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La céramique

GDRE, les Celtes en Europe


Dernière modification : 6 septembre 2017

 Plate-forme de réflexion et d’échange sur les céramiques du second âge du Fer

Cette séance, à laquelle ont participé S. BARRIER, S. DEFFRESSIGNE, K. GRUEL, J.-P. GUILLAUMET, T. LUGINBÜHL et N. TIKONOFF, a permis de reformuler les objectifs de notre groupe et notamment de définir plus précisément les domaines que nous souhaitons aborder lors de nos prochaines rencontres . Il va de soi, que la liste de ces domaines reste ouverte et qu’elle sera présentée et discutée lors de la séance que nous devons organiser ce printemps. Cette dernière sera consacrée aux « approches quantitatives et chronologiques » et aux « approches taphonomiques »

  • Approches taxinomiques (28-29 novembre 2009)
    Principes de sériation des catégories techniques
    • Principes de sériation typo-morphologiques
    • Principes d’enregistrement et de présentation des données céramologiques
  • Approches quantitatives et chronologiques
    Principes de quantification céramologique : du bon calcul du NMI
    • Principes de datation céramologique
    • Définition d’horizons et de faciès chronologiques
  • Approches taphonomiques
    • Caractérisation des contextes et degrés de fragmentation
    • Résidualité et intrusions
    • Structures et techniques de production céramique
    • Techniques de montage, de traitement de surface et de décoration
    • Aménagements et instrumentum artisanaux
  • Approches historiques et anthropologiques
    • Analyse fonctionnelle des récipients
    • Traditions et influences culturelles
    • Faciès céramologiques et groupes de populations
    • Céramiques en contexte religieux et funéraire

 GDRE, Les Celtes en Europe - Céramique 2

Ce premier atelier avait pour but de discuter des méthodes de gestion, d’étude et d’exploitation des données céramiques sur les sites respectifs de chaque participant/université/UMR.
Les sites et les régions abordés durant cette séance sont :

  • Bibracte (S. BARRIER/J. HOZNOUR)
  • La Lorraine (S. DEFFRESSIGNE/N. TIKONOFF)
  • Nages et ses environs (L. BERNARD)

Présents  : Anne-Marie ADAM, Sylvie BARRIER, Loup BERNARD, Sylvie DEFFRESSIGNE, Katherine GRUEL, Jean-Paul GUILLAUMET, Jana HOZNOUR, Stéphane MARION, Nicolas TIKONOFF.
Excusés : Laurence AUGIER, Bertrand BONAVENTURE, Christine JOUANNET, Yves MENEZ, Marion SAUREL, WOLF-RÜDIGER TEEGEN.
Absents  : David BARDEL, Félix FLEISCHER, Sandrine RIQUIER.

L’atelier débute avec la présentation de Sylvie BARRIER et Jana HOZNOUR sur le système de gestion et d’analyse du mobilier céramique au Centre archéologique européen de Bibracte (Mont Beuvray).

Bibracte, Le système de gestion et d’analyse du mobilier céramique

Le système utilisé, mis en place en 1995 par P. BARRRAL et T. LUGINBÜHL, fonctionne relativement bien même s’il demande de nombreuses mises à jour qui sont en cours.
Ce système consiste en une description hiérarchisée « catégorie-forme-type » :

  • Distinction de catégories techniques subdivisées en groupes de production
  • Détermination de conventions typologiques pour désigner les formes (assiette, écuelle, …)
  • Élaboration d’une typologie des productions régionales (sériation morpho-typologique)
    Les planches principales des fascicules d’études céramologiques sont présentées et commentées.

Les instigateurs de ces outils (BARRAL, LUGINBÜHL 1995) voulaient un système ouvert qui permette à tout moment d’effectuer des rajouts et des mises à jours. On se rend compte actuellement en travaillant sur la typologie que ce système d’analyse est très contraignant et ne permet pas facilement d’y intercaler des types ou des sous-types.

Les outils d’enregistrement du mobilier céramique sont également présentés. Ces fiches-papiers sont basées sur le système d’étude et d’analyse et présentent de nombreuses redondances voire pour certaines fiches une inutilité totale. La base de donnée, élaborée à partir des fiches-papiers, n’a pas pris en considération le fait que les types sont un des critères les plus importants en céramologie. Cette information est ainsi reléguée dans la colonne « commentaire », mais peut néanmoins être utilisée lors d’une extraction sur Excel.

Concernant la colonne « datation » de ces fiches, notons que la volonté de Bibracte a été de rendre utilisable à tout un chacun les données céramologiques et surtout chronologiques des ensembles traités. Le problème est que les datations affichées automatiquement lors du remplissage de la case « catégorie » ne prennent pas en compte la datation des types identifiés qui peut être plus basse.

Une remarque est faite sur l’inutilisation du poids de la céramique. Les études de fragmentation en céramologie n’étant pas courantes à Bibracte, seules les amphores sont pesées. A prendre en considération.
La notion d’archivage est également abordée. Les systèmes de gestion et les bases de données doivent être actifs, modifiables et disponibles. Il semble que cette notion d’archivage ne soit pas comprise de la même manière selon les participants.

Lorraine, Le protocole de gestion du mobilier céramique

La séance reprend avec la présentation de Sylvie DEFFRESSIGNE et Nicolas TIKONOFF (UMR 7044) concernant les méthodes céramologiques en Lorraine.
Le protocole de gestion du mobilier prend en considération et dans l’ordre les critères suivants :

  • fine/grossière,
  • formes basses/hautes,
  • profil simple/complexe, segmenté,
  • type d’encolure, bord.

L’ensemble de ces informations est compilé dans un tableau semblable à celui de Morel pour les campaniennes, avec un code à plusieurs chiffres pour chaque forme. Chaque chiffre définissant un des critères susmentionné.
Ce système a le mérite d’être ouvert et a fait ses preuves car il a été testé sur plus de quarante corpus. David BARDEL (absent) a notamment utilisé ce système et ajouté aisément des formes dans le tableau.
Sylvie et Jana proposent de tester ce système pour un ensemble de Bibracte afin de voir s’il fonctionne pour des corpus de La Tène finale, dont les caractéristiques typologiques sont habituellement plus détaillées. Vérifier à terme si le nombre d’entrées ajouté n’est pas contraignant et ne complique pas un système facile d’accès pour des périodes plus anciennes.

L’autre intérêt de ce type de tableau est la possibilité d’y lire aisément l’évolution chronologique des formes et des types, ainsi que leur absence.

Notons que cette présentation a également permis de mettre en évidence des similitudes dans le vocabulaire descriptif utilisé mais qu’au final, les termes ne veulent pas dire la même chose selon les sites.

Lattes, Le système « Lattes » dans le sud de la Gaule.

Suit la présentation de LOUP Bernard sur l’oppidum de Nages et ses environs, ainsi que sur l’utilisation du système « Lattes » dans le sud de la Gaule.
L’outil admis pour cette région est le Lattara 6/14. Le premier problème soulevé est géographique ; en effet, l’aire étudiée se situe à la jonction de plusieurs zones de cultures différentes avec des influences grecques, étrusques, puniques, romaines et indigènes. Il semble qu’il y ait une surexploitation des données grecques et étrusques. Les céramiques sont classées en deux catégories :

  • non-tournées (CNT),
  • importations.

Remarque : est-ce que non-tournée veut dire « indigène » au sens large et comprend tout de même des céramiques mi-fines et fines. Réponse : non, que de la non-tournée.

Remarque par rapport aux séquences chronologiques : il semblerait que les données chronologiques soient plus basses de près de 40 ans par rapport aux sites de Gaule du Centre. La genèse du décalage semble être due à l’utilisation des importations.

Des datations sont également fournies par d’autres biais : dendrochronologie (épaves) et paléomagnétisme. Les bons marqueurs de cette aire sont la grise monochrome et les amphores.

Notons que la période gallo-romaine dans le Sud de la France commence dès la conquête de la Narbonnaise en 125 av. J.-C. alors que pour les sites de Gaule interne cette même dénomination est utilisée pour des périodes débutant dès la conquête en 52 av. J.-C.

Présentation des fossiles directeurs selon le groupe de céramique

Dernière présentation de Jana HOZNOUR et Sylvie BARRIER sur l’exploitation chronologique des données céramiques à Bibracte.
Résumé :
Importations, supra-régionales, régionales : les informations les plus fiables restent les importations (sigillée italique, gauloise, parois fines, …), les supra-régionales sont utilisées en complément des importations et les céramiques régionales ne sont utilisées pour la datation d’ensemble que si les deux autres groupes sont absents et uniquement si un type a pu être mis en évidence.

Remarque à propos de certaines datations admises (terra nigra (-70), grise fine homogène (-60) notamment). La datation de ces deux catégories n’a jamais vraiment pu être expliquée clairement, mais semble être en relation avec les données numismatiques concernant les « kaletedou ». Or, il apparaît que les données numismatiques ont changé et que ces deux catégories céramiques doivent désormais être plus largement datées de La Tène D2a, sans précisions de décennie.

Synthèse et perspectives de recherches

  • Tester le système lorrain de l’UMR 7044 sur des ensembles de la Tène finale à Bibracte
  • Génération comme « période chronologique »
  • Problèmes de sémantique pour les catégories et les périodes
  • Bibliographie des typologies régionales ou autres ouvrages pouvant être utilisés comme parallèles

Proposition supplémentaire :

  • Fiche récapitulative des fossiles directeurs pour les régions ou les sites abordés