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D’eau et de pierre : le réseau hydraulique de Pompéi et son bâti


Dernière modification : 7 septembre 2017

Par J. CARLUT, A. COUTELAS, H. DESSALES (dir.), J. de SIGOYER

Comment restituer le réseau hydraulique de Pompéi et, par là-même, la « fabrique » d’une ville romaine ? Les regards croisés d’archéologues et de géologues ont ainsi tenté d’éclairer d’un jour nouveau l’histoire et le fonctionnement de cette petite cité de Campanie. Ce projet de collaboration, développé par le Département des Sciences de l’Antiquité (UMR 8546) et le Département Géosciences (UMR 8538) a associé chercheurs et enseignants-chercheurs aux côtés de différents collaborateurs, mais aussi cinq étudiants, issus des deux disciplines et formés conjointement sur le terrain.

 

L’étude est centrée sur les quinze châteaux d’eau de la ville. Il s’agissait de déterminer leur chronologie, en tenant compte de l’incidence probable des différents tremblements de terre ayant précédé l’éruption de 79 après J.-C. Différentes méthodes, faisant appel aux méthodes de l’archéologie et des sciences de la terre, ont été mises en place :

Fig. 10 - Stage à Pompéi©H. Dessales
Fig. 10 - Stage à Pompéi©H. Dessales


Fig. 10 - Stage de terrain associant archéologues et géologues à Pompéi (2007), étude du réseau hydraulique
 
 
 
 
 
 

  • Appliquée à chacun des châteaux d’eau, l’archéologie du bâti a pu préciser la nature du chantier urbain dans lequel ils s’insèrent et leur datation respective.
  • Ces données ont pu être approfondies par une étude pétrologique et géochimique des matériaux de construction (moellons, briques, mortiers) utilisés dans les châteaux d’eau mais aussi dans d’autres monuments, montrant des ressources locales mais aussi des approvisionnements plus lointains.
  • Menée en parallèle, une étude magnétique des briques a permis d’indiquer la température des dépôts pliniens qui se sont abattus sur Pompéi en 79.
  • Enfin, les dépôts calcaires qui recouvrent les châteaux d’eau renferment aussi de nombreuses informations sur leur utilisation : mise en évidence de séquences saisonnières, degré d’entretien et qualité de l’eau. Une eau fossilisée en quelque sorte, dont l’analyse, associée à celle du bâti, permet de remonter le cours du temps.
    Le projet a bénéficié d’un financement ATIP CNRS Jeunes chercheurs (2007) et de supports BQR ENS. Un état des recherches a été présenté en 2008, lors d’une exposition organisée à l’ENS. L’achèvement d’une publication collective est prévu pour 2012.

Cette opération de terrain a lieu dans le cadre du programme de recherche « Économie et techniques de la construction romaine ».