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Les archéologues face à l’économie

Journée d’étude interdisciplinaire organisée par l’Inrap et l’AOrOc


Dernière modification : 14 septembre 2017

Jeudi 13 avril 2017, salle des Actes (1er étage, escalier A), École normale supérieure, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris.

Coordination : Catherine CHAUVEAU (Inrap) et Julien ZURBACH (ENS)

Programme :

Introduction

9.30 Dominique GARCIA, Stéphane VERGER

9.45-11.00 Session 1. Autour de la valeur.

Rien n’est moins évident que la notion de valeur. En apparence, elle se présente pourtant comme assez simple ; la valeur d’un objet est le plus souvent objet d’une intuition immédiate, on sait combien cela vaut, et au pire on sait comment établir cette valeur. Il s’agit pourtant d’un concept extrêmement discuté entre économistes, mais aussi anthropologues et historiens. Les grandes lignes du débat n’opposent pas les champs disciplinaires, économistes contre anthropologues par exemple. Chez les économistes s’opposent les partisans de la valeur-travail (valeur indexée sur le travail nécessaire à la production de l’objet) et de la valeur-utilité (fixée selon les besoins) ; les anthropologues insistent le plus souvent sur l’importance des transferts interculturels, qui peuvent changer radicalement la valeur attribuée à un objet, et de manière plus générale sur celle des contextes sociaux, des scènes sur lesquelles les acteurs interagissent, et des sphères d’échange, dans la fixation de la valeur. Il s’agit ici de prendre la mesure des diverses approches et de l’immense littérature qui leur est consacrée, et de voir comment ces approches sont conciliables avec les vestiges matériels.

André ORLÉAN (CNRS-ENS, Centre Simiand)
Stéphane VERGER (EPHE, AOrOc)
Laurent FELLER (Paris I)

11.00-12.15 Session 2. Économie et monde idéel.

L’économie peut être définie, de manière classique, comme la production et l’allocation des biens. Ces sphères d’activité engagent profondément la vie d’une société. Le rapport qu’elles entretiennent avec d’autres sphères, qu’on peut rassembler sous l’appellation de monde idéel (cultes, représentations, valeurs, récits partagés, tabous, etc, mais aussi sphères institutionnelles, parenté, systèmes de statuts) ont fait l’objet de théories englobantes bien connues. Marx laisse le monde matériel déterminer l’idéel, qui devient souvent idéologie, c’est-à-dire image inversée du réel ; Polanyi donne au monde idéel une force propre, déterminant les comportements et les structures économiques. Le moins paradoxal n’est pas que le mouvement de balancier de l’historiographie – Marx très en vogue jusqu’en 1980, Polanyi ensuite – a laissé la place à nombre de tentatives de synthèse entre ces deux positions au fond assez lointaines.

Interventions : Patrice BRUN (Paris 1), Jean-Luc BOUDARTCHOUK (Inrap)
Président de séance : Julien ZURBACH (ENS)

12.15-13.45 Repas

13.45-15.00 Session 3. Formes et instruments des échanges

La session sur la valeur aura contribué à montrer que, plutôt que des oppositions tranchées entre grands systèmes (économies centralisées redistributives, économies de la réciprocité et du don, économies marchandes), on préfère aujourd’hui s’attacher aux coexistences, aux contextes à grande échelle, aux relations personnelles et institutionnelles qui entrent en jeu dans la production et les transferts de biens. Nombre de travaux récents explorent en parallèle la diversité de nature et de fonction de la monnaie dans ses formes les plus diverses, des coquillages aux lettres de change. La monnaie frappée métallique n’est pas une invention ex nihilo et une nouveauté radicale ; si elle marque une évolution, c’est du point de vue de la garantie étatique, et de ce seul point de vue. Divers objets ont pu tenir lieu, tour à tour ou selon les milieux et les contextes, de moyen de paiement, échelle de valeur et objet de stockage de la richesse. Des objets naturels (coquillages), des produits courants (céréales), des objets de métal non frappé (barres, haches, torques) servirent de monnaie, parfois en même temps que des pièces frappées qui elles pouvaient être pesées, coupées, testées de diverses manières. On s’interroge ici sur la signification que peut revêtir cette diversité, en rapport notamment avec l’existence de sphères d’échange diversifiées.

Intervenants : Eneko HIRIART (Casa de Vélasquez) ; Thibault CARDON (EHESS) ; Pierre SÉJALON (Inrap)
Président de séance : Patrick PION (Inrap)

15.00-16.15 Session 4. Echelles des échanges. De l’économie domestique à la mondialisation

La production et la consommation se jouent désormais à l’échelle mondiale, c’est presque céder à un poncif que d’écrire cela aujourd’hui. Mais aujourd’hui on s’interroge peut-être d’autant plus sur cela qu’on craint désormais la fin de la mondialisation, ce qui aurait été impensable il y a dix ans. Face à la globalisation, l’attitude des historiens et archéologues est souvent double : montrer que cela n’a pas toujours été le cas, ou chercher des cas anciens de globalisation qui rendent l’actuel plus familier ou au contraire le distinguent de tout ce qui a précédé. Du point de vue méthodologique, le renouvellement vient surtout de l’attention à toutes les échelles des productions et des échanges, et à l’imbrication de ces différents niveaux. Le grand historien polonais Witold KULA montrait dans le même livre la dépendance des grands domaines polonais envers les débouchés d’Europe occidentale et la force de résistance et d’innovation des maisonnées paysannes. Les archéologues sont habitués aux contacts lointains parfois surprenants, à la succession des périodes d’ouverture et de repli. Ce sont ces deux aspects, diversité des acteurs et diversité des échelles, auxquels on s’attache ici, ainsi qu’à leurs imbrications et à la fragilité des systèmes de contacts lointains.

Intervenants : Denis RETAILLIÉ (Bordeaux 3) ; Pierre OUZOULIAS(CNRS) ; François RÉCHIN (univ Pau) ; Edith PEYTREMANN (Inrap) ; Michel KASPRYK (Inrap)
Présidente de séance : Florence WEBER (ENS)

16.15-16.30 Pause

16.30-17.45 Session 5. Production, prédation. Exploitation et transformation des ressources naturelles

La compréhension des systèmes de production et de prédation bénéficient à la fois des avancées de la recherche archéologique de terrain et des nouvelles sources qu’elle permet de constituer (carpologie, archéozoologie, environnement), et de travaux de synthèse notamment en agronomie. Fr. SIGAUT avait coutume de souligner qu’il n’y avait pas eu invention de l’agriculture, car il n’y avait pas une mais des agricultures ; et on sait aussi qu’on ne doit pas concevoir la prédation comme un stade dépassé par la production, tant il est vrai que production et prédation coexistent et que l’exploitation des espaces non agricoles fut une variable fondamentale de presque tous les systèmes agricoles.

Intervenants : Samuel LETURCQ (univ. Tours) ; Anne BRIDAULT (CNRS) ; Stéphane FRÈRE (Inrap) ; Vincent CARPENTIER (Inrap)
Président de séance : Jean-Paul DEMOULE

18.00-18.30 Conférence de clôture

Gilles POSTEL-VINAY (EHESS, PSE – Centre Simiand), le marché, les marchés

Un exemple historique de marché pour lequel la documentation est assez explicite montre quelle est l’épaisseur de cette institution et de son fonctionnement. Nous avons tous appris que la demande tire l’offre, que des goûts nouveaux changent les structures de la production, ou simplement qu’un marché a pour fonction première de fixer un prix : rien de tout cela n’est évident.

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Journée d’étude jeudi 13 avril 2017
Journée d’étude jeudi 13 avril 2017
Programme
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Organismes partenaires :

INRAP - Institut National d’Archéologie Péventive AOROC - UMR8546-CNRS/ENS