique tracté sera testé en vraie grandeur, sur des sites très étendus comme ceux qu’offre en France les diagnostics prévus par la nouvelle loi sur des Zones d‘Aménagement Concerté ou des grands tracés, comme sur des sites de l’âge du Fer repérés par les prospections aériennes ou pédestres. Une surface de 360 ha prospectée à la fin du programme devrait totalement renouveler notre perception de l’occupation des sites sélectionnés. De même, aucune restitution expérimentale n’a été réalisée sur la fabrication monétaire gauloise depuis au moins vingt ans. Les résultats obtenus feront l’objet d’une publication et d’une exploitation muséographique dans le cadre du musée de la civilisation celtique de Bibracte.

Les champs d’expérience que nous avons sélectionnés permettront de préciser les conditions techniques et sociales du développement économique du second âge du Fer.


Organismes partenaires :

INRAP - Institut National d’Archéologie Péventive AOROC - UMR8546-CNRS/ENS ANR-Agence Nationale de la Recherche CNRS-Centre National de la Recherche Scientifique GEOCARTA UMR7619 - Sisyphe

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