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archéologie du Maghreb

des royaumes indépendants aux provinces romaines


Dernière modification : 24 novembre 2016

Présentation du Programme de recherches et de publications du thème Archéologie du Maghreb : des royaumes indépendants aux provinces romaines

Cette recherche s’appuie sur les travaux de terrain menés en coopération avec les Institutions maghrébines (INSAP, CNRA, INP), au Maroc à Kouass, en Algérie à Lambèse et en Tunisie à Thignica, ainsi que sur les acquis déjà publiés ou en cours de publication (Banasa, Lixus, Rirha, Volubilis, Dougga). L’UMR est porteur de ces opérations ou y collabore. Elle se propose de fédérer les chercheurs des équipes françaises et maghrébines travaillant sur ces territoires avec lesquelles elle a déjà tissé des liens privilégiés ; des rencontres thématiques et des stages de formation (cf. infra) permettront de coordonner les problématiques de recherche en Afrique antique. La réflexion sur les provinces de Maurétanie, de Numidie et de Proconsulaire porte sur l’étude des édifices, des quartiers, des cités et de leur territoire, y compris les jardins et le rôle qu’ils jouent dans l’espace architectural et urbain. Elle prend en compte à la fois l’architecture et son décor, et les matériaux qui les constituent, le mobilier en contexte mettant en lumière un savoir-faire local ou provincial (artisanat, ateliers, …).

L’épigraphie néo-punique, latino-punique et latine de Tripolitaine continue à susciter des travaux, dont plusieurs sont en préparation. Une étude des marques et graffites sur céramique d’Afrique du Nord enrichira nos données sur l’économie, la religion et l’identité des populations de Maurétanie occidentale, en faisant mieux connaître la diffusion des langues et des pratiques. L’objectif sera ensuite d’élargir le cadre géographique à la Maurétanie orientale et au territoire de Carthage. Cet inventaire, réunissant documentation publiée et matériel inédit, pourra donner lieu à un corpus des marques et graffites phéniciens, puniques et néopuniques sur les vases en céramique et les amphores.

De l’architecture à l’urbain. L’étude de monuments publics et privés à Lambèse, à Thignica, à Kouass, cités de statut différent, permet d’envisager une enquête diachronique et de comprendre leur implantation dans un tissu urbain partiellement connu.
L’espace urbain sera appréhendé à partir de la réalisation d’un plan topographique et d’une étude des vestiges visibles dans ces trois villes.
Les sanctuaires de la cité de Thignica, qui en compte au moins sept, feront l’objet d’une étude qui débutera par celle du temple dit de Mercure (anonyme n° 2). Cette enquête complètera les connaissances déjà acquises à Dougga, Banasa, Volubilis, Lixus, en particulier sur la persistance d’un substrat maurétanien ou numide à l’époque romaine. Une étude parallèle des cultes des cités de Tingitane est en cours. Les fouilles du jardin dans la cour du sanctuaire de l’est de Thuburbo Majus affineront notre compréhension des espaces cultuels en Afrique (cf. infra).
Les espaces domestiques examinés à Lambèse et à Thignica, ainsi qu’à Rirha et à Kouass livrent une documentation inédite sur les systèmes constructifs, le décor et leur mise en œuvre. Le mobilier abondant découvert dans les espaces de stockage (cellier) d’une riche domus de Lambèse relance l’étude de la circulation de la céramique à l’échelle des provinces d’Afrique et de la Méditerranée ; la publication d’un quartier de Zilil offrira un exemple plus tardif dans un contexte d’habitat plus modeste et les maisons de Volubilis des points de comparaison.

L’étude des installations artisanales et des productions visera à préciser l’intégration de la Maurétanie dans la sphère économique romaine, en particulier le contrôle des circuits commerciaux du « Cercle du Détroit » par les négociants romains. Elle implique de développer la connaissance des ressources et des productions maurétaniennes depuis le Ve s. av. J.-C. jusqu’à l’annexion par Rome en l’an 40 ap. J.-C. et de les confronter avec celles de l’Ibérie. L’élaboration des typo-chronologies de l’abondant mobilier préromain de Kouass et des ateliers de potiers de Banasa, qui sont archéologiquement bien datés, permettra de confronter des faciès maurétaniens et ibériques. Les recherches effectuées sur les sites de Zilil, Rirha et Lixus seront intégrées à cette enquête, qui pourra s’étendre également aux productions d’époque romaine de Volubilis, Rirha et Lambèse. La caractérisation des centres de production de céramique de Banasa et de Kouass, depuis l’époque maurétanienne jusqu’à l’époque médiévale, demande des analyses archéométriques qui définiront les spécificités techniques de chacun de ces ateliers et permettront de déterminer leurs aires de diffusion respectives.