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Archivage Pérenne des données de fouilles de l’équipe Protohistoire


Dernière modification : 7 septembre 2017

Des sites majeurs pour l’archéologie nationale, fouillés depuis plus de 30 ans en France par AOrOc, sont en phase de post-fouilles et leurs documentations doivent faire l’objet d’un archivage (pour l’instant il s’agit des fouilles de Bourges, Cher, Ve s. av. J.-C. et de Levroux, Indre, IIe s. av. J.-C.). Ces sites sont devenus des références européennes.

 Sous_ collection : Levroux (Indre)

Les fouilles de Levroux se sont déroulées entre 1968 et 1990. Elles ont permis de mettre en évidence deux phases successives dans le développement urbain aux IIe et Ier s. av. J.-C. chez les Celtes. Une agglomération de plaine a été découverte et fouillée dans la plaine de Champagne. Elle réunit des artisans et des commerçants qui exportent leurs produits et reçoivent des importations, par exemple du vin italien. Au Ier s. av. J.-C., le village se déplace sur la colline du Boischaut la plus proche. La construction d’un rempart en bois, terre et pierre, entourant une surface de 20 hectares, symbolique d’une fondation urbaine, suggère que ce changement a été provoqué par une autorité intéressée à contrôler les productions de l’agglomération précédente. Cette situation a fait de Levroux un modèle pour expliquer le déroulement de l’urbanisation dans tout l’Europe celtique. L’agglomération artisanale a été fouillée sur environ 3 hectares. Plus de cinq cent mille objets, ossements, de vestiges du travail de métaux, ont été répertoriés. Les publications se sont échelonnées entre 1988 et 2000.
Partenariat :
1- Institutions  :
Universités de Paris 1, Paris 8, ENS Paris.
CNRS, AOrOc,
Ministère de la Culture, Sous-Direction de l’archéologie, région Centre
Mairie de Nanterre
ADELevroux (ass. Loi de 1901)
Conseil général de l’Indre

2- Chercheurs :
Olivier BUCHSENSCHUTZ, Paris 1 puis Dr CNRS
Anne COLIN, MCU Bordeaux
Sophie KRAUSZ, MCU Bordeaux
Claire SOYER, Ing. Culture
Georges-Noel LAMBERT, Ing. CNRS Besançon
Michel CARTEREAU, MCU Agroparitech
Marie-Pierre HORARD, MCU Tours

 Sous_ collection : Bourges (Cher)

Les fouilles sur le gisement de l’âge du fer de Bourges ont commencé en 1995 par des sondages dans la périphérie Sud-Ouest (Lazenay) et dans le centre ville (Hôtel-Dieu). Bourges, « la plus belle ville de la Gaule « selon Jules César » (Ier s. av. J.-C.), s’est développée dès le VIe s. av. J.-C. Elle fait partie des complexes aristocratiques du VIe s. qui regroupent des sépultures princières et un habitat fortifié de prestige (comme Vix, Côte d’Or, ou La Heuneburg, Baden-Würtemberg). La fouille que nous traitons ici porte sur 15 hectares situés dans les faubourgs du site de hauteur, qui est lui-même enterré sous la ville actuelle. Il s’agit d’un quartier artisanal, où l’on a fabriqué des bijoux en bronze, en fer, en lignite. On a importé des perles de verre, de l’ambre, du corail, qui ont parfois été travaillés sur place. Les importations de céramique grecque ou provençale sont peu nombreuses, mais réparties sur tout le site, ce qui indique le statut élevé de ces artisans. C’est actuellement la plus grande surface d’habitat à vocation artisanale fouillé en Europe celtique avec Hochdorf en Baden-Würtemberg. Plusieurs centaines de milliers d’objets, d’ossements, de vestiges du travail de métaux, ont été répertoriés. Leur répartition a été traitée avec l’aide d’un SIG. La publication a été réalisée en 2012.

  • Partenariat :
    1- Institutions  :
    AOrOc, CNRS/ENS Paris
    Université d’Edimbourg, Ecosse
    Service municipal de Bourges plus
    Ministère de la Culture
    Archea, association pour le développement de l’archéologie régionale, financée par le conseil régional.
    Etudiants principalement des universités de Tours et Paris.
    2- Chercheurs ;
    Olivier BUCHSENSCHUTZ, DR CNRS, AOrOc
    Laurence AUGIER, Dr en archéologie, Bourges plus
    Marylin SALIN, Dr en archéologie, Bourges plus
    Jacques TROADEC, Dr du service municipal d’archéologie de Bourges plus
    Ian RALSTON, Pr à Edimbourg, directeur de l’institut d’archéologie.
    Sophie KRAUSZ, MCU Bordeaux
    Christophe BATARDY, Ingénieur au Ministère de la Culture, SIG.

Trois autres sous-collections sont prévues dans un premier temps pour archivage, avec accès par un mot de passe

 Sous_ collection : Allonnes

Les fouilles sur le site de la Forêterie, Allonnes, Sarthe se sont déroulées de 1994 à 2011. Ce sanctuaire dédié à Mars Mullo se place à la périphérie de la ville du Mans, capitale antique des Aulerques Cenomans. Situé sur un promontoire qui domine un gué sur la Sarthe, le sanctuaire est en activité du Ve s. av. J.-C. au IIIe s. ap. J.-C.. Il connut plusieurs remaniements au cours des siècles depuis ses origines gauloises jusqu’à sa consécration à Mars Mullo à l’époque romaine. Les inscriptions attestent son statut de sanctuaire de cité. Le sanctuaire a été profondément remanié au Ier s. ap. J.-C., et une partie des ateliers de sa reconstruction était conservée sous la cour aménagée pour le dernier état. L’ensemble de la fouille est intégré dans un SIG.
Partenariat  :
1- Institutions :
AOrOc, CNRS/ENS Paris
CAPRA (ass. Loi 1901)
Etudiants principalement des universités d Maine, de Tours et Paris.
2- Chercheurs  :
Katherine GRUEL, DR CNRS, AOrOc CNRS –ENS, Paris
Véronique BROUQUIER-REDDÉ, CR CNRS, AOrOc CNRS –ENS, Paris
Vincent BERNOLLIN, CAPRA

 Sous_collection : Orléans (Loiret) _ ACR Carnutes

La découverte à Orléans, entre 1843 et 1846, d’une stèle portant la mention cenab permettait la localisation de l’antique Cenabum/Genabum que certains plaçaient à Giens. Il faut attendre les années 1970 et les premières découvertes de niveaux gaulois sur le site des Halles Châtelet (1973), puis sur ceux de Saint-Pierre-Lentin en 1978-1979 et de l’îlot Saint-Germain en 1983-1984, et enfin sur la place du Martroi en 1985-1986, pour que soit révéler le caractère domestique, artisanal et funéraire des diverses occupations. Les fouilles de la rue de Bourgogne (1996), du 18 rue Porte Saint-Jean (1998-1999), de la Charpenterie (1997-2000), des Halles-Châtelet (2001), de la place de Gaulle (2001), du 8-10 rue Porte Madeleine (2005), et enfin de la ZAC des Halles et rue des Halles (2007) confirment l’importance de l’agglomération gauloise. Avant 1996, les trouvailles sont le plus souvent sporadiques et les surfaces extrêmement réduite.
La ville gauloise, implantée sur la rive droite de la Loire, est tournée vers le fleuve. Un pont construit dans le courant du second siècle av. J.-C. reliait les deux rives. L’étendue du site varie suivant les estimations d’une vingtaine d’hectares (noyau densément occupé) à près de 130. L’existence d’une enceinte demeure incertaine, mais nous savons seulement, sur la foi du témoignage de César, que les Romains assaillirent et brûlèrent les portes de l’oppidum. Des traces de voiries, avec des chaussées larges de 1,80 et 3,50 m, structurent l’espace interne. La permanence des voies, des constructions et de certains espaces vides témoignent d’une gestion raisonnée de l’habitat. Pour les constructions, plusieurs formes cohabitent : murs en terre sur poteaux, murs en terre sur sablières basses, murs en terre sur sablières basses et solins en pierres sèches, murs en terre sur sablières basses et murs bahut en pierre sèches. Une évolution est perceptible à travers ces techniques. Les premiers qui sont aussi les plus anciens, ne semblent pas perdurer au-delà du milieu du Ier siècle av. J.-C., tandis que les constructions sur solin font leur apparition dans la première moitié du siècle.
Plusieurs sépultures datant de la seconde moitié du IIe et du Ier s. av. J.-C. ont été mises au jour dans la partie occidentale.
Les traces nombreuses d’activités métallurgiques témoignent de l’importance de l’établissement. La première moitié du Ier siècle est la période qui a, sans aucun doute, livré le plus grand nombre de restes. Il faut aussi signaler la mise en évidence d’un atelier monétaire. Les premières niveaux datés des années 180/150 av. J.-C. correspondent à une occupation dominée par des activités essentiellement agricoles et artisanales. Les années 150/130 voient en revanche la mise en place d’un tissu qualifié de proto-urbain. Cette trame d’occupation se densifie dans les décennies suivantes (130/110 av. J.-C.) et se maintient sans changement notable jusque dans les années 30/10 av. J.-C. Les modifications constatées attestent d’un processus de « romanisation » partant des bords de Loire dans le dernier quart du Ier s. av. J.-C., s’étendant progressivement aux autres parties de la ville. La ville est désertée en 51 ; César y installe, le temps d’un hiver, deux légions (B.G. VIII.V).
1 – Institutions :
INRAP
Ministère de la Culture
AOrOc, CNRS/ENS Paris
2- Chercheurs
Sandrine RIQUIER (Inrap)
Dorothée LUSSON (Inrap)
Murielle TROUBADY
Brigitte FISCHER (CNRS)

 Sous_collection : Saumeray « Le Bas-des-Touches » (Eure-et-Loir) _ ACR Carnutes

Le site de Saumeray a été repéré en 1982 lors de prospections aériennes. Il est situé entre Chartres, au nord, et Châteaudun, au sud. Le gisement qui couvre plusieurs dizaines d’hectares, est implanté sur les basses et moyennes terrasses de la rive droite du Loir, et s’étend sur les communes de Saumeray et d’Alluyes. Les structures visibles sont constituées pour l’essentiel d’enclos de formes circulaires et quadrangulaires, de fosses et de fossés. Le site n’était pas totalement inconnu en raison de l’exploitation des gravières. On signale dans l’immédiat après-guerre la découverte de vases parfois complets de l’âge du Fer.
Il faut attendre les années 80 pour que des fouilles soient engagées ; il s’agit d’opérations ponctuelles. A partir de 1991, des opérations d’archéologie préventive sont prescrites en prévision du programme d’extension des carrières d’extraction de granulat. Une douzaine de campagnes se succèdent entre 1991 et 2009. Les surfaces explorées sont considérables (35 hectares). L’agglomération ouverte couvre une dizaine d’hectares, tandis que la surface totale estimée avoisine une vingtaine d’hectares. L’habitat est bordé au sud-ouest par une zone couverte de structures épars à vocation cultuelle (fouilles de 1999 à 2001). Les terrasses basses, qui jouxtent l’habitat au nord-est et à l’est, délimitent quant à elles un ample domaine funéraire qui se développe à partir du Bronze ancien et perdure jusqu’à la fin de La Tène (fouilles 1991, 1995, et 2007/2009).
L’habitat se distingue des autres secteurs de l’agglomération par une très forte concentration de structures. Il s’agit principalement de silos, de caves/celliers, de fosses réutilisées comme dépotoirs, de trous de poteau, de fossés et de puits. Le matériel récolté est abondant. L’établissement fondé à La Tène C2 (première moitié du second siècle av. J.-C.) fonctionne sans discontinuité jusqu’à l’époque augustéenne, mais c’est de La Tène D que date la majeure partie des vestiges de l’habitat. L’époque impériale, également documentée, marque l’amorce d’un déclin, et cela dès le premier siècle de notre ère. L’habitat s’organise en fonction d’un axe de circulation de direction nord-ouest sud-est, large d’une dizaine de mètres qui aboutit sur une place d’environ 100 m². Les constructions situées le long de la voie se répartissent perpendiculairement à cet axe, sur une bande profonde de 10 à 20 m. Les autres se distribuent autour de la place. De nombreux indices témoignent de l’importance des activités métallurgiques, avec en particulier la fabrication de monnaie.
A la différence d’un habitat comme Orléans, les occupations de Saumeray ne sont pas stratifiées mais se développent horizontalement. Les sols et les niveaux de circulation ne sont pas conservés. Les seuls éléments de chronologie que livre le site sont les recoupements de structures.
1 – Institutions  :
INRAP
Ministère de la Culture
AOrOc, CNRS/ENS Paris

2- Chercheurs
Sandrine RIQUIER (Inrap)
Céline BARTHELEMY-SYLVAND (Inrap)
Dorothée LUSSON (Inrap)
David JOSSET (Inrap)
Thierry LEJARS (DR, AOrOc)
Katherine GRUEL (DR, AOrOc)