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La Peinture « aux ambassadeurs » d’Afrasiab (VIIe siècle de notre ère)


Dernière modification : 5 mars 2017

Par F. Grenet
Iconographie : C. Rapin

 

Chef d’oeuvre en péril ! On constate une dégradation alarmante de la peinture, due à l’absence d’isolation thermique et hygrométrique et surtout au vieillissement des anciens matériaux de restauration. Seule une action internationale permettra de rassembler les fonds nécessaires à la stabilisation de la peinture et aux aménagements du musée d’Afrasiab

 Histoire des peintures

Fig. 1
Fig. 1
Présentation de la “Peinture aux Ambassadeurs” d’Afrasiab
Présentation de la “Peinture aux Ambassadeurs” d’Afrasiab
Description des peintures (...)

dans la salle principale du Musée d’Afrasiab forment un cycle unique, qui décorait à l’origine la salle de réception d’une résidence située à quelques centaines de mètres à l’ouest du musée.

 

Fig. 2
Fig. 2

Elles ont été découvertes par hasard en 1965, lors des travaux de creusement de la nouvelle route de Tachkent. A cette occasion, le bulldozer a détruit en grande partie ce qui subsistait du deuxième registre des peintures. Le reste a pu être sauvé et progressivement transféré dans le musée spécialement construit, où l’ensemble est exposé au public depuis 1985.

blabla
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La présentation des peintures reflète fidèlement les proportions et l’orientation de la salle pour laquelle elles avaient été conçues. La fouille a révélé qu’il s’agissait d’une grande demeure aristocratique.

Fig. 3
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Plutôt que du palais royal lui-même (lequel devait se trouver à l’extrémité nord du site d’Afrasiab, au pied de la citadelle), il pourrait s’agir de la résidence familiale du roi Varkhuman qui a régné aux environs de 650-660 ap. J.-C. Nous avons en effet la chance de savoir, grâce à une inscription, que c’est lui qui préside à la réception des ambassadeurs. Il a été depuis peu établi que l’ensemble du programme iconographique s’articule autour d’un synchronisme de calendrier survenu en 660 ou 663 chez les Sogdiens, les Chinois et les Turcs, ce qui permettait de montrer Varkhuman comme présidant à la concorde des peuples unis dans une commune célébration du Nouvel An au moment du solstice d’été.
Fig. 1 : Afrasiab, peinture des ambassadeurs, parois sud et ouest. Salle du musée d’Afrasiab ©C. Rapin - MAFOuz de Sogdiane.
Fig. 2 : Afrasiab, peinture des ambassadeurs, paroi ouest. Prélèvement de la peinture dans les années 1980 ©Institut d’archéologie de Samarkand.
Fig. 3 : Couverture de la publication des fouilles par X.G. Axunbabaev. (Afrasiab, peinture des ambassadeurs, vers 660).

 Les problèmes de conservation

Ce chef-d’oeuvre unique est menacé d’une dégradation rapide et irrémédiable.
Les missions d’expertises conduites par les spécialistes francaises Alix Barbet en 1998, puis Géraldine Fray depuis 2009, ont permis de constater une accélération alarmante du processus, due d’une part à l’absence d’isolation thermique et hygrométrique, d’autre part à la dégradation du support de polystyrène utilisé au moment de la première restauration et qui trente ans après arrive au terme de sa survie. Des décollements importants de la couche picturale s’observent sur toutes les parois et des chutes importantes sont à craindre.
Des travaux d’aménagement architectural et un transfert de la peinture sur un nouveau support conforme aux normes actuelles (plaques d’aluminium alvéolé) s’imposent à brève échéance.
Seule une action internationale permettra de faire face au problème.
Afin de rassembler les bonnes volontés, tant publiques que privées, a été créée à Paris l’« Association pour la sauvegarde de la peinture d’Afrasiab » (association régie par la loi de 1901), qui en 2012 a signé avec le Ministère de la Culture d’Ouzbékistan une convention l’autorisant à intervenir comme opérateur. On peut se mettre en rapport avec elle en écrivant au Président :
Monsieur Jean Dezellus, 56 rue Cambronne, 75015 Paris.

 Bibliographie

  • AL’BAUM, L. I., Zhivopis’ Afrasiaba, Tashkent, 1975 (en russe) .
    Fig. 4
    Fig. 4


    Fig. 4 : Couverture de la publication originale de L.I. Al’baum. (Afrasiab, peinture des ambassadeurs, vers 660).

  • COMPARETI, M. Samarcanda centro del mondo. Proposte di lettura del ciclo pittorico di Afrâsyâb, Milan-Udine, 2009.
  • COMPARETI, M., É. de LA VAISSIÈRE, Royal Nawrûz in Samarkand. Acts of the Conference Held in Venice on the Pre-Islamic Afrâsyâb Painting, Rome-Pise, 2006.

 

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