Jebel Oust (Tunisie)

Mission franco-tunisienne à Jebel Oust


Dernière modification : 18 septembre 2016

Mis en œuvre à partir de 2001 sous l’égide de l’EFR et de l’Institut national du patrimoine, sous la direction conjointe de J. Scheid et de A. Ben Abed, ce programme de coopération internationale est arrivé à son terme en 2010, en ce qui concerne les travaux sur le terrain.

 

L’UMR 8546 a été associée très étroitement aux recherches menées dans le complexe à l’est des thermes qui formait une ample construction de plan particulier, se prolongeant par un vaste jardin clôturé.
La publication en préparation sera assurée par l’EFR.

 

 Présentation de la mission

Fig. 1
Fig. 1

Situé à trente-deux kilomètres au sud-ouest de Tunis, sur la route de Zaghouan, l’ensemble de Jebel Oust se trouve à mi-chemin entre les villes romaines d’Uthina et de Thuburbo Maius. Le nom antique et la nature du gisement demeurent inconnus. Mentionné pour la première fois en 1862, le site a été l’objet de quelques investigations au début du XXe siècle, mais c’est seulement en 1961-1962 qu’ont été mis au jour, sous la conduite de Mohamed Fendri (Institut National d’Archéologie et d’Art, Tunis), les trois grands ensembles, actuellement visibles sur le flanc nord-est du Jebel : au sommet, un lieu de culte qui s’est développé à l’origine autour d’une source chaude ; en contrebas, un édifice thermal auquel est accolé à l’est un vaste complexe ; enfin au sud un réseau de citernes. Les fouilles sont restées inédites pour l’essentiel. Le principal texte publié est la communication présentée en 1963 au Ier colloque de l’Aiema par M. Fendri sur les mosaïques de l’ensemble jouxtant les installations thermales.

 

Fig. 2
Fig. 2

Le principal objectif de la mission tuniso-française est de relever, d’étudier et de publier l’ensemble des structures mises au jour en 1961-1962. Des recherches archéologiques sont également menées en vue de préciser la configuration architecturale, la nature et la chronologie relative, voire absolue du site. Dans le complexe qui jouxte les thermes, a été en outre entrepris un ample programme de consolidation et de protection des sols en tessellatum et en sectile conservés in situ. Le Centre Henri Stern de Recherche sur la Mosaïque est étroitement associé aux recherches menées dans cette partie du site . Mais au préalable, il paraît indispensable de présenter globalement l’édifice mis au jour lors des premiers dégagements et de souligner les interrogations qu’il suggère.
Fig. 1 : Jebel Oust : Vue aérienne de l’implantation du site©Googlearth
Fig. 2 : Jebel Oust : Ensemble des constructions à l’est des thermes©N. Andre, M.-P. Raynaud

 

 Présentation générale de l’édifice

Fig. 3
Fig. 3

En contrebas et à l’est des thermes, on distingue aujourd’hui un ensemble d’espaces couvrant une superficie d’environ 1700 m2 et communicant avec les thermes par un long couloir central. Les sols conservés sont tous décorés : il s’agit en majorité de mosaïques, mais on relève aussi quelques revêtements en opus sectile aux coloris contrastés et de simples dallages en calcaire gris.

Fig. 4
Fig. 4

La construction, orientée vers l’est, semble relever d’un projet global et cohérent. Constituée d’espaces multiples, elle s’articule sur des axes déterminés par une large galerie, des couloirs, et des pièces en enfilade permettant une circulation continue. La galerie dessert également l’étroit axe central qui aboutit dans le frigidarium de l’édifice thermal. L’entrée actuelle correspond à une phase ultime de l’occupation des thermes, alors qu’ils sont en partie désaffectés . Du côté est, la galerie est doublée, en contrebas, par un étroit couloir et un bassin oblong comportant des absides. Comme l’ont montré les recherches récentes, l’édifice se prolongeait vers l’est, au-delà de la surface fouillée par M. Fendri, par un vaste espace découvert, fermé par des murs.
Fig. 3 : Jebel Oust : Salle R16-R20©M.-P. Raynaud
Fig. : Jebel Oust : Relevé des mosa^¨iques de la salle R16-R20©M.-P. Raynaud
 

  Remarques générales

Au terme de trois années de recherches sur les pavements de Jebel Oust et en attendant l’achèvement des investigations archéologiques, nous pouvons d’ores et déjà avancer quelques remarques générales. Il semble important de souligner qu’une structure avait existé avant l’état actuel de ce que nous convenons d’appeler résidence en attendant de le définir plus clairement. Cet état primitif défini surtout pas des vestiges de sols en tessellatum et de murs serait datable du IIIe siècle selon toute vraisemblance. La relation entre cette « structure » et le complexe thermal est encore mal définie du fait de son état extrêmement lacunaire. La « résidence » dans sa configuration architecturale la plus achevée semble avoir été pavée de sectile et de tessellatum au cours du IV e siècle avec des réfections tout au long du Ve siècle, voire au début du VI e.

 

Notes :
Les relevés d’architecture ont été assurés par N. André et C. Jaquet ; les relevés des pavements par M.-P. Raynaud ; l’étude géomorphologique par Christophe Petit, géomorphologue (Université de Bourgogne) ; toutes les identifications de monnaies sont dues à Claude Brenot qui est associée à notre mission pour l’étude numismatique.
Ont également participé aux campagnes deux doctorants (tunisien et français) ainsi que R. Durost (INRAP) à partir de 2005.