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La création plastique est certainement, en l’absence de sources écrites et orales, le moyen le plus sûr pour accéder à l’imaginaire des cultures protohistoriques. Ce mode d’expression apporte un éclairage particulier sur certains personnages comme l’artisan et le commanditaire. Les supports indissociables de l’univers des puissants, les thèmes iconographiques et la manière de les traiter que l’on retrouve sans grands changements sur la majeure partie de l’Europe, montrent qu’il ne s’agit pas là d’un simple art ornemental, mais d’un discours imagé, à caractère magique et religieux. Même si le déchiffrement de ce langage de signes et d’images se heurte à de nombreuses difficultés, l’analyse comparative offre la possibilité d’apprécier le caractère organisé de ces décors et de discerner l’existence de constantes, d’exceptions et d’équivalences.
Dernière modification : 17 avril 2013
| Personnes engagées dans ce thème de recherches
Augier Laurence (CA de Bourges Plus) - Deberge Yann (INRAP) - Frenee Éric (INRAP) - Friboulet Muriel (INRAP) - Gaultier Françoise (CPAT, Musée du Louvre) - Gruel Katherine (DR2, CNRS) - Jolivet Vincent (DR2, CNRS) - Jud peter (Archeodunum) - Lejars Thierry (CR1, CNRS) - Marion Stéphane (CPAT, DRAC Lorraine) - Saurel Marion (INRAP) |
Dans les sociétés anciennes pour lesquelles les sources écrites demeurent rares ou inexistantes, les productions artistiques avec leurs constructions de signes et de récits imagés quasi-stéréotypés permettent d’accéder à l’imaginaire collectif des élites qui concentrent en leurs mains pouvoir et richesses. On s’intéressera en particulier à l’influence de l’Orientalisant dans l’iconographie étrusco-italique du VIIe s. et ses prolongement dans l’art des situles des VIe-IVe s., ainsi qu’à l’art celtique de La Tène. Les uns comme les autres empruntent librement au répertoire classique (grec, proche-oriental, achéménide) des thèmes et des motifs qu’ils sélectionnent et adaptent à leur imaginaire, ne retenant que ce qui leur parle.
Ces représentations et leurs supports (immobilier/fresques et mobilier/ vases, miroirs, armes, parure, monnaies, harnachement, urnes, sarcophages, etc.) livrent un éclairage particulier sur certains personnages éminents comme le commanditaire qui use et exhibe les marqueurs de son statut social ou encore l’artisan, mémoire de savoirs techniques, qui les met en œuvre.
Les supports indissociables de l’univers des puissants, les thèmes iconographiques et la manière de les traiter que l’on retrouve sans grands changements sur la majeure partie de l’Europe, montrent qu’il ne s’agit pas là d’un simple art ornemental, mais d’un discours imagé, à caractère idéologique, magique et religieux. L’étude du phénomène monétaire, particulièrement complexe, relève autant de l’univers symbolique et de la propagande politique que de l’économique stricto sensu. Même si le déchiffrement de ce langage de signes et d’images se heurte à de nombreuses difficultés, l’analyse comparative offre la possibilité d’apprécier le caractère organisé de ces décors et de discerner l’existence de constantes, d’exceptions et d’équivalences. La grande stabilité et le succès des répertoires iconographiques en usage dans le monde étrusco-italique et celtique nous conduit enfin à nous interroger sur les modalités d’acquisition (emprunt, imitation, adaptation et transformation) et de diffusion de ces images (circulation de modèles, etc.). [voir axe transferS]
Au-delà du discours des images et de la qualité iconographique des représentations nous pénétrons le monde des artisans, de la transformation de la matière (pierre, argile, métaux, bois, corail, ivoire, textile, etc.) et des savoir-faire techniques, qu’il s’agisse des arts du feu (poterie et coroplastie, chaudronnerie et forge, orfèvrerie, fabrication monétaire etc.), de la peinture (sur vase ou sur paroi) ou de la sculpture. Nous avons entrepris de restructurer toute une série de corpus typo-chronologique sur divers mobiliers monnaies, armes, céramiques indigènes, céramiques hellénistiques et romaines d’Étrurie (étude de mobilier de fouilles de Musarna et Bolsena ; corpus CVA Musée du Louvre). Établissement d’une typochronologie complète pour la céramique du site de Musarna, dans le cadre d’un projet ANR Corpus. Approfondissement de l’étude de catégories spécifiques complétée par l’analyse des contenus dans le cadre du programme ANR MAGI (vases à miel, etc.).
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