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Antioche-sur-l’Oronte

L’aqueduc d’Antioche-sur-l’Oronte (Antakya) : une étude des impacts sismiques dans l’Antiquité. Archéosismicité à la jonction de la faille est-anatolienne et de la faille de la mer morte


Dernière modification : 7 septembre 2017

Par J. CARLUT, H. DESSALES, A. HUBERT-FERRARI, J. de SIGOYER, avec la collaboration d’H. PAMIR (Mustafa Kemal University), Volkan KARABACÀK, Ehran ALTUNEL (Univ. Osmangazi).

En 2012, une première collaboration a été engagée avec l’Université Mustafa Kemal, Antakya (Turquie), dans le cadre d’un programme général d’études et de prospections dans la ville antique d’Antioche dirigé par le professeur Hatice Pamir. Le site d’Antioche se prête en effet de façon très favorable à une étude du cycle sismique, car la ville a été ébranlée par au moins 9 tremblements de terre successifs durant l’Antiquité romaine. L’analyse portera plus particulièrement sur l’aqueduc romain de cette cité, dont plusieurs tronçons, ainsi que son château d’eau, subsistent aujourd’hui et n’ont fait l’objet d’aucune étude approfondie jusqu’alors. Différentes méthodes seront sollicitées :

  • L’archéologie du bâti tout d’abord permettra de caractériser les différents tronçons de l’aqueduc encore visibles et de proposer une datation relative pour chacun d’eux, sur la durée d’environ 8 siècles. Elle tentera d’identifier l’incidence des deux grands tremblements de terre de 37 et de 115 apr. J.-C.
  • Une étude pétrologique et géochimique des matériaux de construction, associée à une recherche des carrières anciennes autour de la cité, complètera ces données.
  • Menée en parallèle, une étude magnétique des briques utilisées dans les élévations de l’aqueduc conduira à une datation des phases de construction ou de reconstruction de l’édifice, suite aux épisodes sismiques. Les dépôts calcaires qui recouvrent les élévations de l’aqueduc, en apportant aussi de nombreuses informations sur les temps d’utilisation, offrent la possibilité de remonter aux conditions climatiques et géologiques et de mettre en évidence les signaux des différents tremblements de terre.
  • Enfin, une étude sismotectonique, avec des tranchées opérées sur le lac asséché d’Antioche, aboutira à un enregistrement paléosismologique inédit de la faille à l’origine des destructions successives de la ville.

 

Fig. 11 - Pont aqueduc d’Antioche©H. Dessales
Fig. 11 - Pont aqueduc d’Antioche©H. Dessales

Outre une meilleure définition du cycle sismique sur la très longue durée dans cette zone de la Turquie, plusieurs questions principales seront ainsi abordées : le développement urbain d’une cité soumise à l’aléa sismique, la gestion de ses ressources en eau, les données climatiques et paléo-environnementales, ainsi que l’état sanitaire des populations à l’époque romaine.
 
 
 

Fig. 11 - Pont-aqueduc conduisant à la ville Antioche (dont les élévations sont recouvertes de concrétions carbonatées)

Cette opération de terrain a lieu dans le cadre du programme de recherche « Économie et techniques de la construction romaine ».