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« Décor in situ »


Dernière modification : 9 novembre 2016

Apparu lors du colloque, « Décor & architecture en Gaule, entre l’Antiquité et le Haut Moyen-âge, Mosaïque, peinture, stuc » (Toulouse 2008), « Décor in situ » s’intéresse à la forme de conservation des enduits décoratifs ou techniques, peintures et stucs, trouvés en place. Menée en France, l’approche se développe dans les autres provinces romaines (Proche-Orient, Afrique). La fourchette chronologique couvre la période du Ve siècle av. au Ve s. ap. n. ère (jusqu’au VIIIe s. au Proche-Orient). Aucune synthèse n’existe sur cette forme de conservation, alors qu’elle est essentielle pour la compréhension des découvertes. D’un autre côté, un monument peint bien conservé (ou un site) qui offre une très grande quantité de découvertes (en Italie, au Proche-Orient) pourra être sous estimé ou bien soulever une série de problèmes (en termes d’analyse et de conservation) à reconsidérer du point de vue méthodologique.
Par Claude Vibert-Gigue

 Concept « Décor in situ »

Face à l’état de conservation in situ, les points de vue varient d’une culture à l’autre. La réflexion tend vers un concept dans le cadre des sciences humaines et sociales. Dans le cas d’une dépose, comment s’opère la sélection et où aboutit-elle ? Comment passe-t-on d’un statut immobilier à celui de mobilier ? On s’interroge sur la manière de reconcevoir des ensembles qui ont souffert de dégradations : comment regrouper la documentation, la remettre en connexion visuelle, de manière réelle ou virtuelle ? Les vestiges sont reconsidérés avec des résultats qui peuvent modifier des perceptions, des classements stylistiques, etc. Le rapport avec les sols, tant du point technique que décoratif est à prendre en considération.

 Objectifs principaux

  • Analyser la forme des découvertes de peintures murales et de stucs trouvées in situ sur de la maçonnerie ou sur du grand appareil.
  • Cerner les caractéristiques des découvertes, avec des effets statistiques attendus.
  • Créer un « plan-modèle » permettant d’aborder de manière synthétique la question des « in situ » dès la découverte.
  • Formuler une typologie des décors en bas de parois.
  • Aboutir, au niveau national, à un ouvrage qui répondrait à plusieurs questions, par exemple : que connaît-on des décors in situ observés dans telle pièce, de tel bâtiment, à une époque donnée ?

 Développements

Fig. : Poster présentant un état de synthèse sur des découvertes de peintures et stucs in situ dans les provinces romaines d’Occident (état 2010) @Cl. Vibert-Guigue UMR 8546-AOROC.
Le programme se fonde sur des clichés pris au moment de la découverte (ou sur des gouaches, des gravures, etc.). Le territoire national est privilégié, avec des approches dans d’autres provinces romaines ou d’autres périodes. Des exemples en Italie complètent le tableau d’un point de vue historique, iconographique et méthodologique. Le programme fonctionne sur un mode exploratoire, innovant, afin de laisser à la recherche toutes les voies possibles. Bien que les découvertes in situ soient une source d’informations importante, il en est fait assez peu de cas (le constat est le même au niveau européen). Il s’agit de combler une lacune documentaire en y associant les sols décorés et des aménagements (banquette, cheminée, niche, escalier, sarcophage, etc.) trouvés plaqués sur les enduits.
Les observations et résultats obtenus répondent aux demandes des informaticiens cherchant à rendre plus réalistes des restitutions virtuelles en 3D. Aux modèles pompéiens trop facilement pris en référence, peuvent se substituer des éléments plus proches, mais demeurés méconnus, de l’exemple provincial traité.

 Outils de base, organisation

  • Un modèle d’enquête se déplaçant de région en région en France (avec un diaporama spécifique, une bibliographie, des listes de sites, un dépouillement de la Carte archéologique de la Gaule, etc.)
  • Création d’albums (format A3) à chaque enquête régionale (ils redonnent une échelle de lecture à des documents d’architecture)
  • Une cartographie des découvertes (fichier évolutif de toutes les formes de découvertes, avec un calque consacré à la forme in situ)
  • Une base de données nomade (pour les saisies de base lors des missions). Plus d’informations sur la base de données « décor in situ ».
  • Une brochure évolutive de travail rééditée d’année en année, intitulée : « Dialogue d’intérieur : les revêtements muraux découverts in situ dans le bâti antique » (elle permet de laisser une trace tangible lors des déplacements)
  • Des réunions (ou tables rondes) intitulées « Des peintures murales en place ! Une exploration du bâti antique de haut en bas » sont régulièrement organisées (les conservateurs, archéologues, architectes y sont conviés).

 Perspectives 

  • Une synthèse au niveau national en 2020.
  • Des articles et monographies.
  • Un versement des données autorisées sur la base de données en ligne FABVLVS.
  • Des collaborations à l’étranger (Qusayr ‘Amra), etc.