Inférences historiques en génétique des populations humaines

Paul Verdu (chargé de recherche au CNRS, UMR 7206)


Dernière modification : 12 octobre 2018

Jeudi 11 octobre 2018 à 17h30, salle Jaurès, École normale supérieure, 29, rue d’Ulm, 75005 Paris

 

affiche des jeudis de l’archéologie - 11 octobre 2018
affiche des jeudis de l’archéologie - 11 octobre 2018

 
La génétique des populations humaines est de plus en plus souvent convoquée, dans les discours spécialisés et non spécialisés, afin d’expliquer l’histoire des origines, des migrations et de l’évolution biologique d’Homo sapiens. Mais quelle(s) histoire(s) cette discipline raconte-t-elle vraiment ?
 
En effet, la génétique des populations développe et applique aux données actuelles un grand nombre de méthodes mathématiques sophistiquées dites « inférentielles » afin de reconstruire l’histoire évolutive de notre espèce. Ces méthodes reposent sur un certain nombre, parfois grand, de présupposés et d’hypothèses sur la nature de l’évolution génétique ayant donné naissance à la diversité génétique observée aujourd’hui. En outre, elles ne s’intéressent, par essence, qu’à l’histoire « génétique » des populations.
Ainsi, il est souvent difficile pour les non « généticiens des populations », de comprendre la portée et les incertitudes des inférences réalisées par les généticiens, surtout dans la mesure où ces derniers utilisent souvent un langage commun vague pour diffuser leurs résultats, rendant ainsi encore plus difficile aux chercheurs non-spécialistes la lecture critique de leurs découvertes. En retour, il peut être très difficile de comprendre les similitudes ou désaccords apparents entre les produits de ces inférences génétiques et ceux d’autres disciplines, comme la paléoanthropologie, l’anthropologie biologique ou l’archéologie, disciplines ayant elles aussi pour objectif de reconstruire l’histoire évolutive humaine.
 
L’objectif de ce séminaire sera de présenter un certain nombre de méthodes d’inférence en génétique des populations de façon à expliciter, pour des non-généticiens, leurs présupposés théoriques et ainsi délimiter, a priori, la portée des résultats qu’elles produisent. Ainsi nous nous attacherons, en particulier, à expliciter les concepts de « taille efficace », de « temps de divergence » et de « taux de migrations et/ou de métissages » entre populations en génétique humaine, et certaines des méthodes classiquement déployées en génétique pour estimer ces paramètres de l’histoire évolutive humaine. Il s’agira, à partir de plusieurs exemples, comme l’Out of Africa ou le peuplement des Amériques, de mieux cadrer les discussions pluri et interdisciplinaires avec des généticiens, et d’élucider ce que la génétique des populations humaines entend par « population humaine » et « histoire évolutive de notre espèce ».
 
Responsable : Laure Salanova


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