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Géo-archéologie des paysages, archéologie des jardins


Dernière modification : 5 décembre 2016

 L’étude géoarchéologique des paysages antiques

Il s’agit d’obtenir des connaissances nouvelles sur le fonctionnement hydrologique actuel et passé des secteurs choisis. Une étude géomorphologique et morphosédimentaire devra être menée à l’échelle de la plaine de l’oued Tahadart autour de Kouass (existence d’une ancienne lagune correspondant sans doute au golfe Kôtes mentionné dans les textes anciens) et dans les bassins-versants de l’oued Bou Khabouzene à Lambèse et de l’oued Khaled à Thignica, afin d’évaluer la mobilité des paysages, des environnements et des flux hydrosédimentaires entourant les cités durant les périodes historiques. Des investigations plus poussées seront effectuées sur des sédiments qui pourront fournir de précieuses indications paléoenvironnementales et sur l’évolution des oueds. On étudiera les sources autour des cités et leurs débits, ainsi que les risques liés aux oueds. Grâce à un croisement avec les données climatiques collectées, les variations quantitatives des ressources en eau actuelles seront mieux appréhendées. Dans les cités de Lambèse et de Thignica ou dans l’île italienne de Nisida, l’enquête croisera les résultats de l’analyse géomorphologique et la documentation archéologique sur les édifices (maisons, thermes, villas), les ouvrages hydrauliques (fontaines, latrines), les lieux de stockage (bassins, citernes), le réseau (aqueduc, canalisations, château d’eau).
Parallèlement à ces travaux, les fascicules de la Carte archéologique du Maroc, I Bassin du Sebou et II Région de Zilil intègreront les résultats géo-archéologiques obtenus dans la plaine du Gharb et autour de Volubilis et Zilil-Kouass.

 Archéologie du jardin

A la suite de la parution du Sourcebook for Garden Archaeology et de la création de la Society for Garden Archaeology, ce programme sera consacré aux méthodes de fouille qui appréhendent le jardin comme un environnement construit, un écosystème spécifique exigeant un entretien constant, modelé selon une culture particulière. Cette définition attire l’attention sur les dimensions écologiques et biologiques du jardin, qui offre ainsi des possibilités d’étude de la transformation anthropique de la nature, des espèces vivantes, des adaptations à de nouvelles formes de la culture. Cette archéologie ouvre sur l’histoire de la technologie, de la botanique, de l’horticulture et des établissements humains, dépassant largement l’étude du jardin en soi. En coopération avec l’université de Cornell (Ithaca, NY), des fouilles de jardins seront entreprises dans des contextes différents, en Afrique du Nord (jardins du Temple de l’Est à Thuburbo Majus et de la Maison des Nymphes à Neapolis,Tunisie), en Jordanie (Petra Garden Project L-A Bedal), en Gaule (projet de fouille d’une villa), en Italie dans la région vésuvienne (jardin du grand péristyle de la villa d’Ariane à Stabies et jardin d’une maison à Pompéi). Elles ont pour objectif de sensibiliser les fouilleurs à la présence de cet espace parfois difficile à étudier et de les guider dans le choix d’une stratégie opératoire qui associe différentes techniques d’investigation et de préservation. Si les vestiges des jardins sont très fragiles, l’expérience a montré leur capacité de survie dans des contextes très divers où on les croyait perdus.
Horti Luculliani (Pincio) : préparation de la publication des tomes 2 (voir infra) et 3 (le nymphée de la Trinité des Monts), étude du matériel et fouilles préventives éventuelles, en coll. avec l’EFR et la Soprintendenza archeologica di Roma.