École Thématique 2013 CNRS AOrOc - Bibracte II - Contenants et contenus en archéologie

Méthodes, approches, limites


Dernière modification : 21 décembre 2018

L’École Thématique Bibracte II s’est déroulée du 16 au 21 juin 2013 au Centre Archéologique Européen de Bibracte : Repérer, prélever, reconnaître, approfondir les « contenus, restes, dépôts » dans divers contextes archéologiques (terrestres, sous-marins, funéraires) du Néolithique au Haut-Moyen Âge.
 
Cette École Thématique repose sur la question des restes conservés en archéologie, notamment dans des « contenants » (vases, amphores, fioles..) et leur approche qui reste à l’heure actuelle très délicate puisqu’ils sont dans la plupart des cas « immatériels ». Les avancées des techniques propres à leur reconnaissance -analyses physico-chimiques, génétiques, palynologiques, biométriques…-, à l’œuvre depuis moins de 10 ans font l‘objet de discussion pour les archéologues qui sont demandeurs de protocoles à suivre pour mener à bien des études qui viendront compléter ou bouleverser les études de terrain et les acquis attendus.

 Organisation

L’Ecole Thématique fut organisée par Dominique Frère (Université de Bretagne-Sud, UMR 6258 CERHIO-CNRS & UMR8546 AOrOc) et Françoise Olmer (CNRS, UMR 7299, Aix-en-Provence).
 
.CNRS, service Formation de la délégation Paris B.
.UMR8546 AOrOc CNRS/ENS-PSL Paris.
.Bibracte EPCC, Centre archéologique Européen.
.UMR de Lattes, Archéologie des Sociétés
Méditerranéennes
.

Public concerné :

Les acteurs de l’archéologie : universitaires, chercheurs CNRS, agents du Ministère de la Culture et de la communication, agents de l’INRAP et des prestataires des services archéologiques, conservateurs de musées et doctorants.

 Situation scientifique et objectifs :

Depuis plus d’une dizaine d’années, les progrès réalisés dans le domaine de l’analyse des produits biologiques nous permettent de développer des nouvelles thématiques très concrètes. Or, seules les bonnes questions pourront relayer de bonnes réponses et nous souhaitons mettre en synergie des allers-retours interdisciplinaires pour mieux défricher des domaines encore inconnus, entre archéologues, chimistes, paléogénéticiens et archéobotanistes.

  • La question du contenu des récipients reste fondamentale !
    • Que recelaient les vases des nécropoles du Néolithique ?
    • Quels étaient les contenus des amphores découvertes dans les épaves de Méditerranée ?
    • Quels parfums ou huiles médicinales pouvaient être conservés dans des récipients de verre ?
    • Dans les banquets gaulois consommait-on du vin, de la bière ou encore de l’hydromel ?
    • Quelle était la place des laitages ?
    • Pouvait-on conserver la viande et le poisson dans des pots en céramique ?

 

Les thématiques abordées dans cette deuxième session impliquent des connaissances nouvelles. En effet, les progrès importants en paléogénétique et en biologie ouvrent de nouvelles perspectives de recherches en archéologie. Cependant, cela implique des protocoles de prélèvements très précis et une bonne connaissance, par les archéologues, des méthodes d’analyses à mettre en œuvre et, par les laboratoires d’analyses, des questions et des résultats attendus par les historiens. Aborder le problème des contenus n’est pas simplement une question de chimie ou de physique, mais aussi une question de culture, de mode de vie. Cette école thématique sera l’occasion de confronter les connaissances des céramologues, des archéobotanistes, des ethnoarchéologues, des biologistes, des généticiens, des physiciens travaillant sur ces matières organiques, sur leur traitement à l’origine, et leur transformation dans le temps. L’objectif de cette école thématique est de permettre à chacun à partir d’études de cas précis, de voir dans quel domaine et dans quelles conditions on peut développer de nouvelles approches dans ce domaine des contenants et de leur contenus. La fragilité des vestiges organiques implique la mise en place de mesures conservatoires et d’un traitement particulier dès la fouille selon des procédures qui n’ont pas encore été clairement définies.

 A Bibracte

Participants à l’école thématique de Bibracte 2
Participants à l’école thématique de Bibracte 2

Les archéologues sont avides de réponses. Le rôle de BIBRACTE dans le paysage de la recherche archéologique française est un des plus dynamique actuellement, puisque non seulement le site de Bibracte accueille diverses équipes européennes sur le terrain selon des stratégies de fouilles répondant aux questions de son occupation (nécropole, habitat, sanctuaire, environnement…) mais également des équipes qui travaillent sur des questions transversales (économie, politique, société…). Le matériel découvert doit donner lieu prochainement à des analyses chimiques et paléogénétiques dont les résultats seront croisés avec ceux préalablement obtenus grâce aux approches de typologie fonctionnelle, de tracéologie et d’archéologie expérimentale ; mais :

  • comment choisir les bons échantillons ?
  • Quelles sont les méthodes de prélèvement, de conservation du potentiel organique des échantillons ?
  • Comment, croiser, hiérarchiser les sources et intégrer les résultats (souvent complexes) dans le discours archéologique ?

 

Cette École Thématique Bibracte II se propose d’aborder toutes ces questions, de faire se rencontrer les acteurs des différentes disciplines afin que tous puissent mieux appréhender ces nouvelles approches.

 

  • Ce projet accompagne un groupe structuré par deux ANR (voir le site web bioarchaeo.net), portés par Dominique Frère :
    • Programme Perhamo , 2007-2011, (Parfums et Résidus Huileux Archéologiques.
    • Programme MAGI , 2012-2015, (Manger, Boire, Offrir en Gaule et Italie préromaines).
  • Le projet de l’École française de Rome (formations doctorales).
  • Le projet du Centre Jean Bérard (fouilles des site archéologiques de Pompéi, Herculanum et Cumes).
  • Le projet de l’AOrOc (cycle de séminaires et publications sur l’archéologie des produits biologiques).

 

L’objectif est de pérenniser l’action de diffusion des avancées techniques concernant l’archéologie de produits biologiques auprès de publics scientifiques appartenant à des réseaux et des institutions différents. La connaissance de ces nouvelles approches méthodologiques et conceptuelles permettra à ces publics de fonder de nouvelles stratégies de recherche sur le terrain et d’adapter leurs pratiques d’étude, de traitement et de conservation du matériel pour y intégrer ce qui doit devenir un impératif : la sauvegarde du potentiel biologique des contenants archéologiques.
Il s’agit d’un projet interdisciplinaire, destiné à faire se rencontrer des communautés scientifiques. Seront présents des chimistes, paléogénéticiens, archéobotanistes, archéologues et conservateurs de musées.


Organismes partenaires :

AOrOc - UMR 8546-CNRS/PSL ASM, ’Lattes’ -UMR5140 Archéologie des Sociétés Méditerranéennes, Lattes Bibracte, Centre archéologique européen -Mont Beuvray CNRS-Centre National de la Recherche Scientifique