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LEJARS Thierry

Directeur de recherche au CNRS


Dernière modification : 19 septembre 2017

Affecté à l’UMR 8546 - AOrOc, École normale supérieure 45 rue d’Ulm, 75230 PARIS Cedex 05.
Équipe : Celtes et Étrusques : identités, pouvoirs, échanges

 

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 THÈMES DE RECHERCHE

Les celtes de l’age du fer et leurs productions métalliques : les artisans, les élites, la guerre et les dieux.

Mes travaux ont pour fil conducteur principal l’armement celtique et plus généralement les productions métalliques dans leur ensemble. Ils couvrent différents domaines de l’âge du Fer européen. La religion, le funéraire et les questions de société et d’identité culturelle sont les points forts de cette recherche.
Le travail du métal connaît durant les cinq derniers siècles avant notre ère un essor sans précédent en Europe tempérée et méditerranéenne. Les objets manufacturés nous éclairent non seulement sur les avancées techniques des sociétés anciennes, mais aussi, à travers leurs usages, sur des aspects originaux propres au caractère et aux mentalités de ses populations. Au-delà des objets eux-mêmes, nous voyons se dessiner et se préciser l’image de quelques uns des acteurs essentiels de la société celtique comme les artisans qui produisent, élaborent et mettent en œuvre les techniques, et les utilisateurs qui commandent et utilisent ces produits, à savoir les agriculteurs et surtout l’élite avec sa composante guerrière, grande consommatrice de produits métalliques.

Le premier axe de mes recherches porte sur l’objet métallique comme marqueur chrono-culturel privilégié. La parure et les armes figurent, avec la céramique, parmi les principaux fossiles directeurs pour la chronologie des civilisations des âges du Fer (Hallstatt et La Tène). Or, si l’étude du matériel en bronze ne pose guère de difficulté, il n’en va pas de même pour le fer en raison de la corrosion qui masque le plus souvent la forme originelle. L’armement parce qu’il évolue constamment, constitue un outil de choix pour l’étude de la culture matérielle.

Le second axe intéresse la question de l’uniformisation des productions métalliques. On parlera ici plutôt d’uniformisation que de standardisation dans la mesure où il ne s’agit jamais de produits fabriqués en série. Cette uniformisation se retrouve aussi bien dans la typologie et les choix techniques que dans les thèmes ornementaux.
C’est dans les domaines de l’armement et de l’art que cet aspect apparaît avec le plus d’acuité. Au-delà du simple constat, il nous importe de rechercher les raisons matérielles et psychologiques qui permettent d’expliquer l’importance de ce phénomène qui touche une grande partie de l’Europe pendant les cinq siècles que dure la civilisation celtiques du second âge du Fer. Je m’interroge ici sur le rôle et la fonction du guerrier Celte comme facteur de cohésion culturelle.

Le troisième axe me conduit à m’intéresser plus particulièrement aux armes dans les pratiques religieuses et funéraires. Les fouilles des sanctuaires celtiques livrent des données nouvelles qui sont d’une grande importance pour la connaissance des croyances des Celtes et, au-delà, de leur manière de concevoir et faire la guerre. De ce point de vue, la confrontation des données archéologiques avec les récits des auteurs grecs et latins se révèlent particulièrement fructueuse dans la mesure où elle peut apporter un éclairage sur le sens qu’il convient de donner à ces « reliques » qui parfois se comptent en milliers d’objets (offrandes votives, récupération de dépouilles sur les champs de bataille, consécration d’armes et trophées, etc.) et se présentent sous de multiples facettes.
L’analyse des contextes funéraires est également importante et riche en perspectives dans la mesure où le dépôt d’armes n’est pas fait au hasard. Il faut à cet égard souligner l’importance accordée à l’épée, l’arme emblématique des Celtes. Dans certains territoires des marges, comme l’Italie ou l’Espagne, l’épée « celtique » est le plus souvent l’unique témoignage de la présence ou de l’influence des peuples et des coutumes des régions nord-alpines. Le dépôt d’armes souvent observé ne doit cependant pas faire oublier que le fait de déposer les attributs du guerrier dans la tombe est un usage qui connaît de nombreuses exceptions. L’examen des données fait clairement apparaître que toutes les régions du monde celtique ne sont pas concernées de la même façon et qu’il existe dans ce domaine d’importantes variations, tant géographique que chronologique.
Aux travaux réalisés dans les années 90 sur le matériel des sanctuaires de Gournay-sur-Aronde et Ribemont-sur-Ancre (Picardie), se sont ajoutés ceux consacrés aux ensembles d’Aubigné-Racan, d’Allonnes (Pays-de-Loire), de Saumeray (Centre), d’Aunou-sur-Orne (Basse-Normandie) et de La Tène (Suisse), et enfin, à partir de 2010, celui de Tintignac (Limousin).
Pour le funéraire, je me suis plus particulièrement intéressé aux ensembles de Roissy-en-France (Ile-de-France), de Monte Bibele et Monterenzio Vecchio (Italie, Emilie-Romagne).

Le quatrième axe porte sur l’expression artistique des Celtes du second âge du Fer. En l’absence de sources littéraires, écrites et orales, la création plastique est pour nous certainement le moyen le plus sûr pour accéder l’imaginaire des Celtes. Ce mode d’expression apporte un éclairage particulier sur les personnages qu’il met en scène : l’artisan qui produit, et le commanditaire qui appartient aux plus hautes sphères de la société. Les supports, indissociables de l’univers des puissants, les thèmes iconographiques et la manière de les traiter que l’on retrouve sans grands changements sur la majeure partie de l’Europe, montrent qu’il ne s’agit pas là d’un simple art ornemental, mais d’un discours imagé, à caractère magique et religieux. Même si le déchiffrement de ce langage de signes et d’images se heurte à de nombreuses difficultés, l’analyse comparative offre la possibilité d’apprécier le caractère organisé de ces décors et de discerner l’existence de constantes, d’exceptions et d’équivalences.
Cet art se définit par une forte propension à la fusion des formes et des sujets, au gonflement des lignes et un goût prononcé pour les créations hybrides et le jeu constant des vides et des pleins. Cet art qui a longtemps passé pour une imitation maladroite de motifs méditerranéens, est en réalité une création parfaitement autonome qui, malgré d’évidentes références au répertoire méditerranéen (motifs secondaires), génère sa propre dynamique.
Les armes, souvent ornées, m’ont amené à m’intéresser à ces questions (ornementation des fourreaux d’épée laténien, et tout dernièrement le casque oiseau de Tintignac).

Les travaux menés à Monte Bibele et Monterenzio Vecchio (avec D. VITALI, Université de Bourgogne), dans les années 2000, m’ont conduit à développer un dernier axe où je m’intéresse plus particulièrement aux Celtes des confins méditerranéens, en Italie septentrionale et centrale plus particulièrement. Mes travaux réalisés, ou en cours, sur les ensembles funéraires de Monte Bibele et Monterenzio Vecchio, m’ont permis de proposer un synthèse de l’évolution de l’armement de tradition celtique en Italie du nord et de développer un point particulier concernant l’intégration des Celtes dans le milieu aristocratique centre-italique, autrement dans une vaste région où confinent et coexistent Celtes, Étrusques, Ombriens, Ligures et Picéniens. La période envisagée, les IVe et IIIe siècles av. J.-C., voit tout d’abord la montée en puissance des Celtes qui jouèrent alors un rôle politique et militaire de première importance dans les affaires de la péninsule, puis leur affaiblissement et enfin leur disparition progressive de la scène politique consécutivement à l’expansion romaine.

 TRAVAUX EN COURS

  • depuis 2010 : collaboration au programme d’étude du matériel du sanctuaire de Tintignac (Corrèze). Programme réalisé sous la direction de Christophe Maniquet.
  • depuis 2000 : co-direction du programme de fouilles et d’étude de la nécropole celto-étrusque de Monterenzio Vecchio, près de Bologne (Italie). Programme soutenu et financé par l’Université de Bologne, l’École française de Rome, le CNRS et l’Ens.
  • Depuis 2000 : étude et publication de la nécropole celtique de Roissy-en-France (Val-d’Oise).

 PUBLICATIONS EN PRÉPARATION

  • La Tène, un site, un mythe. La collection Schwab à Bienne (Suisse), Cahiers d’archéologie romande, à paraître.
  • La nécropole de Monterenzio Vecchio. En collaboration avec D. VITALI.
  • Publication de matériels laténiens provenant de fouilles anciennes et récentes réalisées dans le Latium.

 PARCOURS

  • 2011 HDR, Université de Paris I, sous la dir. de O. BUCHSENSCHUTZ : Du fer pour la guerre et les dieux. Les Celtes de l’âge du fer vus à travers leurs productions métalliques.
  • 2001-2005 Chargé de cours, Université de Bourgogne.
  • 1994 Chargé de recherche au CNRS.
  • 1993 Thèse de Doctorat « nouveau régime », Université de Paris I, sous la dir. de O. BUCHSENSCHUTZ : les fourreaux d’épée du sanctuaire de Gournay-sur-Aronde.
  • 1994 Chargé de recherche au CNRS.

 BIBLIOGRAPHIE ABRÉGÉE (2000 - 2012)

Archéologie des sociétés celtiques

avec BUCHSENSCHUTZ O., GRUEL K.. – L’âge d’or de l’aristocratie celtique, IVe et IIIe siècles av. J.-C., Annales HSS, avril-juin 2012, 295-324.

Archéologie funéraire

  • Le cimetière celtique de La Fosse Cotheret, à Roissy (Val-d’Oise) et les usages funéraires aristocratiques dans le nord du Bassin parisien à l’aube du IIIe siècle avant J.-C. In : BUCHSENSCHUTZ O. (dir.), BULARD A. (dir.), LEJARS T. (dir.). — L’Âge du Fer en Île-de-France : XXVIe colloque de l’Association française pour l’étude de l’Âge du Fer, Paris et Saint-Denis, 2002. Thème régional. Tours : Feracf, 2005, p. 73-83. (Supplément à la Revue archéologique du centre de la France ; 26).
  • avec SCHWALLER M., MARCHAND G., ORLIAC D., RAPIN A., SANMARTI E. — Échanges, influences, productions dans la nécropole du deuxième âge du Fer d’Ensérune (Hérault). Documents d’archéologie méridionale, 2001, 24, p. 173-184.

Armement celtique

  • L’armement celtique en fer, dans GIARDINO (Cl.) (éd.) – Archeometallurgia : dalla conoscenza alla fruizione, atti del workshop, 22-25 maggio 2006, Cavallino (le), Edipuglia, Bari 2011, 133-147.
  • Caractères originaux de l’armement celtique : contraintes idéologiques et choix techniques. In : SAUZEAU P (éd.), VAN COMPERNOLLE T. (éd.). — Les armes dans l’Antiquité : de la technique à l’imaginaire : actes du colloque international du SEMA [Séminaire d’études des mentalités antiques], Montpellier, 20 et 22 mars 2003. Montpellier : CERCAM [Centre d’étude et de recherche sur les civilisations de l’Antiquité méditerranéenne], Université Paul-Valéry, Montpellier III : Presses universitaires de la Méditerranée, 2007, p. 145-182.

Art celtique

  • avec MANIQUET Chr., AMBRUSTER B., PERNOT M., DRIEUX-DAGUERRE M., MORA P. et ESPINASSE L. – Le carnyx et le casque-oiseau de Tintignac (Naves-Corrèze). Description et étude technologique, Aquitania 27, 2011, 63-150.
  • Les fourreaux d’épée laténiens, supports et ornementation. In : VITALI D. (éd.). — L’immagine tra mondo celtico e mondo etrusco-italico : aspetti della cultura figurativa nell’antichità. Bologna : Gedit Edizioni, 2003, p. 9-70 (Studi e scavi ; 20).

Lieux de culte et pratiques votives

  • avec GOMEZ DE SOTO J. — Les lieux de culte des Âges du Fer en Centre-Ouest. In : Bertrand I., DUVAL A., GOMEZ DE SOTO J., MAGUER P. (dir.) — Les Gaulois entre Loire et Dordogne. Actes du XXXIe colloque international de l’Association Française pour l’Étude de l’Âge du Fer, Chauvigny, 2007. Chauvigny : Associations des publications chauvinoises, 2009, p. 227-244 (Mémoire – Société de recherches archéologiques de Chauvigny ; 1).
  • La Tène : les collections du Musée Schwab à Bienne (canton de Berne). In : BARRAL, P. (éd.), DAUBIGNEY A. (éd.), DUNNING C. (éd.), KAENEL G. (éd.), ROULIÈRE-LAMBERT M.-J. (éd.). — L’âge du Fer dans l’arc jurassien et ses marges. Dépôts, lieux sacrée et territorialité à l’âge du Fer : actes du XXIXe colloque international de l’AFEAF, Bienne, 5-8 mai 2005. Volume II [Thème spécialisé]. Besançon : Presses universitaires de Franche-Comté, 2007, p. 357-365. (Annales littéraires de l’Université de Franche-Comté ; 826. Environnement, sociétés et archéologie ; 11).
  • Lieux de culte et pratiques votives en Gaule à La Tène ancienne. In : MENNESSIER-JOUANNET C. (éd.), ADAM A.-M. (éd.), MILCENT P-Y. (éd.). — La Gaule dans son contexte européen aux IVe et IIIe siècles avant notre ère : XXVIIe colloque de l’AFEAF, Clermont-Ferrand, 2003 : Thème spécialisé. Lattes : Association pour le développement de l’archéologie en Languedoc-Roussillon, 2007, p. 265-282. (Monographies d’archéologie méditerranéenne. [Hors série]).
  • avec BIZIEN-JAGLIN C. — Le site des Sept-Perthuis, près de Saint-Malo en Ille-et-Vilaine, et la question des installations à caractère cultuel en Gaule occidentale. In : MANDY B. (dir.), SAULCE A. de (dir.). — Les marges de l’Armorique à l’âge du Fer : archéologie et histoire : culture matérielle et sources écrites : XXIIIe colloque de l’Association française pour l’étude de l’âge du Fer, Nantes, Musée Dobrée, 1999. Rennes : Association pour la diffusion des recherches archéologiques dans l’ouest de la France, 2003, p. 119-140 (Revue archéologique de l’Ouest. Supplément ; 10).
  • avec HAMON T., JOSSET D. — Saumeray, lieu-dit « Le Bas des Touches » (Eure-et-Loir) : les enclos cultuels d’époque gauloise. Revue archéologique du centre de la France, 2002, 41, p. 111-127.
  • Les installations cultuelles celtiques : un aperçu de la recherche en France. In : VITRI S. (éd.), ORIOLO F. (éd.). — I Celti in Carnia e nell’arco alpino centro orientale : atti della giornata di studio, Tolmezzo, 30 aprile 1999. Trieste : Ministero per i Beni archeologici […] del Friuli-Venezia-Giulia, 2001, p. 245-277.

Celtes d’Italie

  • avec DILIBERTO M. – Mobilità celtica. A proposito di una pedina da gioco centro-italica trovata in Gallia, CASINI St. (éd.) – « Il filo del tempo ». Studi di preistoria e protoistoria in onore di Raffaele Carlo de Marinis, Notizie Archeologiche Bergomensi 19-2011, 411-425.
  • Les guerriers et l’armement celto-italique de la nécropole de Monte Bibele. In : D. VITALI, S. VERGER (éd.) — Tra mondo celtico e mondo italico. La necropoli di Monte Bibele - Atti della tavola rotonda, Rome, EFR, 1997. Bologna : Università di Bologna - Dipartimento di Archeologia, 2008, p. 127-222.
  • avec SIRAUDEAU J., VERGER S. — Une caisse d’antiquités picéniennes dans une ancienne collection angevine. In : D. FRÈRE (éd.) — L’archéologie méditeranéenne et proche-orientale dans l’Ouest de la France. Du mythe des origines à la constitution des collections. Complément du colloque, Cohue de Vannes, 2005. Rennes : Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest - Presses universitaires de Rennes, 2008, 115/2, p. 131-144.
  • Les Celtes d’Italie. In : SZABÓ M. (dir.). — Les Civilisés et les Barbares du Ve au IIe siècle avant J.-C : actes de la table ronde de Budapest, 17-18 juin 2005. Glux-en-Glenne : Bibracte, Centre archéologique européen, 2006, p. 77-96. (Bibracte ; 12/3. Celtes et Gaulois : l’archéologie face à l’Histoire ; 3).