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Fouilles archéologiques à Ulpiana 2017


Dernière modification : 21 septembre 2017

Dans le cadre de la mission archéologique à Ulpiana au Kosovo, en collaboration avec l’Université de Pristina (UP) et l’Institut Archéologique du Kosovo (IAK), soutenu par le labex TranferS, les responsables du projet, Christophe J. GODDARD (AOrOc-CNRS/ENS-PSL), Milot BERISHA (IAK) et Arben HADJARI (UP) ont accordé une série d’interviews aux chaînes américaines ’Voice of America’ et kosovare RTK (https://www.youtube.com/watch?v=JnKFnggFXuU&feature=youtu.be). Ils y montrent les découvertes exceptionnelles de la campagne de juillet-août 2017.

Cette campagne cherchait à comprendre pourquoi et quand l’église élevée à proximité des remparts septentrionaux de la cité d’Ulpiana en Dardanie/Kosovo s’était dotée de son propre système de fortification. Cette construction défensive, flanquée de quatre tours, signalait bien évidemment le début du démantèlement de la vaste enceinte qui entourait le municipe fondé par Trajan. Elle témoignait de la restructuration accélérée de son tissu urbain. La fortification finit même par couper le cardo maximus, le principal axe de communication nord-sud de la cité antique. En se concentrant sur un élément de cette fortification, l’équipe est parvenue à éclairer les dernières années de la vie de la cité. Elle fut élevée à la suite d’une série d’événements dramatiques : un incendie emporta tout le quartier au milieu du VIe siècle, juste après qu’il subit une vaste inondation. La peur d’un nouveau débordement de la rivière Gracanica qui coulait au nord des remparts, conduisit les habitants d’une cité alors complètement déliquescente, sans doute une cinquantaine d’années plus tard, à relever le niveau du sol de plus de 75 cm. Un second noyau urbain semble avoir été élevé durant la même période plus à l’est. Il fut lui aussi entouré de remparts mais était de taille beaucoup plus modeste (9 ha au lieu de 33).

Dans la couche d’incendie qui détruisit le quartier de l’église au VIe siècle, au milieu de tuiles brisées, qui semblent être tombées du toit d’un bâtiment proche, l’équipe a découvert une très belle dague en bronze. Il n’y a pour l’heure qu’une certitude. L’on ne peut plus accuser Théodoric d’être responsable de tous les maux de la cité et d’un feu qui prit quatre-vingt ans après le passage dans la région de ses troupes Gothes. Une stratigraphie fine et l’étude précise du matériel céramique ont permis d’éclairer les heures sombres d’Ulpiana aux VIe et VIIe siècles après J.-C.

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