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12e journée de Protohistoire celtique de l’ENS - AOrOc

Avec la participation de : Manuel Fernandez-Götz, Sophie Krausz, Eneko Hiriart, Alexis Gorgues, Réjane Roure et Lionel Pernet


Dernière modification : 15 mai 2017

Évolution des structures sociales et politiques, de l’âge du Bronze à La Tène finale, approches archéologiques, littéraires, historiques. _ Vendredi 19 mai 2017, de 9h à 18h, Salle des Actes (escalier A, 1er étage), École normale supérieure, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris.

Dans le cadre du séminaire de Protohistoire 2016-2017

12e édition « Journée de protohistoire Celtique de l’ENS - Paris »
Évolution des structures sociales et politiques, de l’âge du Bronze à La Tène finale, approches archéologiques, littéraires, historiques.

Pour les communications de 30 mn et 15 mn de question/discussion.

 Programme

9h00 - Accueil des participants

9h30 - Thierry LEJARS (Cnrs, Aoroc)/ Katherine GRUEL (Cnrs, Aoroc) – Présentation.

10h00 – Sophie KRAUSZ (MC, UMR 5607 Ausonius, Université de Bordeaux Montaigne)
Trois modèles de formation des territoires du Néolithique à l’âge du Fer en région Centre-Val de Loire.

10h45 – Réjane ROURE (MC, UMR 5140 ASM, Université Paul Valéry, Montpellier III)
Les structures sociales du Second âge du Fer en Celtique méditerranéenne à travers le prisme des pratiques rituelles.

11h30 – Eneko HIRIART (Post-doctorat, Casa de Valasquez)
Les agglomérations artisanales d’Europe : l’émergence d’une monétarisation des échanges dès le IIIe s. av. J.-C. ?

12h15 – Déjeuner…

14h30 - Alexis GORGUES (MC, UMR 5607 Ausonius, Université de Bordeaux Montaigne)
Morphogénèse et morphodynamique des communautés protohistoriques du nord-ouest de la Méditerranée au Ier millénaire av. J.-C.

15h15 – Lionel PERNET (Directeur du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire de Lausanne)
Le rôle social et militaire de la monnaie dans l’évolution de la société celtique du second âge du Fer.

16h00 - Manuel FERNÁNDEZ-GÖTZ (PhD, Lecturer in Archaeology, School of History, Classics and Archaeology, University of Edinburgh)
Réseaux sociaux à la fin de l’âge du fer : des familles aux États-peuplades.

16h45 – Discussion.

 Resumés

  • Thierry LEJARS (Cnrs, Aoroc)/ Katherine GRUEL (Cnrs, Aoroc) – Présentation.

Les textes classiques comme les rares inscriptions gauloises confrontés aux témoignages matériels permettent de reconstituer l’évolution des structures sociales et politiques des communautés protohistoriques. Au début de l’âge du Fer, le développement d’une société hiérarchisée se manifeste par de riches sépultures et des agglomérations dans lesquelles coexistent groupes aristocratiques et milieux artisanaux prospères. Les générations suivantes créent à partir du IVe siècle une culture originale caractérisée par un habitat rural dispersé, des campagnes intensivement exploitées et un art abstrait (adapté au bois, au métal et à la céramique). Le pouvoir, plus largement réparti qu’auparavant, reste toutefois dominé par une aristocrate guerrière. Mais, dès le IIIe siècle, le développement de l’artisanat et du commerce concentrés d’abord dans des agglomérations de plaine puis dans de vastes villes de hauteur prépare l’intégration des Celtes dans l’Empire romain. Comment évaluer ces évolutions ? Quels marqueurs les caractérisent ? Quelles innovations les sous-tendent ?

  • Sophie KRAUSZ (MC, UMR 5607 Ausonius, Université de Bordeaux Montaigne)
    Trois modèles de formation des territoires du Néolithique à l’âge du Fer en région Centre-Val de Loire.

Cette présentation propose une étude de la formation des systèmes politiques protohistoriques, analysés sur une période de 5000 ans, depuis la sédentarisation des premières communautés paysannes du Néolithique jusqu’à la naissance des sociétés étatiques de l’âge du Fer. Les fluctuations des systèmes politiques dans les sociétés protohistoriques ne sont pas le fruit d’une évolution progressive ou progressiste. Ces systèmes apparaissent au contraire comme une série d’oscillations, des expériences qui se succèdent dans le temps et qui connaissent des succès divers. Dans un premier temps sera présentée une analyse des occupations de l’ensemble de la région Centre-Val de Loire à travers la cartographie sous SIG de plus de 8 000 sites archéologiques. Dans un second temps, un coup de projecteur sera proposé sur trois dossiers emblématiques de la région Centre : Fort-Harrouard (Eure-et-Loir), Sublaines (Indre-et-Loire) et Levroux-Vallée de l’Indre (Indre). On suivra l’évolution de ces trois grands complexes archéologiques sur une période de 5000 ans pour reconstituer l’histoire de la formation des territoires et des systèmes politiques qui les ont fait fonctionner.

  • Réjane ROURE (MC, UMR 5140 ASM, Université Paul Valéry, Montpellier III)
    Les structures sociales du Second âge du Fer en Celtique méditerranéenne à travers le prisme des pratiques rituelles.

La découverte au Cailar (Gard) d’un important dépôt d’armes et de têtes coupées, correspondant à plusieurs trophées guerriers accumulés tout au long du IIIe s. av. n. è. est venu compléter notre vision de la façon dont les Celtes du Midi exprimaient leur valeur guerrière, éventuellement leurs conquêtes territoriales, pour le moins leur pouvoir. Ces expositions d’armes et de têtes humaines se développent dans une région où la sculpture exprime depuis plusieurs siècles une valorisation des guerriers. Plusieurs questions se posent cependant : est-ce la communauté qui exprimait ainsi son assise territoriale et sa puissance, à travers les statues de certains personnages éminents dans un premier temps puis à travers les trophées rapportés par ses guerriers ? Est-ce une élite sociale et politique qui ancre son pouvoir avec ses victoires militaires ? Peut-on véritablement parler de l’apparition d’une aristocratie à la fin de l’âge du Fer ? Afin de nourrir ce débat ancien, les données relatives aux pratiques rituelles seront confrontées aux données plus traditionnelles pour le Midi des habitats et des sépultures.

  • Eneko HIRIART (Post-doctorat, Casa de Valasquez)
    Les agglomérations artisanales d’Europe : l’émergence d’une monétarisation des échanges dès le IIIe s. av. J.-C. ?

Le IIIe s. av. J.-C. représente, pour le monde celtique, une période de profondes mutations socio-économiques. Ces changements se manifestent notamment par un essor substantiel de la production artisanale, une augmentation du commerce, ainsi que par l’apparition des premiers monnayages celtiques.
Ces phénomènes se cristallisent tout particulièrement au sein de certaines agglomérations ouvertes qui émergent également à cette période : Lacoste (France), Manching (Allemagne), Němčice (République Tchèque), Roseldorf (Autriche), etc.
Répartis sur l’ensemble de l’Europe nord-alpine, ces sites ont livré un nombre important de monnaies (plusieurs milliers à Němčice et Roseldorf). Ces fortes concentrations conduisent à s’interroger sur les usages monétaires et, plus largement, sur la fonction économique de ces agglomérations ouvertes.
Que nous apprennent les contextes archéologiques ? Révèlent-ils une possible monétarisation des échanges, plus d’un siècle avant l’apparition des oppida ?
L’évolution des sociétés celtiques semble s’inscrire dans un vaste mouvement d’ensemble. Pour tenter d’appréhender ces dynamiques, nous mènerons une étude comparative des agglomérations artisanales du IIIe et du début du IIe s. av. J.-C. en Europe, entre la France et la Pologne.

  • Alexis GORGUES (MC, UMR 5607 Ausonius, Université de Bordeaux Montaigne)
    Morphogénèse et morphodynamique des communautés protohistoriques du nord-ouest de la Méditerranée au Ier millénaire av. J.-C.

L’habitat du plein âge du Fer des régions du Nord-Ouest de la Méditerranée (que nous ferons aller globalement de la Vallée de l’Ebre à celle de l’Hérault, à la suite des travaux d’E. Gailledrat) se caractérise par la densité de son occupation et par la présence fréquente de fortifications, à l’architecture parfois ostentatoire. On considère le plus souvent que la morphologie particulière de ces agglomérations trouve son origine dans des processus remontant au VIe s. av. J.-C., l’époque où elles se multiplient dans les zones littorales. La mise en place de ces communautés résulterait plus ou moins directement liés à l’accroissement des échanges avec le domaine méditerranéen.
Cette idée sera discutée sur la base d’études de cas destinées à ouvrir de nouvelles pistes interprétatives. On s’attachera d’abord à montrer la diversité des situations micro-régionales, avant de discuter sur la base des données recueillies sur le site de Malvieu (Saint-Pons-de-Thomières, Hérault) la temporalité du processus de constitution de ces communautés et sa causalité.

  • Lionel PERNET (Directeur du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire de Lausanne)
    Le rôle social et militaire de la monnaie dans l’évolution de la société celtique du second âge du Fer.

Plusieurs publications récentes se penchent sur les interprétations qu’ont faites archéologues et numismates sur les liens entre monnayage et mercenariat ou migrations celtiques aux IVe et IIIe siècles av. J.-C., ainsi que sur la fonction ou les fonctions de ces premiers monnayages. Dans le cadre d’une exposition sur les Celtes et la monnaie en préparation à Lausanne, plusieurs de ces thèmes ont été abordés et questionnés : comment les Celtes gèrent leurs dettes avant l’adoption de monnaie frappée ? Suite aux récents ouvrages de Luc Baray, peut-on vraiment réfuter tous liens entre les premières imitations celtiques de statères de Philippe II et le phénomène du mercenariat ? A qui profite l’adoption de la monnaie et quels sont ses premiers usages ? Plus que des réponses, cette présentation soulève de nouvelles questions sur la société celtique du début du second âge du Fer, qu’éclairent notamment les travaux récents sur la dette d’anthropologues comme David Graeber.

  • Manuel FERNÁNDEZ-GÖTZ (PhD, Lecturer in Archaeology, School of History, Classics and Archaeology, University of Edinburgh)
    Réseaux sociaux à la fin de l’âge du fer : des familles aux États-peuplades.

À travers la combinaison de sources écrites, de données archéologiques et de réflexions anthropologiques, ce travail présente une analyse des divers niveaux superposés d’organisation socio-politique et d’identité présents en Gaule non-méditerranéenne à la fin de l’Âge du Fer, avec un accent particulier sur l’échelle constituée par les civitates. Parmi les questions traitées se trouvent le caractère à la fois politique et ethnique des pagi et civitates à l’époque préromaine, le rôle des assemblées dans la construction d’identités collectives, les institutions politiques ou encore la genèse des ethnies gauloises. Ce qui en résulte est une vision rénovée des communautés de la Gaule préromaine, qui souligne aussi bien le caractère dynamique de ces dernières, tout comme les interrelations complexes entre les différentes sphères sociales.

12e journée de Protohistoire celtique vendredi 19 mai 2017
12e journée de Protohistoire celtique vendredi 19 mai 2017

Organismes partenaires :

AOROC - UMR8546-CNRS/ENS CNRS-Centre National de la Recherche Scientifique ENS-Ecole Normale Supérieure, Paris. EPHE Investissement d’avenir PSL* TransferS