La « tomba dei Valerii » du Parco Archeologico della via Latina. Études architecturales et iconographiques, nouvelles perspectives de recherche.

Elisabetta Interdonato (Université Lille 3)


Dernière modification : 16 mai 2018

Mercredi 14 février 2018 à 18h00, salle de Séminaire du Centre d’Études Anciennes, École normale supérieure, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris.
 
Dans le cadre du séminaire : « Archéologies et sociétés de l’Italie antique et médiévale »

Séminaire ’Archéologies et sociétés de l’Italie antique et médiévale’ mercredi 14 février 2018
Séminaire ’Archéologies et sociétés de l’Italie antique et médiévale’ mercredi 14 février 2018

Résumé :
 
La tombe des « Valerii » dans le Parco Archeologico de la via Latina, découverte en 1858 par Lorenzo Fortunati, constitue un exemple très nuancé d’architecture et décoration funéraire d’époque médio-impériale. Il s’agit d’un tombeau monumental, qui combine une cella de la typologie « à temple » et une chambre souterraine richement décorée en stucs blancs.
Si la partie en élévation est le résultat d’une reconstruction de la fin du XIXe siècle, la chambre souterraine conserve l’aspect original et offre la possibilité d’une étude iconographique et iconologique complète.
L’étude menée apporte des résultats intéressants pour la problématique plus large de l’architecture funéraire romaine. On voit en effet que ce mausolée rentre dans une typologie de tombes monumentales, à temple avec enclos antérieur (destiné au déroulement des pratiques funéraires), qui trouve plusieurs points de comparaison dans la Nécropole du Vatican, à Portus, Pompéi et Aquileia.
La décoration en stucs blancs de la voute de la chambre funéraire est constituée par un ensemble de médaillons, décorés avec des sujets dyonisiaques (Satyres et Ménades) ou liés au cortège marin (Néréides, Tritons), sauf pour l’élément central, où l’on reconnaît l’apothéose de la défunte. Malgré l’absence d’éléments déterminants pour affirmer que le propriétaire de la tombe ait été initié aux mystères dyonisiaques ou orphiques, il est indéniable que la décoration contient de nombreuses références aux croyances salvifiques très diffusées à cette époque.
En outre, la présence d’un vaste complexe de structures entourant le sépulcre (découvert à l’occasion de fouilles menées entre 1998 et 2000 et encore inédit), caractérisées par un système d’approvisionnement en eau (destiné à l’aménagement d’une fontaine dans une cour centrale et d’un nymphée à l’arrière du tombeau) et par la présence de nombreuses pièces qui donnent sur la via Latina, ouvre des pistes de recherche ultérieurs. A première vue, cet ensemble pourrait être identifié comme mansio ou statio et son analyse complète pourrait fournir des données très intéressantes pour mieux comprendre les modalités d’installation de ce type de structure, en lien d’un côté avec une tombe impériale du suburbium de Rome, de l’autre avec une voie consulaire antique (la via Latina).
L’analyse du contexte historique et des données épigraphiques à disposition a permis en outre de fixer la datation de la tombe à l’époque antonine et de proposer son attribution aux Servilii Silanii (au lieu des Valerii comme le voulait l’attribution traditionnelle), qui étaient les propriétaires, à l’époque antonine, d’une villa bâtie dans la même zone.
 
Responsables : Sara Nardi-Combescure & Grégoire Poccardi


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