Bayt Ras, l’ancienne cité de Capitolias de la Décapole (Jordanie).

Découverte en 2016 d’une tombe romaine du IIe siècle (vidéo).


Dernière modification : 16 avril 2018

En novembre 2016, à l’occasion de travaux de canalisation à Bayt Ras, l’ancienne cité de Capitolias de la Décapole, au Nord d’Irbid (Jordanie), un tombeau peint exceptionnel d’époque romaine a été trouvé par le Département des Antiquités.

Le tombeau, un hypogée creusé dans le rocher, appartient à une nécropole à l’Est d’un grand théâtre dégagé depuis 2002. Un autre hypogée, à arcosolia, de cette nécropole, dont les peintures représentent Achille et Hector, Prométhée, Psyché, Hermès, Plasma, ainsi que des Victoires et Néréides, avait été découvert en 1973.
 
La découverte de 2016 est spectaculaire, car elle offre sur les trois côtés d’une pièce sans loculi une frise animée par près de 230 figures, un quart d’entre elles étant accompagnées d’inscriptions en caractères grecs. L’iconographie de ces parois est exceptionnelle, associant un riche répertoire mythologique à des scènes de la vie quotidienne. Au plafond se déploie une composition marine parcourue par des Néréides chevauchant des animaux marins et accompagnées d’Amours. Au milieu du plafond, un grand médaillon qui associe les signes du zodiaque et les planètes est occupé en son centre par un quadrige vu de face.
Plusieurs aménagements sont visibles dans cette pièce de 43 m2 (niche, suspension au plafond, banquette, etc.) qui a connu des phases d’installation, mais un seul sarcophage de basalte est disposé le long du petit côté face à l’entrée. Une petite pièce annexe sans peintures ménageait un espace où étaient déposés plusieurs corps.
 
Afin de conserver et documenter cette découverte sans équivalent connu, le Département des Antiquités a mis en place un consortium international dès décembre 2017. A l’aide d’un soutien financier de SCHEP (Sustainable Cultural Heritage Through Local Community Engagement), une structure adossée à l’ACOR (American Center of Oriental Research, Amman), le projet a démarré en avril 2018 par des interventions du CNRS et de l’Ifpo.
La partie documentation des peintures a été confiée à l’UMR 8546 (CNRS-Ecole normale supérieure-Ulm, PSL, labex TransferS, Paris), l’épigraphie au laboratoire HiSoMA (UMR 5189, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Lyon), et l’approche du contexte architectural à l’Ifpo (Institut français du Proche-Orient, MEAE-CNRS, UMIFRE 6 -USR 3135) qui a réalisé des orthophotographies. L’ISCR (Istituto Superiore per la Conservazione ed il Restauro, Rome) est chargé de la conservation et restauration du monument et l’ISPRA (Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale, Rome) des questions géophysiques et géologiques.
 
Plusieurs missions ont eu lieu sur place afin de réaliser une couverture photographique détaillée et enregistrer de nombreuses observations. L’accès actuel au tombeau se fait par la tranchée ouverte près d’une école. L’entrée antique fera prochainement l’objet d’une fouille. Des éléments de datation sont attendus pour ce tombeau pillé à une époque ancienne.
 
Une « lauching ceremony » a eu lieu le 3 avril 2018 sur place afin de diffuser l’information sur cette découverte et sur les travaux conduits ou en préparation. Sous l’égide de la Ministre du Tourisme et des Antiquités et du Directeur du Département des Antiquités, une série de communications présentées par des responsables jordaniens et par la Directrice de l’ACOR ont évoqué les différents aspects de cette trouvaille.
À cette occasion, des posters ainsi qu’une vidéo réalisés dans le cadre de SCHEP ont montré l’historique de la découverte et un état des opérations en cours.

 

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