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ANR PERHAMO 2008-2010

Parfums et Résidus Huileux de la Méditerranée occidentale


Dernière modification : 6 septembre 2017

Ce programme de recherches pluridisciplinaire de trois ans (2008 à 2010), réunissant quatre laboratoires et bénéficiant d’un financement de l’Agence Nationale de la Recherche, a pour objectif la connaissance des techniques, usages et échanges des huiles parfumées en Méditerranée occidentale aux VIIIe-VIe s. avant Jésus-Christ.

 

Coordonnateur scientifique : Dominique FRÈRE, Maître de Conférences à l’Université de Bretagne Sud.

Voir Les Dossiers d’Archéologie, n° 337 - Janvier /février 2010

  Contexte scientifique et objectifs du programme

Du IIIe au Ier millénaire avant Jésus-Christ, le parfum a joué au Proche-Orient et en Méditerranée, tout autant que le vin, un rôle décisif dans la construction des échanges à longue distance et dans l’émergence des élites. Les sources qui permettent d’aborder le rôle économique et culturel du parfum au Proche-Orient et en Méditerranée sont diverses

  • L’archéologie, pour ces périodes anciennes, s’avère la plus riche en potentialités. Les petits contenants en pierre, céramique, verre, faïence, se comptent par centaines de milliers et permettent d’identifier les ateliers de production comme les lieux de destination du parfum. Les contextes de découverte (habitat, sanctuaires, tombes) nous informent sur l’usage du parfum et sur son statut.
  • Cette approche archéologique est évidemment complétée par l’étude des textes, de l’épigraphie et de l’iconographie, mais manque aux historiens et archéologues le sujet même de leur étude, à savoir le contenu, le parfum lui-même qui s’est évaporé depuis des milliers d’années.
  • Des résidus en partie solidifiés de ce parfum peuvent être conservés à l’intérieur des unguentaria et quand ces derniers sont en céramique, les parois elles-mêmes ont absorbé les matières grasses et essences, les ont conservées et peuvent donc les restituer.

Diverses analyses de chromatographie en phase gazeuse couplées avec d’autres méthodes ont été faites depuis une vingtaine d’années mais, dispersées et ponctuelles, elles n’ont donné que des résultats embryonnaires.
Pour éviter cet écueil, nous avons décidé de faire l’étude systématique d’un grand nombre d’échantillons représentatifs (200) d’un ensemble géographique et culturel homogène (la Méditerranée occidentale à l’époque archaïque).
Ce sont donc des vases à huile parfumée représentatifs de trois grandes civilisations antiques (phénico-punique, étrusque et grecque) qui feront l’objet de cette étude sur trois ans.
Plusieurs missions principales de prélèvement auront donc lieu, l’une à Marseille, deux autres en Italie et la dernière à Carthage/Tunis.

 Description du projet, méthodologie

  • L’expérience acquise au laboratoire Nicolas Garnier dans le domaine de l’identification des résidus et les nouvelles perspectives offertes par les analyses d’ADN du laboratoire de Lyon offrent actuellement aux archéologues des possibilités scientifiques jusque-là inconnues.
  • L’originalité du projet que nous proposons repose sur deux points essentiels : d’une part une étude pluridisciplinaire des vases et de leurs contenus (épigraphie, iconographie, typologie, étude des contextes archéologiques), d’autre part, en ce qui concerne les contenus, l’analyse archéométrique d’un nombre important d’échantillons. Les contenus seront prélevés in-situ à Marseille, en Italie centrale et méridionale (sanctuaires, habitats, tombes) et à Carthage à partir d’artefacts récemment mis au jour dans des contextes archéologiques bien identifiés et datés. Ils feront l’objet d’analyses de chromatographie en phase gazeuse pour l’identification des matières grasses végétales et des essences et d’analyses d’ADN pour obtenir plus de précisions sur les espèces végétales et pour identifier les animaux utilisés dans la composition des parfums.

 Résultats attendus

Une étude pluridisciplinaire, accordant autant d’importance au contenant et au contenu permettra d’apporter des réponses aux questions essentielles concernant les dimensions technique, culturelle et économique du parfum.

  • L’identification des composants des parfums entre le VIIIe et le VIe s. av. J.-C. est évidemment au cœur de notre problématique, mais, au-delà, nous désirons comprendre les modalités et la chronologie des transferts technologiques au sein de la Méditerranée occidentale et connaître les raisons qui procèdent aux choix techniques ou symboliques de tels ou tels ingrédients d’origine minérale, végétale ou animale.
  • De même, l’objectif est d’observer le rôle d’acculturation que joue le parfum dans l’espace méditerranéen sur trois siècles, dans une période historique fondamentale qui voit s’affirmer les cultures phénicienne, grecque et étrusque.
  • Dans un second temps, la confrontation entre l’usage du parfum en Méditerranée orientale et son usage en Méditerranée occidentale permettra d’observer des faits culturels qui nous apprennent beaucoup sur les processus d’évolution de différentes sociétés et sur l’élaboration de leurs valeurs sociales, politiques et religieuses respectives.
  • La diffusion des résultats se fera sous trois formes : l’organisation de séminaires scientifiques, une base de données informatisée recensant les espèces végétales et animales identifiées, une publication archéologique aux Presses Universitaires de Rennes et une publication électronique des séminaires et des résultats scientifiques sur le site internet d’une institution participant au programme de recherche.

Organismes partenaires :

AOROC - UMR8546-CNRS/ENS ANR-Agence Nationale de la Recherche CNRS-Centre National de la Recherche Scientifique ENS-Ecole Normale Supérieure, Paris.