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Pompéi, la Villa di Diomede

des architectes du Grand Tour aux archéomètres d’aujourd’hui


Dernière modification : 7 septembre 2017

Par H. DESSALES, F. MARCHAND-BEAULIEU, F. MONIER, J. PONCE, Y. UBELMANN, avec la collaboration d’A. MILANESE (Soprintendenza speciale di Napoli e Pompei)

Fig.7 - Villa de Diomède©Y. Ubelmann, BNF
Fig.7 - Villa de Diomède©Y. Ubelmann, BNF

De nature pluridisciplinaire, ce projet est consacré à l’étude de la Villa de Diomède, un monument bien connu de Pompéi mais qui, paradoxalement, n’a jamais fait l’objet d’une analyse approfondie.
L’obtention d’un PEPS PSL-CNRS en 2012, favorise le déroulement du projet.
Fig. 7 : Présentation des résultats obtenus à l’issue de la première campagne photographique réalisée en avril 2012 dans la Villa de Diomède : à gauche, modèle photogrammétrique ; au centre, modèle sans plaquage des photographies sur la géométrie reconstruite ; à droite, projection d’un plan de 1810 (F. MAZOIS) dans le modèle.

 

Différentes méthodes seront utilisées pour en mener l’étude :

 

Fig. 8 - Villa de Diomède, photogrammetrie©Y. Ubelmann
Fig. 8 - Villa de Diomède, photogrammetrie©Y. Ubelmann
  • Modélisation photogrammétrique du bâtiment
    Une modélisation numérique sera réalisée, en faisant appel à une nouvelle technologie mise au point par une équipe d’informaticiens de l’équipe Willow (UMR 8548, ENS-CNRS-INRIA), dirigée par Jean Ponce (ENS) (logiciels PMVS et Bundler). Elle repose sur une simple couverture photographique et permet d’obtenir rapidement un modèle 3D photogrammétrique, avec une précision de l’ordre du mm, à partir de plusieurs milliers de photographies numériques (lire l’article « 3D object and scene modeling, analysis, and retrieval » sur le site de l’INRIA)
    Cette méthode a déjà été testée sur une maison de plus petite taille à Pompéi, la Casa di Championnet (VIII 2, 1), entre 2008 et 2011. Le film de cette réalisation est visible sur le site de l’INRIA.
    Fig. 8 - Photogrammétrie du péristyle de la Villa de Diomède (avril 2012).

 

  • Archéologie du chantier de construction
    Étudier le déroulement du chantier de cette grande villa, est une réelle opportunité : il s’agit en effet d’un des plus grands chantiers de la ville, étendu sur près de 3500 m². Une étude archéologique du bâtiment permettra d’en préciser les phases de construction, par la mise en évidence de la stratigraphie des élévations. Une étude spécifique des enduits peints, particulièrement bien conservés dans cette villa sera proposée, ainsi que des pavements mosaïqués. Une caractérisation géologique des matériaux permettra de préciser les données obtenues. Ces différentes phases de construction pourront être visualisées à partir du modèle 3D.

 

Fig.9 - Villa de Diomède, état comparé de l’un des murs©Y. Ubelmann, BNF
Fig.9 - Villa de Diomède, état comparé de l’un des murs©Y. Ubelmann, BNF
  • Collecte des archives anciennes et modélisation associée.
    Fouillée très précocement, de 1771 à 1774, la Villa de Diomède est le bâtiment qui a été le plus représenté dans les archives graphiques d’architectes et de voyageurs au cours du XIXe siècle. C’est en effet un des premiers édifices qui pouvaient être visités à l’entrée du site, peu après la Porta di Ercolano. Une collecte des archives graphiques et photographiques a déjà été entreprise, à partir des collections de la BNF, de l’ENSBA, de l’INHA, du RIBA et du Museo archeologico nazionale di Napoli (environ 250 documents, dans l’état actuel du travail de collecte). Ces documents offrent l’avantage de témoigner d’un état du bâtiment au cours du XIXe siècle et révèlent en particulier des décors peints aujourd’hui très dégradés ou disparus. La fidélité du relevé et les écarts qu’il présente peuvent être ainsi mis en évidence.
    Chacune de ces archives (élévation, copie de peintures, vue en perspectives, photographie) sera replacée dans le modèle photogrammétrique. L’intérêt de cette méthode est multiple. C’est tout d’abord une visite virtuelle de la villa au moment de sa découverte qui peut être proposée, puis une matérialisation de sa longue évolution depuis le XIXe siècle, révélant les effets de l’érosion et des restaurations contemporaines.
    Par ailleurs, c’est une nouvelle approche qui peut être développée sur les relevés architecturaux exécutés au cours du XIXe siècle. Ainsi, peuvent être mis en évidence des variations de rendu et d’exactitude, qui nous informent sur la circulation des informations entre les voyageurs, les conditions de relevés et les instruments utilisés.
    Fig. 11 : État comparé d’un des murs de la villa.
    A : orthophotographie de l’état actuel.
    B : relevé de F. MAZOIS du même mur dans les années 1810 (document inédit conservé à la Bibliothèque Nationale de France), mais aujourd’hui fort effacé.
    C : restitution virtuelle de l’état du mur au début du XIXe siècle, obtenu par la superposition de A et B
    .

 

Autres institutions partenaires :

  • Soprintendenza speciale per i beni archeologici di Napoli e Pompei
  • Scuola normale superiore di Pisa
  • Centre Jean Bérard, CNRS, USR 3133, Naples

Cette opération de terrain a lieu dans le cadre du programme de recherche « Économie et techniques de la construction romaine ».

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