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Termez : les différents faciès céramiques


Dernière modification : 7 novembre 2016

Par Jean-Baptiste Houal
Pour toutes les images de cet article : ©J.-B. Houal, UMR 8546-AOrOc 2013.

 1. Période hellénistique

(Fig. 1-2-3-4)

Trois variétés de pâte peuvent être identifiées.

Fig. 1
Fig. 1

La première est une pâte beige recouverte par un engobe blanc crème qui peut être légèrement rosé à l’extérieur dans la partie basse.

 

 

 

 

Fig. 2
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 3

La seconde, la plus courante, est une pâte orange-rosé recouverte d’un engobe rouge à rosé foncé avec un dégraissant très fin. Des traces de lissage sont visibles pour les tessons recouverts d’un engobe rouge foncé tirant sur le marron, donnant ainsi un effet luisant.

 

 

 

 

Fig. 4
Fig. 4

Le troisième type de pâte est de type gris-noir et caractérise la période IV à VIII de l’occupation d’Aï Khanoum. Ce type de pâte perdurera jusqu’à la période kouchane -Yue Che sous une teinte gris-pâle.(Bolelov S., 2002 #1773).

 

 

 

 

 2. Période kouchane

2.1 Céramique pré-kouchane

Fig. 5
Fig. 5

Repérée sur la citadelle, dans le Sharistan mais également lors des fouilles du complexe cultuel, elle est caractérisée par une pâte grise plus ou moins pâle, décorée tantôt de sillons lissés horizontaux sur les formes ouvertes ou verticaux sur les cols de jarres. La présence de motifs estampés (croix, palmettes) est attestée sur quelques tessons mais ce type de décor est assez rare.
Les analogies sont en premier lieu à chercher dans la tradition hellénistique qui constitue un creuset culturel dans lequel on retrouve un grand nombre de productions céramiques en Asie centrale et son pourtour, que ce soit dans le sud du Pakistan ou au nord-est de l’Iran.

2.2 Céramique kouchane

Fig. 6
Fig. 6

L’étude du matériel a mis en valeur des tessons avec des engobes de qualités et de couleurs différentes associé à des formes non engobés, mais qui sont représentatifs d’un niveau d’occupation. Le premier groupe (fig. 6) est recouvert d’un engobe noir de qualité médiocre et est principalement présent dans les niveaux profonds en relation avec les premières installations.

Fig. 7
Fig. 7

Les formes du second groupe disposent d’un corpus beaucoup plus larges et sont recouvertes partiellement d’un engobe rouge de qualité très moyenne également. Ce revêtement est présent sur le matériel dès les niveaux les plus anciens et se généralisera par la suite. Les décors y sont plus abondants : incisions en vagues sur l’extérieur des jarres, à l’intérieur des jattes, des coupes ; estampages.
Un troisième groupe (fig. 3.1) se distingue par des tessons recouverts d’un engobe rouge-orangé de bien meilleure qualité. Son corpus reprend en grande partie celui du second groupe auquel vient s’ajouter une caractéristique jusqu’alors peu connue, un décor lissé, couvrant la partie extérieure de la vaisselle de table par des lignes verticales ou en volute.

 3. Période post-kouchane

Fig. 8
Fig. 8

Il ne semble pas qu’il y ait eu de rupture dans la qualité des pâtes ou des engobes par rapport au troisième groupe de la période kouchane, qui paraît être le plus récent. Les décors lissés sont généralisés à tout le corpus sous la forme de bandes verticales mais aussi de motifs floraux et géométriques entrecroisés. Ces motifs lissés perdureront encore jusqu’à la première moitié du VIe s. .

Fig. 9
Fig. 9

Les tendances morphologiques vont vers un renouveau des formes, en particulier de la petite vaisselle de table avec une augmentation de la qualité esthétique et technique. Les jarres de taille moyenne bénéficient ainsi de cols très profilés avec de larges anses, rappelant d’une certaine manière les petites amphores du monde gréco-romain.

 4. Période islamique

4.1 Les niveaux les plus anciens des IX et Xe s. de n. è.

Fig. 10
Fig. 10

Le matériel glaçuré est constitué de petites formes ouvertes : bols ou coupes, recouverts d’une glaçure plombifère. Les décors y sont assez variés présentant en même temps une glaçure monochrome vert mais aussi des motifs peints ou non sur un engobe blanc sous glaçure transparente : coulures peintes en bleues, décor quadrillé ou losangé, motif tourbillonnant imitant le lustre métallique.

Fig. 11
Fig. 11

La céramique non glaçurée est représentée par des cruches et des pichets de dimensions diverses, à pâte fine sonnante de couleur beige, portant un décor le plus souvent pastillé, dont l’anse comporte fréquemment un poussoir. Ces productions sont des avatars des cruches dites « eggshells » produites en Mésopotamie. (Alabe, 1992 #3875)

 

4.2 X-XIe de n. è.

Fig. 12
Fig. 12
Fig. 13
Fig. 13
Fig. 14
Fig. 14

L’intérêt archéologique est d’avoir trouvé, dans ce même contexte, à la fois de la céramique jaspée à sgraffiato et de la céramique à décor noir. Ces séries reprennent les formes très ouvertes des grandes coupes à paroi droite ou convexe. La pâte est argileuse de couleur orange foncé et les parois sont épaisses. Les décors sont peints sur un engobe blanc, imitation du kaolin pour la céramique jaspée, recouvert d’une glaçure transparente au plomb. Ils se composent de dessins géométriques ou pseudo-épigraphiques.

4.3 XII-XIIIe s. de n. è.

Fig. 15
Fig. 15

Présence d’une céramique à glaçure blanc opaque ou à glaçure transparente à fond blanc, au décor peint de points et de lignes. Ce procédé est également employé sur des coupes à glaçure bleu opaque (fig. 5.2), repéré dans les mêmes niveaux que les formes à glaçure blanche. La pratique du sgraffiato avec des décors aux points est également fréquente avec l’application de peinture jaune sur fond blanc ou de peinture jaune (fig. 5.3), marron et noire sur fond blanc.
Enfin, cette période est caractérisée par la présence de céramique à pâte siliceuse frittware (fig. 5.8 à 5.12) à décor végétal ou figuré.

 5. Période post-timoude

Fig. 16
Fig. 16

Les formes relevées appartiennent principalement à de grands plats à marli, aux parois largement évasées (diamètre 30 cm et plus) et à fond saillant annulaire. La couleur de la pâte argileuse aux dégraissants fins varie entre le beige et le rosé. Le décor noir, de moins bonne qualité, est appliqué sur un engobe blanc épais et recouvert d’une épaisse couche de glaçure translucide incolore ou teintée de bleu sur l’intérieur, et débordant légèrement sur.

Fig. 17
Fig. 17

La décoration peinte prédomine sur les motifs incisés. Elle est constituée d’éléments végétaux, mais aussi animaliers, plus ou moins stylisés. Les motifs sont organisés en bandes horizontales, à partir d’un élément central : croix, fleur… Les glaçures bleues restent bi-chromes avec des motifs principalement géométriques. Les glaçures transparentes incolores ont un décor peint en noir et bleu, représentant majoritairement des motifs végétaux.

 

 Bibliographie

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