Chargement
Veuillez patienter...

La place de la monnaie dans les lieux de culte en Gaule du sud / Le cas du sanctuaire chrétien fortifié d’Harilaq entre l’Antiquité tardive et le Haut Moyen Age

Élodie PARIS (doctorante à Université Paul VALÉRY - Montpellier 3 - UMR 5140 Archéologie des Sociétés Méditerranéennes ; ENS, UMR 8546 Archéologie et Philologie d’Orient et d’Occident) et Arben HADJARI (Université de Prishtina)


Dernière modification : 15 septembre 2017

Mercredi 23 novembre 2016 à 16h00, salle Cavaillès, École normale supérieure, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris

Dans le cadre du séminaire : « Monnaies et sanctuaires, Labex RESMED »

 La place de la monnaie dans les lieux de culte en Gaule du sud (IIIe s. av. n. è. - Ier s. de n. è.) / Le cas du sanctuaire chrétien fortifié d’Harilaq entre l’Antiquité tardive et le Haut Moyen Age

En Gaule du sud, l’usage et le développement de la monnaie sont considérés comme des conséquences de contacts fréquents avec le monde romain. L’apogée de cette dynamique est atteint lors de la création de la province de Gaule Transalpine. Selon ce présupposé, le dépôt d’offrandes monétaires au sein des lieux de culte ne pourrait intervenir avant l’installation définitive de Rome dans cette région, voire avant la mise en place de l’Empire romain. Cependant, que savons-nous vraiment des débuts de cette pratique votive et sur quelles données reposent ces affirmations ?
Pour apporter des éléments nouveaux à la question, cette communication se base sur l’étude d’une aire géographique allant de la cité de Narbonne à l’ouest à celle d’Arles à l’est. Ce littoral est une zone d’interface méditerranéenne avec les mondes grecs, ibériques, puniques et romains. L’arrière-pays languedocien offre, quant à lui, un aperçu des échanges avec la Gaule celtique. Considérer le Languedoc entre le IIIe s. av. n. è. et la fin du règne d’Auguste permet d’observer les lieux de culte et offrandes indigènes mais aussi ceux et celles directement issus de la tradition gréco-italique. Cette période de transition chronologique met en évidence les ruptures et continuités de la présence de monnaies dans les lieux de culte.
D’après les sources antiques, il existe deux catégories d’offrandes monétaires : la stips et la iactatio stipis. Ces dernières sont-elles discernables d’un point de vue archéologique en Gaule du sud ? La question de l’interprétation archéologique des découvertes de numéraire dans les lieux de culte est en effet problématique : comme l’a montré K. GRUEL, la monnaie pouvait être utilisée à plusieurs fins, différentes de l’ex-voto. Dans ce cas, doit-on considérer chaque monnaie présente dans un sanctuaire comme une offrande ?
Dans le sud de la Gaule, divers types de lieux de culte sont attestés pour la période concernée. Peut-on trouver une relation de cause à effet entre une catégorie de sanctuaire et la pratique de l’offrande monétaire ? Existe-t-il des différences micro-régionales au sein du Languedoc de la fin de l’Âge du fer ? Pour la Gaule du sud-est, R. GOLOSETTI a démontré l’absence d’offrandes monétaires liées à un culte des eaux. Il est alors intéressant de vérifier cette constatation pour la partie occidentale de la Transalpine.
Enfin, une comparaison avec les faciès monétaires issus de l’habitat environnant fournit des réponses à l’existence ou non d’une sélection des émissions monétaires destinées au contexte cultuel.
Une synthèse du numéraire dans les lieux de culte en Gaule méridionale à la lumière des contextes archéologiques et des découvertes récentes est donc nécessaire pour cerner la place de la monnaie pendant cette période de transition.

Élodie PARIS
Doctorante à l’Université Paul VALÉRY – Montpellier 3 ; École Normale Supérieure
UMR 5140 Archéologie des Sociétés Méditerranéennes ;
UMR 8546 Archéologie et Philologie d’Orient et d’Occident
Arben HADJARI
Université de Prishtina

Responsables : Christophe J. GODDARD, Katherine GRUEL et Marie-Christine MARCELLESI

 Bibliographie

  • « Dossier : Sanctuaires et lieux de culte en Narbonnaise occidentale. Topographie religieuse et faits de culte : éléments de réflexion et d’orientation », Revue Archéologique de Narbonnaise, 40, 2007, p.9-196.
  • BARRUOL 1994 : BARRUOL (G.), Les sanctuaires gallo-romains du Midi de la Gaule. In : GOUDINEAU (Chr.), FAUDUET (I.) et COULON (G.) dir., Les sanctuaires de tradition indigène en Gaule romaine : actes du colloque d’Argentomagus (Argenton-sur-Creuse-Saint-Marcel, 8-10 octobre 1992), Paris : Errance, 1994, p.49-72.
  • GOLOSETTI 2015 : GOLOSETTI (R.), Les sanctuaires et cultes des eaux dans le sud-est de la Gaule au Second Âge du fer : une relecture critique. In : OLMER (F.) et ROURE (R.) dir., Les Gaulois au fil de l’eau : actes du 37e colloque international de l’A.F.E.A.F. (Montpellier 8-11 mai 2013), Bordeaux : Ausonius – Aquitania, p.621-642.
  • GRUAT, DEMIERRE 2015 : GRUAT (Ph.) et DEMIERRE (M.), Un exemple original de dépôt en milieu humide : les grottes sanctuaires du territoire des Rutènes et de ses marges à la fin de l’âge du Fer. In : OLMER (F.) et ROURE (R.) dir., Les Gaulois au fil de l’eau : actes du 37e colloque international de l’A.F.E.A.F. (Montpellier 8-11 mai 2013), Bordeaux : Ausonius – Aquitania, p.669-696.
  • GRUEL 2012 : GRUEL (K.), La place des sanctuaires dans l’économie monétaire. In : de CAZANOVE (O.) et MÉNIEL (P.) dir., Etudier les lieux de culte en Gaule romaine : actes de la table ronde de Dijon, 18-19 septembre 2009, Montagnac : M. MERGOIL, 2012, p.21-27.
  • SCHEID 2002 : SCHEID (J.), Leçon inaugurale faite le jeudi 7 février 2002 – Chaire de religion, institutions et société de la Rome antique, Paris : Collège de France, 2002, 35 p.
  • Van ANDRIGA 2002 : Van ANDRIGA (W.), La religion en Gaule romaine, Paris : Errance, 336 p.
Affiche du séminaire du 23 novembre 2016
Affiche du séminaire du 23 novembre 2016