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Dernière modification : 15 octobre 2012
Les textes, les inscriptions et l’onomastique insistent sur l’ampleur des flux migratoires. On évoquera les migrations celtiques, l’origine lydienne des Etrusques et leur installation dans la Plaine du Pô et en Campanie, la colonisation grecque en Méditerranée et l’expansion macédonienne en Orient, l’expansion romaine et sa politique d’intégration des populations soumises. La recherche de meilleures conditions de vie (famine, guerre) et la quête de nouvelles terres et ressources (un topos de la littérature ancienne) justifient ces déplacements négociés, forcés ou subis qui modifient les sociétés indigènes (royaumes hellénistiques, empire romain). L’archéologie, lorsque les sources écrites sont insuffisantes, reste souvent démunie pour en saisir la réalité et la mise en évidence de populations exogènes à partir d’objets considérés caractéristiques d’une aire géographique déterminée n’emporte pas toujours l’adhésion (migration des Celtes en Italie, etc.). L’archéologie révèle mieux l’importance de certains phénomènes de concentration de populations en des lieux précis, à un moment de leur histoire (processus de synécisme en Italie centrale aux IX-VIIIe av. J.-C. ; agglomérations celtiques aux VIe - Ve s. av. J.-C., puis oppida aux IIe et Ier s. av. J.-C.). Il convient d’insister sur l’importance de la mobilité individuelle (artisans spécialisés, trafiquants/négociants, mercenaires, ambassadeurs, esclaves) ; en particulier lorsqu’il s’agit d’individus qualifiés (précepteurs, architectes, artistes, etc.) ou de groupes familiaux plus ou moins élargis (transfert à Rome de la gens sabine Claudia à la fin du VIe av. J.-C.). Signalons aussi le rôle des otages ou de la pratique du forestage, ainsi que celle des échanges matrimoniaux destinées à sceller des alliances entre groupes familiaux.
L’épigraphie et les données de l’archéologie, en particulier funéraire, nous renseignent également sur l’importance de la mobilité sociale dans les sociétés antiques (Orient hellénisé, Italie préromaine et romaine, Grande Grèce, Ibères, Celtes d’Italie du nord et du Midi de la Gaule). Elle se traduit par l’accès aux strates supérieures d’individus nouveaux, ou à l’élargissement du cercle élitaire (ou au contraire à une restriction de sa base de recrutement). Les enquêtes onomastiques montrent le caractère cosmopolite de certaines communautés (cité-comptoir de Spina, etc.). Si les sources littéraires et l’épigraphie illustrent bien ce phénomène (inscriptions avec noms d’origine servile, affranchis, etc.), il convient de ne pas oublier l’importance de l’archéologie pour éclairer ces questions. Des travaux récents dans le champ funéraire ont montré que l’accès à la sépulture était le plus souvent socialement conditionné (variation du droit à la sépulture, constitution d’associations et collèges spécialisés), que les modifications de rituels ne résultent pas nécessairement de changements de populations ou de croyances, et que les variations quantitatives d’une période à l’autre ne traduisent pas davantage une fluctuation (accroissement / réduction) de la population, pas plus que les données funéraires ne permettent une projection sur la société des vivants. L’usage discriminatoire des rites et des catégories d’offrandes déposées dans la tombe laissent entrevoir les conflits internes à la société étudiée.
De son côté, l’anthropologie, avec la génétique moléculaire ou isotopique (ADN, Strontium, etc.), ouvrent d’intéressantes perspectives pour étudier les structures et les dynamiques des populations, les relations familiales entre individus, les habitudes alimentaires ou encore l’origine et la mobilité des individus. Ces travaux devraient connaître dans les années à venir une percée significative.
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