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Bomarzo : à la recherche de Statonia

Localiser une préfecture romaine


Dernière modification : 7 septembre 2017

Situé sur le territoire de la commune de Bomarzo, dans la province de Viterbe (fig. 1), le site de Piammiano fait actuellement l’objet d’une étude menée en collaboration avec la Soprintendenza per i Beni Archeologici dell’Etruria Méridionale et l’École française de Rome, initiée en 2012 par une campagne de prospections géophysiques réalisée par la société Geocarta.

 

Par Vincent JOLIVET

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Localisation de la colline de Piammiano.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Un dossier complexe

Les recherches récentes sur la préfecture romaine de Statonia invitent en effet à localiser ce site sur la rive droite du Tibre, à la hauteur approximative de la cité ombrienne d’Amelia. Dans cette zone, la colline de Piammiano, qui domine le Tibre (fig. 2) 2,5 km au nord-est de Bomarzo, est apparu d’emblée comme le meilleur candidat à cette identification : en surface, les témoignages d’occupation d’époque historique, compris entre le VIIe siècle av. J.-C. et le VIe siècle ap. J.-C., y occupent une aire de l’ordre de 15 hectares (fig. 3).
Le site a fait l’objet de recherches organisées par les universités de Sienne et de Berkeley entre 1998 et 2000, mais leurs résultats n’ont été publiés à ce jour que sous forme d’un bref compte rendu. L’objectif de l’opération était donc de chercher à établir, par l’intermédiaire d’une prospection géophysique aussi complète que possible, si le sous-sol recelait effectivement des vestiges susceptibles de correspondre à une vaste agglomération.

 

Fig. 1. Localisation du site (Geocarta).
Fig. 2 : Le plateau de Piammiano domine la vallée du Tibre ©Claire Joncheray.
Fig. 3 : Le site occupe l’emplacement supposé du site étrusque et de la praefectura romaine de Statonia ©Geocarta.

Fig. 2
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 La prospection géophysique

Fig. 4
Fig. 4

La prospection a été réalisée en ARP© (méthode électrique tractée) sur une superficie de 7 hectares, soit la moitié environ du site (fig. 4). Deux secteurs, séparés par un chemin de terre, apparaissent clairement différenciés sur les cartes de résistivité électrique (fig. 5).

Fig. 5
Fig. 5

Au sud-est de la zone prospectée (zone A), la carte met clairement en évidence de nombreuses anomalies linéaires et le plus souvent perpendiculaires les unes aux autres, organisées en fonction de deux axes principaux, nord-est/sud-ouest et nord-ouest/sud-est, et situées dans le prolongement des structures mises au jour par la fouille. Dans la partie centrale et septentrionale du secteur étudié (zone B), en revanche, la partie prospectée ne présente aucun témoignage bien clair d’occupation anthropique.
Fig. 4 : La prospection géophysique en cours de réalisation ©Claire Joncheray.
Fig. 5 : Carte géophysique d’ensemble ©Geocarta.

 Des résultats encore problématiques

Sur les 7 hectares prospectés, une petite partie seulement (environ 1 ha) a donc révélé la présence de structures enfouies. Seule une opération de fouille archéologique pourrait permettre d’interpréter correctement cette lacune et d’établir si les travaux agricoles ont porté à la destruction complète des vestiges de la cité antique, ou si le centre de l’habitat doit être recherché plutôt dans la partie du plateau située plus au sud, qui n’a pas été prospectée cette année. Mais il n’est pas non plus exclu, sur ces bases, qu’il faille rechercher Statonia à un autre emplacement, au sein de cette même région tibérine.

 Bibliographie

  • E. A. STANCO, La localizzazione di Statonia : nuove considerazioni in base alle antiche fonti, MÉFRA 106, 1994, p. 247-258.
  • M. MUNZI, La nuova Statonia, Ostraka 4, 1995, p. 285-299.
  • E. PAPI et J. T. PEŇA, The Statonia Project : Report on the 1998 and 1999 Field Seasons, AJA 104, 2000, p. 346.
  • T. GASPERONI et G. SCARDOZZI, Bomarzo, Mugnano, Bassano in Teverina, Carta archeologica d’Italia. Contributi, Viterbe, 2010, p. 316-328.
  • V. JOLIVET, Nouvelles frontières, nouveaux horizons. Les contours changeants du territoire de Tarquinia, dans Mélanges Dominique BRIQUEL, sous presse.