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Ribemont sur Ancre (Somme)

L’apport de la paléogénétique à l’étude de Ribemont sur Ancre


Dernière modification : 7 septembre 2017

Apport de l’ADN et de données sur des branches mitochondriales

L’utilisation de la paléogénétique en archéologie

Le sanctuaire de Ribemont sur Ancre (Somme) fournit un corpus exceptionnel d’os humains. Sur ce site des gisements considérables d’os humains ont été, en quelque sorte, fossilisés par des remblais romains. Deux ensembles sont particulièrement remarquables. L’un, appelé « charnier », est présumé correspondre aux restes des cadavres d’un même bataillon de guerriers provenant directement d’un champ de bataille. Le second, « ossuaire 1982 », est une construction de type margelle de puits dont les matériaux sont des membres humains repliés et utilisés comme une armature à des murets probablement liés par de l’argile.
Les restes du « charnier » posent en effet de nombreuses questions : ces jeunes guerriers appartenaient-ils à une même communauté ? Celle-ci était-elle très homogène et soudée, comme l’était, à la même époque, celle des phalanges hellénistiques ? Les restes de l’« ossuaire », découverts à quelques mètres du premier gisement, présentent-ils les mêmes caractères : a-t-on affaire à une même population ? Existent-t-ils des liens de parenté à l’intérieur de ce second groupe ? En existent-ils d’un groupe à l’autre ? La réponse à ces questions apportera évidemment des données fondamentales pour la compréhension du phénomène guerrier en Gaule au IIIe siècle av. J.-C, dont on sait qu’il a été, au plus haut point, structurant pour la société.
Mais ces premières recherches ne seraient qu’une introduction à une entreprise plus vaste à la fois pluridisciplinaire et inter-laboratoires ; elles seront les premiers dossiers de la constitution d’une banque de données très large qui devrait concerner tout l’Age du Fer. Des études plus ponctuelles mais ciblées sur des corpus limités d’ossements seront entreprises dans le cadre de protocoles de fouilles rigoureux et contraignant sous le contrôle de paléogénéticiens (ensemble de sépultures, os humains provenant d’une même structure, os humains sur les sanctuaires et les habitats). Progressivement, ces comparaisons génétiques donneront la possibilité d’affiner la définition de marqueurs de différentes populations et en fonction des données dont notre laboratoire dispose, nous souhaitons participer activement à ces problématiques dans les années à venir.

Pour en savoir plus sur l’apport de l’ADN : voir l’article de C. HÄNNI
HÄNNI Catherine. Utilisation de l’ADN ancien en anthropologie. In : Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, Nouvelle Série. Tome 6 N°1-2, 1994. pp. 5-28.