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Les équipes de recherches 2014-2018

Projet 2014-2018


Dernière modification : 18 septembre 2017

 1-Axe : Celtes et Étrusques : identités, pouvoirs, échanges

Membres de l’équipe

Direction de l’équipe de recherche : GRUEL Katherine (DR1, CNRS).

CNRS, ENS, EPHE
BRIQUEL Dominique (Pr. Univ. Paris IV, DR EPHE, émérite) - BRUNAUX Jean-Louis (DR2, CNRS) - BUCHSENSCHUTZ Olivier (DR1 émérite, CNRS) - DUPRAZ Emmanuel Pr. Univ. libre de Bruxelles, DR EPHE - GRUEL Katherine (DR1, CNRS) - JOLIVET Vincent (DR2, CNRS) - LAMBERT Pierre-Yves (DR1 émérite, CNRS) - LEJARS Thierry (CR1, CNRS) - MAHÉ-SIMON Mathilde (MCF, ENS-Paris) - THUILLER Jean-Paul (PR1 émérite, ENS-Paris) - VERGER Stéphane PR, EPHE.
Autres Institutions
AUGIER Laurence (CA de Bourges Plus) - BATARDY Christophe - BERNOLLIN Vincent (Assoc. CAPRA) -COUSIN Catherine (Rectorat de Paris) - DECHEZLEPRÊTRE Thierry (CPAT, CG Vosges) - DESNIER Jean-Luc (CPAT, Monnaie de Paris) - FRÈRE Dominique (MCF, Bretagne Sud-Lorient) - GAULTIER Françoise (CPAT, Musée du Louvre) - JEHASSE Olivier (MCF, Univ. de Corse) - JUD peter (Archeodunum) - HAACK Marie-Laurence (PR2, Univ. Amiens) - LAÜT Laure-> (MCF, Université Paris 1) - LE BIHAN Hervé (PR1, Université de Rennes 2) - LALLEMAND David (Cons. Dep. Allier) - MARION Stéphane (CPAT, DRAC Lorraine) - NARDI-COMBESCURE Sara (MCF, Univ. Amiens) - POCCARDI Grégoire (MCF, Univ. Lille III) - SOYER Claire (CPAT, DRAC Poitou Charentes).
INRAP
DEBERGE Yann - FOUCRAS Sylvain - FRÉNÉE Éric - FRIBOULET Muriel - GUILLIER Gérard - JOSSET David - MANIQUET Christophe - MILLET Emilie - SAUREL Marion.

Les références traditionnelles de nos sociétés occidentales sont longtemps demeurées grecques et romaines. Pourtant, depuis leur formation, les grandes nations européennes se sont reconnues, selon des modalités diverses, d’autres héritages que ceux-là. Au travers du réexamen des sociétés qui occupaient l’Europe au cours du dernier millénaire av. J.-C., de l’Espagne à la Tchéquie et de l’Italie à l’Écosse, nous chercherons à préciser l’apport à la construction européenne de deux grandes civilisations, celtique et étrusque, qui ont plus particulièrement marqué l’Occident au travers de leur intégration à l’Empire romain.
 
La tradition situe au VIIIe siècle av. J.-C la fondation de Rome et les premiers jeux olympiques grecs : à cette époque, le monde étrusco-italique et le monde celtique sont morcelés en une pluralité de cultures, d’ethnies et de langues qui participèrent, par un jeu complexe de fusions et de résistances, à la formation de la civilisation gréco-romaine. Le réexamen des textes grecs et latins et l’apport des plus récentes fouilles archéologiques permettent de restituer, sur de nouvelles bases, les grandes lignes de l’histoire et de la vie quotidienne de sociétés pour lesquelles nous ne disposons, le plus souvent, que de trop rares sources écrites.
 
L’étude des pouvoirs présente une importance particulière dans cette enquête, dans la mesure où les aristocraties locales, princes ou oligarques, après avoir très longtemps déterminé le degré d’assimilation de leur société au monde grec et romain, ont dû progressivement faire face, comme à Rome, à la pression d’autres groupes sociaux (dépendants, esclaves…) revendiquant leur part de pouvoir et de décision. Partant de l’analyse des liens entre les cités fondées en Méditerranée occidentale au VIIIe siècle av. J.-C. et les embryons proto-urbains des sites princiers de la fin de la civilisation de Hallstatt, au VIe siècle av. J.-C., nous examinerons les mécanismes complexes en action dans ces sociétés, les modes de répartition des pouvoirs, leurs contradictions internes et leur évolution au cours de la période considérée.
 
Au sein de ces sociétés, les échanges concernent aussi bien l’Europe continentale que la Méditerranée. Les vases grecs et étrusques, en métal ou en céramique, sont le premier indice de contacts stables entre l’Europe occidentale et la Méditerranée, bien avant les grands flux commerciaux d’époque hellénistique et romaine, et nous en avons témoignage bien après la conquête romaine, jusqu’au Haut Moyen-Âge. Nous nous interrogerons sur la nature et le fonctionnement de ces échanges, avant et après la conquête romaine : distribution aléatoire, ou concentration auprès de certaines couches de la population ; degré de perméabilité technique et artistique des régions concernées ; apports culturels réciproques.
 
L’approche globale des cultures linguistiques, archéologiques et artistiques de ces peuples, effectuée selon une analyse croisée, permettra en définitive de mieux définir les composantes ethniques et culturelles actives au cours de la période de formation de l’Europe, leurs interactions réciproques, ainsi que leur impact sur les temps historiques.
 

Art et artisanat


Dans les sociétés anciennes pour lesquelles les sources écrites demeurent rares ou inexistantes, les productions artistiques avec leurs constructions de signes et de récits imagés quasi-stéréotypés permettent d’accéder à l’imaginaire collectif des élites qui concentrent en leurs mains pouvoir et richesses. On s’intéressera en particulier à l’influence de l’Orientalisant dans l’iconographie étrusco-italique du VIIe s. et ses prolongements dans l’art des situles des VIe-IVe s., ainsi qu’à l’art celtique de La Tène. Les uns comme les autres empruntent librement au répertoire classique (grec, proche-oriental, achéménide) des thèmes et des motifs qu’ils sélectionnent et adaptent à leur imaginaire, ne retenant que ce qui leur parle.
 
Ces représentations et leurs supports (immobilier/fresques et mobilier/ vases, miroirs, armes, parure, monnaies, harnachement, urnes, sarcophages, etc.) livrent un éclairage particulier sur certains personnages éminents comme le commanditaire qui use et exhibe les marqueurs de son statut social ou encore l’artisan, mémoire de savoirs techniques, qui les met en œuvre.

Les supports indissociables de l’univers des puissants, les thèmes iconographiques et la manière de les traiter que l’on retrouve sans grands changements sur la majeure partie de l’Europe, montrent qu’il ne s’agit pas là d’un simple art ornemental, mais d’un discours imagé, à caractère idéologique, magique et religieux. L’étude du phénomène monétaire, particulièrement complexe, relève autant de l’univers symbolique et de la propagande politique que de l’économique stricto sensu. Même si le déchiffrement de ce langage de signes et d’images se heurte à de nombreuses difficultés, l’analyse comparative offre la possibilité d’apprécier le caractère organisé de ces décors et de discerner l’existence de constantes, d’exceptions et d’équivalences.
La grande stabilité et le succès des répertoires iconographiques en usage dans le monde étrusco-italique et celtique nous conduisent enfin à nous interroger sur les modalités d’acquisition (emprunt, imitation, adaptation et transformation) et de diffusion de ces images (circulation de modèles, etc.). [voir axe transferS]
 
Au-delà du discours des images et de la qualité iconographique des représentations, nous pénétrons le monde des artisans, de la transformation de la matière (pierre, argile, métaux, bois, corail, ivoire, textile, etc.) et des savoir-faire techniques, qu’il s’agisse des arts du feu (poterie et coroplastie, chaudronnerie et forge, orfèvrerie, fabrication monétaire etc.), de la peinture (sur vase ou sur paroi) ou de la sculpture. Nous avons entrepris de restructurer toute une série de corpus typo-chronologiques sur divers mobiliers monnaies, armes, céramiques indigènes, céramiques hellénistiques et romaines d’Étrurie (étude de mobilier de fouilles de Musarna et Bolsena ; corpus CVA Musée du Louvre ; établissement d’une typochronologie complète pour la céramique du site de Musarna, dans le cadre d’un projet ANR Corpus ; approfondissement de l’étude de catégories spécifiques complétée par l’analyse des contenus dans le cadre du programme ANR MAGI (vases à miel, etc.).
 

Territoire, habitat, échanges

Si l’assise territoriale de la plupart des peuples de la péninsule italique est relativement bien définie, l’espace celtique paraît en revanche plus dilaté et difficile à cerner. Il varie dans le temps mais aussi dans l’espace suivant que l’on considère les récits des auteurs anciens, l’aire de répartition des inscriptions et de l’onomastique celtique, ou encore les vestiges de la culture matérielle autrement dit les mobiliers de tradition hallstattienne et laténienne. Les sources elles-mêmes insistent sur la mobilité de certains groupes de guerriers qui louent leurs services et tentent, avec plus ou moins de succès, de s’établir jusqu’en Étrurie, mais aussi dans des régions plus méridionales.
 
Les sources textuelles, les inscriptions et l’onomastique insistent sur l’ampleur des flux migratoires, supposés ou réels. Pour ce qui nous concerne on évoquera les migrations celtiques, le rôle des mercenaires celtes dans les armées des conquérants macédoniens, syracusains, puniques…, l’origine lydienne des Étrusques et leur installation dans la Plaine du Pô et en Campanie, la colonisation grecque en Méditerranée, l’expansion romaine et sa politique d’intégration des populations soumises. Il s’agit d’analyser les rapports structurels, sociaux et économiques, tissés entre les agglomérations et les terroirs environnants, où se développaient des activités agricoles et artisanales. En effet dans quelle mesure l’archéologie enrichit-elle la vision historique donnée par les textes ?

Notre équipe a acquis des compétences réelles sur l’analyse diachronique des territoires dans le cadre de l’ANR CELTECOPHYS, de PCR régionaux (PCR Berry ou PCR Sarthe). La collaboration avec l’entreprise Géocarta sera poursuivie. Un bilan des apports des différentes méthodes et outils maintenant à la disposition des archéologues et des historiens (exploitation des photos satellites, des données lidar, des prospections géophysiques, des cadastres, des diagnostiques et des fouilles programmées et de sauvetage) est en cours d’élaboration. Il associera des études de cas, des articles de synthèses et des articles de méthodes. Chronocarto, développé par notre équipe, permet de travailler en ligne à l’échelle du site et de l’intra-sites. L’impact de la combinaison de ces différentes approches sur la compréhension historique de l’évolution des territoires est très important et notre équipe poursuivra ses travaux dans ce sens, afin de comparer des fenêtres différentes, qui révèlent autant de « paysages économiques », leurs différents marqueurs et les modalités de l’occupation du sol dans un espace donné, de la Protohistoire au Moyen-Âge : plusieurs terrains seront privilégiés comme l’Auvergne et le Berry ( La Limagne, Chateaumeillant…) et en Italie, le Latium (Bomarzo, Montetosto près de Cerveteri, Castrum Novum, territoire de Tarquinia) … Un projet de convention avec l’ONF est en cours pour l’étude des Forêts-patrimoine sur les forêts domaniales de Tronçais (Allier) et de Bercé (Sarthe) Il s’agit là d’aborder la place qu’occupent les forêts anciennes ou récentes et le potentiel archéologique des principaux massifs.
 

Rites sociaux, pratiques funéraires et religieuses

Ils permettent de préciser l’identité de certains groupes, leur persistance dans le temps et les relations qu’ils ont entretenues avec des groupes voisins ou plus lointains. À plus court terme, ce sont le meilleur moyen d’étudier la cohésion d’ensembles de population. Les identités culturelles s’affirment particulièrement dans l’ensemble des pratiques rituelles que l’on peut reconstituer à partir des données archéologiques, de l’étude des mobiliers et de leurs contextes, de leurs contenus mais aussi par la confrontation des textes et des vestiges matériels. Ces approches sont maintenant bien intégrées dans les problématiques de l’équipe.
Par ailleurs, les études anthropologiques et maintenant paléogénétiques renouvelleront les études des relations de parenté à l’intérieur de groupes définis et synchrones. Progressivement, ces comparaisons génétiques devraient donner la possibilité d’affiner la définition de marqueurs de différentes populations. Nous souhaiterions développer deux nouveaux projets dans les années à venir, le premier est déjà financé par l’ANR, l’autre reste à formaliser, des contacts sont en cours.

 


 2. Axe : Hellénismes d’Asie et civilisations orientales

Membres de l’équipe

Direction de l’équipe de recherche : KAREV Yury (CR1, CNRS)

CNRS, ENS, EPHE
BOPEARACHCHI Osmund (DR2 émérite, CNRS) - DAN Anca Cristina (CR1, CNRS) - LECUYOT Guy (IR1, CNRS) - HOUAL Jean-Baptiste (IR, CNRS) - KAREV Yury (CR1, CNRS) - LERICHE Pierre (DR1 émérite, CNRS) - QUEYREL François (Dir. Etudes, EPHE) - RAPIN Claude (CR1, CNRS) - VERGER Stéphane (Dir. Etudes EPHE)
Autres
BELFIORE Stefano (Chercheur indépendant) - BERNARD Paul (DREM, Membre de l’Institut) - GRENET Frantz (PR, collège de France) - MARTINEZ-SÈVE Laurianne (PR Lille 3) - SCHILTZ Véronique (Membre de l’Institut) - FENET Annick (Docteur, chargée de missions) - LHUILLIER Johanna (Chargée de cours)

Grèce de l’Est, Grèce de l’Ouest

Cet axe repose principalement sur l’opération de terrain menée dans le cadre d’une mission du Ministère des Affaires étrangères, visant l’exploration des nécropoles et monuments funéraires des centres côtiers de l’Éolide, sous la direction de Stéphane Verger, en partenariat avec les équipes italienne et allemande actives sur ce terrain (programme ANR-DFG NEKROPERGEOL). S’y ajoute l’étude des découvertes plus anciennes – dont les céramiques mycéniennes de Milet par Julien ZURBACH, les objets métalliques archaïques du sanctuaire de Claros et de la ville de Kymè d’Éolide par Stéphane VERGER, les sculptures hellénistiques en marbre de Pergame par François QUEYREL (programme ANR-DFG EIKON). La documentation philologique, historique et archéologique concernant l’Éolide ainsi que la région des Détroits et de la mer Noire fait l’objet d’un réexamen par Anca DAN.
Depuis 2011, le séminaire « Grèce de l’est, Grèce de l’ouest. Migrations, colonisations, fondations » organisé par Mathilde MAHÉ, Rossella PACE et Stéphane VERGER à l’ENS présente les recherches récentes en philologie et archéologie de la Grèce d’Asie, dans une perspective plus globalement méditerranéenne, qui met l’accent sur la comparaison entre les deux périphéries opposées du monde colonial grec et sur les réseaux de relations qui existent entre elles de l’époque géométrique à l’époque hellénistique. Le séminaire « Les Transferts culturels : mode d’emploi », proposé à partir de 2012 par Anca DAN et François QUEYREL, met l’accent sur la méthodologie des études helléniques, en lien avec la thématique du Labex TransferS.

 


 3- Axe : Monde romain

Membres de l’équipe

Direction de l’équipe de recherche : BROUQUIER-REDDÉ Véronique (CR1, CNRS).

CNRS, ENS, EPHE
BALMELLE Catherine (DR émérite, CNRS) - BÉRARD François (ENS-EPHE). - BLANC Nicole (DR émérite, CNRS) - BRIDOUX Virginie (CR2, CNRS) - GURY Françoise (CR1, CNRS) - MALEK Amina-Aïcha (CR1, CNRS) - OMAR Idris (EPHE) - VIBERT-GUIGUE Claude (IR, CNRS)
Autres Institutions
BAZIN Bruno (ville de Chartres) - BRAHMI Néjat (Rectorat Caen) - BRISSAUD Laurence (Musée St Romain en Gal) - BURLOT Delphine (INHA) - CORMIER Sébastien (Vieil-Evreux, CG Eure) - COUTELAS Arnaud (Arkemine) - DUBOIS-PÉLERIN Eva (Paris) - GIRARDOT Sophie (Eveha) - GIRARDY-CAILLAT Claudine (SRA DRAC-Auvergne) - GROETEMBRIL Sabine (APPA-CEPMR, Soissons) - HUCHIN Raphaël (ville de Chartres) - LAUBRY Nicolas (Univ. Paris-Est) - LAVAGNE Henri (Acad. Inscr. Belles Lettres) - LECLERCQ S. (ville de Boulogne-sur-Mer) - LOISEAU Christophe (CDD, INRAP) - PRISSET Jean-Luc (Musée St Romain en Gal) - ROBIN Sylvie (Commission du Vieux-Paris) - SAVAY-GUERRAZ Hugues (Musée Lyon-Fourvière)
Accueil en détachement
BOUDOUHOU Nouzha (Univ. Oujda)
Doctorants, Docteurs et Post-Doctorants
AKERRAZ Aomar (INSAP Rabat, Maroc)

La Gaule lyonnaise est étudiée en associant les sources épigraphiques de la colonie de Lyon et des enquêtes plus archéologiques sur la vie religieuse, les espaces funéraires, les cités et les territoires. Les recherches sur l’Afrique du Nord, des royaumes indépendants aux provinces, prennent en compte les sources épigraphiques pré-romaines et latines, le fait urbain, les différents modes de construction et de structuration des espaces religieux, funéraires, domestiques et picturaux. Le territoire est l’objet d’une étude archéologique qui renouvelle la connaissance de l’interaction des populations antiques dans un espace géographique, écologique et économique avec un axe plus spécifique, l’archéologie du jardin. L’architecture et le décor sont envisagés sous divers aspects, d’abord dans les provinces romaines mais aussi en Italie, de la fouille au corpus, de leur représentation matérielle à leur expression textuelle ou à la circulation des savoirs et des objets qui les sous-tendent.

 

Archéologie et épigraphie de la Gaule lyonnaise

Corpus des Inscriptions Latines de Gaule Lyonnaise, en collaboration avec le Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière : inscriptions religieuses, impériales, sénatoriales, équestres de la colonie de Lyon.
On étudiera parallèlement la diffusion du modèle religieux romain dans une société provinciale, pour laquelle la Lyonnaise offre un observatoire privilégié, puisqu’elle réunit une colonie romaine (Lyon), de grandes cités gauloises depuis longtemps liées à Rome (comme les Eduens) et des cités moins romanisées, notamment dans l’ouest de la province. A Allonnes, préparation de la publication de la fouille programmée du sanctuaire de Mars Mullo (1994-2010) et de ses principales découvertes (autel de Mars), en liaison avec l’équipe de protohistoire ; à Chartres, une fouille triennale programmée du sanctuaire de Saint-Martin-au-Val est en cours ; les membres participent au réseau inter-institutionnel des sanctuaires de l’Ouest. Ces travaux seront développés dans le cadre du programme TranferS, en collaboration avec l’équipe « Religion, institutions et société de la Rome antique » du Collège de France, dirigée par J. SCHEID ; ils pourraient déboucher sur une table-ronde et fournir des sujets de recherche à des élèves ou jeunes chercheurs de l’ENS, par exemple sur telle cité ou sur telle divinité.
 
Monuments funéraires. Publication dans les Suppl. à Gallia de la synthèse Tombeaux et épitaphes de Lyonnaise. Contribution à l’étude de la romanisation des pratiques funéraires dans les provinces gauloises sous le Haut-Empire. Étude plus spécifique sur la topographie des nécropoles lyonnaises (en collaboration avec l’INRAP, le Service d’archéologie municipal de Lyon et la société Archéodunum). Révision des inscriptions conservées au Musée de Lyon et publication des textes nouvellement découverts, en préparation du futur corpus des inscriptions funéraires.
 
Territoires et cités : documentation épigraphique sur les cités des Ségusiaves, des Carnutes, des Cénomans (plaques fragmentaires du sanctuaire d’Allonnes) et des Namnètes en préparation des futurs volumes des ILGL. Étude des limites territoriales et de l’organisation interne des cités. A Chartres (Autricum), où les opérations archéologiques se sont multipliées depuis la création du service municipal en 2005, une reprise de l’ensemble des données, permettra de mieux cerner les évolutions et l’organisation de la ville antique entre le Haut-Empire et la fin du IVe siècle apr. J.-C.. Une synthèse des connaissances archéologiques sur Boulogne antique (Bononia-Gesoriacum) et sur son arrière-pays fait l’objet d’un projet éditorial et d’un SIG. Un projet d’une fouille d’une villa en France sous forme de chantier-école est à l’étude.

 

Archéologie de l’Afrique du nord : des royaumes indépendants aux provinces

(Aller à la rubrique)
Cette recherche s’appuie sur les travaux de terrain menés en coopération avec les Institutions maghrébines (INSAP, CNRA, INP), au Maroc à Kouass, en Algérie à Lambèse et en Tunisie à Thignica, ainsi que sur les acquis déjà publiés ou en cours de publication (Banasa, Lixus, Rirha, Volubilis, Dougga). L’UMR est porteuse de ces opérations ou y collabore. Elle se propose de fédérer les chercheurs des équipes françaises et maghrébines travaillant sur ces territoires avec lesquelles elle a déjà tissé des liens privilégiés ; des rencontres thématiques et des stages de formation (cf. infra) permettront de coordonner les problématiques de recherche en Afrique antique. La réflexion sur les provinces de Maurétanie, de Numidie et de Proconsulaire porte sur l’étude des édifices, des quartiers, des cités et de leur territoire, y compris les jardins et le rôle qu’ils jouent dans l’espace architectural et urbain. Elle prend en compte à la fois l’architecture et son décor, et les matériaux qui les constituent, le mobilier en contexte mettant en lumière un savoir-faire local ou provincial (artisanat, ateliers, …).
 
L’épigraphie néo-punique, latino-punique et latine de Tripolitaine continue à susciter des travaux, dont plusieurs sont en préparation. Une étude des marques et graffites sur céramique d’Afrique du Nord enrichira nos données sur l’économie, la religion et l’identité des populations de Maurétanie occidentale, en faisant mieux connaître la diffusion des langues et des pratiques. L’objectif sera ensuite d’élargir le cadre géographique à la Maurétanie orientale et au territoire de Carthage. Cet inventaire, réunissant documentation publiée et matériel inédit, pourra donner lieu à un corpus des marques et graffites phéniciens, puniques et néopuniques sur les vases en céramique et les amphores.
 
De l’architecture à l’urbain. L’étude de monuments publics et privés à Lambèse, à Thignica, à Kouass, cités de statut différent, permet d’envisager une enquête diachronique et de comprendre leur implantation dans un tissu urbain partiellement connu.
L’espace urbain sera appréhendé à partir de la réalisation d’un plan topographique et d’une étude des vestiges visibles dans ces trois villes.
Les sanctuaires de la cité de Thignica, qui en compte au moins sept, feront l’objet d’une étude qui débutera par celle du temple dit de Mercure (anonyme n° 2). Cette enquête complètera les connaissances déjà acquises à Dougga, Banasa, Volubilis, Lixus, en particulier sur la persistance d’un substrat maurétanien ou numide à l’époque romaine. Une étude parallèle des cultes des cités de Tingitane est en cours. Les fouilles du jardin dans la cour du sanctuaire de l’est de Thuburbo Majus affineront notre compréhension des espaces cultuels en Afrique (cf. infra).
Les espaces domestiques examinés à Lambèse et à Thignica, ainsi qu’à Rirha et à Kouass livrent une documentation inédite sur les systèmes constructifs, le décor et leur mise en œuvre. Le mobilier abondant découvert dans les espaces de stockage (cellier) d’une riche domus de Lambèse relance l’étude de la circulation de la céramique à l’échelle des provinces d’Afrique et de la Méditerranée ; la publication d’un quartier de Zilil offrira un exemple plus tardif dans un contexte d’habitat plus modeste et les maisons de Volubilis des points de comparaison.
 
L’étude des installations artisanales et des productions visera à préciser l’intégration de la Maurétanie dans la sphère économique romaine, en particulier le contrôle des circuits commerciaux du « Cercle du Détroit » par les négociants romains. Elle implique de développer la connaissance des ressources et des productions maurétaniennes depuis le Ve s. av. J.-C. jusqu’à l’annexion par Rome en l’an 40 ap. J.-C. et de les confronter avec celles de l’Ibérie. L’élaboration des typo-chronologies de l’abondant mobilier préromain de Kouass et des ateliers de potiers de Banasa, qui sont archéologiquement bien datés, permettra de confronter des faciès maurétaniens et ibériques. Les recherches effectuées sur les sites de Zilil, Rirha et Lixus seront intégrées à cette enquête, qui pourra s’étendre également aux productions d’époque romaine de Volubilis, Rirha et Lambèse. La caractérisation des centres de production de céramique de Banasa et de Kouass, depuis l’époque maurétanienne jusqu’à l’époque médiévale, demande des analyses archéométriques qui définiront les spécificités techniques de chacun de ces ateliers et permettront de déterminer leurs aires de diffusion respectives.

 

Géo-archéologie des paysages, archéologie des jardins

(Aller à la rubrique).
L’étude géoarchéologique des paysages antiques permet d’obtenir des connaissances nouvelles sur le fonctionnement hydrologique actuel et passé des secteurs choisis. Une étude géomorphologique et morphosédimentaire devra être menée à l’échelle de la plaine de l’oued Tahadart autour de Kouass (existence d’une ancienne lagune correspondant sans doute au golfe Kôtes mentionné dans les textes anciens) et dans les bassins-versants de l’oued Bou Khabouzene à Lambèse et de l’oued Khaled à Thignica, afin d’évaluer la mobilité des paysages, des environnements et des flux hydrosédimentaires entourant les cités durant les périodes historiques. Des investigations plus poussées seront effectuées sur des sédiments qui pourront fournir de précieuses indications paléoenvironnementales et sur l’évolution des oueds. On étudiera les sources autour des cités et leurs débits, ainsi que les risques liés aux oueds. Grâce à un croisement avec les données climatiques collectées, les variations quantitatives des ressources en eau actuelles seront mieux appréhendées. Dans les cités de Lambèse et de Thignica ou dans l’île italienne de Nisida, l’enquête croisera les résultats de l’analyse géomorphologique et la documentation archéologique sur les édifices (maisons, thermes, villas), les ouvrages hydrauliques (fontaines, latrines), les lieux de stockage (bassins, citernes), le réseau (aqueduc, canalisations, château d’eau).
Parallèlement à ces travaux, les fascicules de la Carte archéologique du Maroc, I Bassin du Sebou et II Région de Zilil intègreront les résultats géo-archéologiques obtenus dans la plaine du Gharb et autour de Volubilis et Zilil-Kouass.
 
Archéologie du jardin. A la suite de la parution du Sourcebook for Garden Archaeology et de la création de la Society for Garden Archaeology, ce programme sera consacré aux méthodes de fouille qui appréhendent le jardin comme un environnement construit, un écosystème spécifique exigeant un entretien constant, modelé selon une culture particulière. Cette définition attire l’attention sur les dimensions écologiques et biologiques du jardin, qui offre ainsi des possibilités d’étude de la transformation anthropique de la nature, des espèces vivantes, des adaptations à de nouvelles formes de la culture. Cette archéologie ouvre sur l’histoire de la technologie, de la botanique, de l’horticulture et des établissements humains, dépassant largement l’étude du jardin en soi. En coopération avec l’université de Cornell (Ithaca, NY), des fouilles de jardins seront entreprises dans des contextes différents, en Afrique du Nord (jardins du Temple de l’Est à Thuburbo Majus et de la Maison des Nymphes à Neapolis,Tunisie), en Jordanie (Petra Garden Project L-A BEDAL), en Gaule (projet de fouille d’une villa), en Italie dans la région vésuvienne (jardin du grand péristyle de la villa d’Ariane à Stabies et jardin d’une maison à Pompéi). Elles ont pour objectif de sensibiliser les fouilleurs à la présence de cet espace parfois difficile à étudier et de les guider dans le choix d’une stratégie opératoire qui associe différentes techniques d’investigation et de préservation. Si les vestiges des jardins sont très fragiles, l’expérience a montré leur capacité de survie dans des contextes très divers où on les croyait perdus.

Horti Luculliani (Pincio) : préparation de la publication des tomes 2 (voir infra) et 3 (le nymphée de la Trinité des Monts), étude du matériel et fouilles préventives éventuelles, en coll. avec l’EFR et la Soprintendenza archeologica di Roma.

 

Architecture et décor :

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réflexion synthétique sur l’interaction entre mosaïques, peintures murales, stucs, et leur articulation avec l’architecture.
L’architecture du monde romain, quel que soit son matériau (brique, moellons, caementicium, terre, bois, rupestre, rocher) est fondée sur le revêtement. Décor et architecture sont conçus comme un tout indissociable. Techniquement, le revêtement est nécessaire ; formellement, il donne son identité à l’édifice, lui confère un statut et façonne son espace. Le décor souligne l’espace architectural et induit une expérience spatiale, aussi bien dans les édifices publics que privés.

 

Le décor s’inscrit dans une société, avec son économie, ses formes de production, ses systèmes de pensée. Véhicule de transmission de pouvoirs et d’idées, l’image demande à être décryptée, comme les textes qui l’accompagnent. Elle est une clef pour appréhender l’esthétique et les habitudes visuelles des sociétés qui l’ont produite.
Le rapprochement des sources écrites et des vestiges ouvre sur de nouvelles perspectives, particulièrement dans l’approche historique de la réception du décor.

Cadre chronologique et géographique :

  • De l’époque hellénistique jusqu’au haut Moyen-Age, des Macédoniens aux Omeyyades (-IV + VIIIe), ce dépassement des limites de la civilisation romaine, s’est progressivement imposé et a montré sa validité dans les publications récentes.
  • Royaumes hellénistique et Empire romain (France, Italie, Espagne, Suisse, Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Syrie, Jordanie, Palestine, Liban, Afghanistan).
  • Cultures d’Afrique (cf. Bilan) est financé dans ce cadre.
  • « Décor in situ », l’analyse des formes soulignera l’importance des traces de circulations techniques et iconographiques, en étudiant la manière dont les études les ont considérées depuis le XIXe s.Plus d’informations sur le programme de recherche.
     

 4- Axe : Cultures de l’écrit

Membres de l’équipe

Direction de l’équipe de recherche : MAUDUIT Christine.

CNRS, ENS, EPHE
BAUDOIN Anne-Catherine (AGPR ENS) - BÉGUIN Daniel (PRAG ENS) - BÉLIS Annie (DR1 CNRS) - DAIX David Arthur (PRAG ENS) -DESCOTES Pierre (AGPR ENS) - FLECK Frédérique (MCF ENS) - MARQUIS Emeline (CR2 CNRS) - MAUDUIT Christine (PR1 ENS) - MAHÉ Mathilde (MCF ENS) - PETIT Daniel (PR1 ENS) - RAMBOURG Camille (MCF ENS) - TREDÉ Monique (PR cl. exc.émérite ENS) - TRINQUIER Jean (MCF ENS)

Thématiques de l’écrit dans les mondes antiques

Par documentations écrites, il est fait référence non seulement à la production littéraire proprement dite en langue grecque ou en langue latine, mais également à leurs prolongements et à leurs liens extérieurs, incluant la transmission des textes antiques au Moyen-Âge (en particulier dans le domaine arabe), les rapports complexes du grec et du latin avec d’autres langues (rapports génétiques dans une perspective de linguistique indo-européenne, ou rapports géographiques par le contact linguistique), ainsi que les différents usages épigraphiques des langues classiques et leur signification historique.

 

L’équipe « Cultures de l’écrit » a également pour vocation de contribuer à un rapprochement des différentes approches de l’Antiquité classique, les recherches portant sur les corpus littéraires pouvant par exemple bénéficier de l’apport de l’archéologie ou de l’épigraphie et vice-versa ; il n’existe aucune frontière entre l’étude des textes et l’étude des realia, ni entre ces deux formes de recherche et la recherche linguistique, qui tient également une certaine place dans notre équipe.
Pour une conception de l’Antiquité ouverte incluant les marges du monde antique, en termes de corpus littéraire (littérature gréco-latine tardive et patristique, transmission arabe des textes classiques) ou d’analyse linguistique (langues indo-européennes, contact avec les langues sémitiques).
 

  • La linguistique ancienne : étude linguistique des corpus antiques latins et grecs.
    La linguistique ancienne est notamment envisagée à la fois sous l’angle de la comparaison indo-européenne (rapprochement du grec et du latin avec les langues qui leur sont apparentées, tant sur le plan phonétique et morphologique que sur le plan syntaxique) et sous l’angle des apports de la linguistique générale (par exemple sur les formes du discours rapporté ou sur la grammaticalisation). L’approche ici défendue part du principe que l’étude des corpus écrits de l’Antiquité peut être enrichie par ces perspectives externes (historiques et générales)
     
    La recherche linguistique de l’ENS, s’appuient d’abord sur une connaissance précise et l’analyse des langues classiques, le grec (D. Petit) et le latin (F. Fleck,). Les travaux portent plus spécifiquement sur la variation linguistique interne, dans le domaine de la dialectologie grecque, et sur les manifestations littéraires de cette variation linguistique. Les travaux de D. Petit ont porté en particulier sur les spécificités de la langue employée par les principaux auteurs de haute époque, Homère et Hésiode. Les recherches publiées pour certaines dans Lalies, la revue rattachée à l’équipe, s’accompagnent d’une formation pratique à la recherche sous la forme d’un séminaire d’élèves consacré au texte homérique.
    Le deuxième axe développé dans les dernières années est celui de l’exploitation dans données concernant les langues antiques classiques dans le cadre de la linguistique générale. F. FLECK s’est attachée à mener ce type de recherches à propos du latin, notamment en mettant l’accent sur l’usage des théories de l’énonciation dans le cadre de la linguistique latine. Elle a publié son doctorat sur l’interrogation et la subordination en latin.
  • La linguistique historique : grammaire comparée des langues indo-européennes et reconstruction de l’ancêtre linguistique commun au grec et au latin.
    La linguistique historique est développée par des travaux sur la syntaxe historique des langues indo-européennes et sur des langues indo-européennes, anciennes (sanskrit, grec, latin) et modernes (lituanien, albanais, germanique). Elle vise à renouveler la linguistique indo-européenne par l’ouverture aux recherches aréales et typologiques. Des recherches sont également menées sur l’évolution des structures syntaxiques (phénomènes de lexicalisation, grammaticalisation, réanalyse, influence analogique).
  • La linguistique générale et typologique : étude du langage dans toutes ses composantes, en particulier la syntaxe et la pragmatique.
    La linguistique générale et typologique est représentée par des travaux sur l’énonciation en latin (indices d’hétérogénéité énonciative, évidentialité), sur la valeur pragmatique des connecteurs en latin. Certains travaux sont également consacrés à l’histoire de la linguistique (linguistique au XIXe siècle, notamment).
    Parmi les projets en cours, des travaux sur l’hétérogénéité énonciative, ainsi que la rédaction d’une monographie d’introduction à la syntaxe historique des langues indo-européennes.

 

Ces trois perspectives ne sont pas exclusives les unes des autres, mais apparaissent étroitement mêlées.

 

Parmi les projets en cours, des travaux sur l’hétérogénéité énonciative, ainsi que la rédaction d’une monographie d’introduction à la syntaxe historique des langues indo-européennes.

Du texte au contexte. Édition, interprétation et réception des œuvres antiques

Personnes engagées dans ce thème de recherches :
Annie BÉLIS, Anne-Catherine BAUDOIN, David-Artur DAIX, Pierre DESCOTES, Frédérique FLECK, Mathilde LENCOU-BARȆME, Émeline MARQUIS, Camille RAMBOURG.
 
Cet axe de recherche a le texte pour objet. Il recouvre tout le champ de la philologie et s’intéresse aussi bien aux conditions de création des textes littéraires antiques et aux formes qu’ils prennent, qu’à la manière dont il sont lus et interprétés au cours des âges. Il aborde ainsi les problématiques d’établissement, de transmission et de réception des textes antiques. Différents types de textes sont envisagés, dans les domaines païen et chrétien, principalement en langue grecque et en langue latine. Les problématiques abordées impliquent d’examiner le contexte (linguistique, culturel, historique, etc.) dans lequel un texte donné est produit, transmis, lu et interprété. La perspective est nécessairement diachronique : si l’étude porte sur les textes littéraires de l’Antiquité, les questions de traduction, de transmission et de réception conduisent à s’intéresser à la postérité de ces textes à d’autres périodes : Moyen-Âge, Renaissance, époque moderne et contemporaine. Ainsi, les chercheurs qui travaillent sur ce thème convoquent des données issues de disciplines variées et relatives à différentes périodes temporelles. Ils mettent aussi en œuvre des compétences techniques et utilisent des outils et des méthodologies spécifiques : paléographie, codicologie, ecdotique, stemmatique, etc.
 
Les textes antiques sont examinés sous plusieurs aspects. Le premier de ces aspects est l’étude matérielle de ces textes : l’examen des papyrus littéraires et des manuscrits qui les transmettent (ainsi que de la tradition imprimée). Cette étude matérielle vise principalement à la réalisation d’éditions critiques : on cherche à restituer l’état le plus ancien possible du texte. Les éditions en projet concernent l’époque classique (David-Artur DAIX, Démosthène. Harangues et plaidoyers politiques), l’Empire romain (Mathilde SIMON, Tite-Live. Livre X ; Émeline MARQUIS, Lucien de Samosate, 55-57 et les Lettres de Phalaris), la littérature chrétienne (Anne-Catherine BAUDOIN, Actes apocryphes de Pilate) et l’époque byzantine (Camille RAMBOURG, Scholies de Stéphanos à la Rhétorique d’Aristote). Dans tous ces cas, une traduction française est associée au texte grec. Le but visé est la production d’un matériel scientifique qui puisse servir d’outil de travail pour des recherches futures.
 
De plus, pour comprendre un texte dans sa singularité, il faut pouvoir le replacer dans son contexte linguistique, historique, littéraire. Il faut comprendre les conditions qui ont conduit à son élaboration. L’exégèse est donc fondamentale pour l’appréciation des textes ; et elle prend le plus souvent la forme d’un commentaire, linéaire ou thématique. Aux commentaires qui accompagneront les éditions mentionnées ci-dessus s’ajoutent différents projets. Camille RAMBOURG a entrepris un commentaire du livre III de la Rhétorique d’Aristote visant en particulier à mettre en évidence ses sources. Anne-Catherine BAUDOIN est chargée de l’identification des sources grecques de la Catena aurea de Thomas d’Aquin, un texte qui contribua à assurer la connaissance dans l’Occident médiéval des auteurs chrétiens de langue grecque. Mais l’on ne saurait faire de l’exégèse moderne sans s’intéresser à la pratique ancienne du commentaire et à ses évolutions. Ainsi, plusieurs chercheurs travaillent sur des textes qui sont eux-mêmes des commentaires : commentaire de Servius au chant VII de l’Énéide (Mathilde SIMON) ; scholies de Stéphanos à la Rhétorique d’Aristote (Camille RAMBOURG) ; commentaire augustinien du psaume 118 ; Augustinus de Jansenius, traité sur la théologie de Saint Augustin (Pierre DESCOTES).
 
Ces commentaires témoignent aussi de ce que fut la postérité des œuvres qu’ils cherchent à expliquer et de ce fait, ils conduisent à s’interroger sur la réception des textes classiques. Un texte n’est pas lu de la même manière à toutes les époques. Ce dernier aspect du travail sur les textes antiques vise à comprendre comment la Rhétorique d’Aristote, l’Énéide de Virgile, les dialogues de Lucien ou l’œuvre d’Augustin ont été lus et comment ils ont pu marquer, chacun à leur manière, l’histoire de la littérature. Enfin, le séminaire « Anachronies », organisé au titre du DSA et de l’UMR 8546 par Frédérique FLECK, en partenariat avec le département Littérature et langage de l’ENS et l’atelier littéraire Fabula, s’intéresse à la réception moderne des textes antiques et au dialogue entre antiquisants et modernistes à partir des théories littéraires modernes.

 

« Anachronies » : textes anciens et théories modernes :

La réception moderne des textes antiques et au dialogues entre antiquisants et modernistes à partir des théories littéraires modernes.
À travers la notion d’« anachronie », moins dépréciative que celle d’« anachronisme », on s’y interroge sur les modalités possibles de la rencontre entre approche théorique et texte ancien, sur ce qu’elle permet de mettre en lumière et ce qu’elle laisse nécessairement dans l’ombre. Tandis que la crainte de commettre un anachronisme retient souvent le commentateur de textes anciens (antiques, médiévaux, classiques) d’employer les outils que lui fournit la théorie contemporaine, le théoricien a tendance à considérer que les textes anciens n’offrent que des illustrations parmi d’autres des catégories transhistoriques qu’il élabore.
Le séminaire de rentrée d’Anachronies pour l’année 2012-2013 a été organisé autour de Carlo GINSBURG sur le thème « Le donné et le construit ». Il sera suivi d’autres séances, parmi lesquelles une autour de Peter SZENDY en janvier 2013. La publication des actes des séminaires est régulièrement effectuée en ligne sur le site de Fabula (www.fabula.org).
L’équipe a aussi été associée à l’organisation des rencontres internationales sur les « Humanités numériques outre-Atlantique : édition des textes et recherche interdisciplinaire », qui ont eu lieu en 2012 à l’initiative du labex TransferS.

 


 5- Axe : Économie(s) pré-moderne(s)

Membres de l’équipe

Direction de l’équipe de recherche : ZURBACH Julien (MCF, ENS-Paris)

CNRS, ENS, EPHE
DEPEYROT Georges (DR2, CNRS) - DESSALES Hélène (MCF, ENS-Paris) - LEROUXEL François (MCF, Paris IV) - ZURBACH Julien (MCF, ENS-Paris)- - BUCHSENCHUTZ Olivier (DR1, CNRS) - GRUEL Katherine (DR1, CNRS) - LAÜT Laure (MCF, Université Paris 1) - [SALANOVA Laure (DR2, CNRS).

 

L’histoire économique a été marquée par quelques principes fondateurs impulsés par ses promoteurs dont celui bien connu de la longue durée : le changement ne pouvant se mesurer qu’à l’aune des lentes évolutions sociales. Les grandes enquêtes initiées et poursuivies dans l’esprit de l’École des Annales donnent la primauté à une zone géographique, parfois limitée et à l’analyse d’une vaste période. La démographie historique en est la meilleure illustration. Ce paradigme reste aussi celui de la micro-histoire construite en réaction contre les vastes enquêtes.
Si le phénomène de la « longue durée » au sein de la vision braudéliennne est largement intégré dans les démarches (qu’il soit accepté ou refusé), celui de la « vaste échelle » [1] reste moins évident. Certes, l’époque de Marc BLOCH était celle des mondes fragmentés, d’un bloc soviétique fermé, d’une Asie imperméable. La notion « d’économie-monde » de Braudel renvoie implicitement à des ensembles homogènes, séparés et animés par leurs propres dynamiques. Depuis la chute du Mur de Berlin, le redécoupage des frontières européennes, l’ouverture au commerce des pays de l’ex-URSS, l’arrivée des pays asiatiques sur les marchés mondiaux, le développement des transports (des supertankers aux avions ou TGV), des échanges d’informations (internet) ont à nouveau insisté sur la nécessaire prise en compte des diverses zones dans le monde et sur leur nécessaire comparaison.
 
Depuis la création des Annales, les champs d’étude se sont diversifiés et complexifiés : l’étude des vestiges matériels est devenue une science rénovée par l’apport des disciplines scientifiques et l’abondance des informations renouvelle les approches. Les concepts ont été modernisés par des contributions majeures, comme celles de POLANYI (1944) ou de FINLEY (1973).
 
Cet axe Économie(s) n’a pas pour objet de structurer ou favoriser une approche spécifique et homogène, mais à favoriser l’émergence de nouveaux lieux de débats, pouvant concerner plusieurs périodes ou zones géographiques dans le but de dégager invariants et évolutions, convergences ou divergences. C’est avant toute chose un lieu d’échanges destiné à faciliter toutes les recherches. À ce titre, économie(s) s’intègrera dans le LabEx TransferS qui correspond parfaitement à ses orientations.
Économie(s) intégre immédiatement trois thèmes qui seront ultérieurement complétés par d’autres :

  • Le changement dans les économies antiques méditerranéennes (1000 avant J.-C.-1000 après J.-C.) (J. ZURBACH).
  • Techniques et économies de la construction (H. DESSALES). Plus d’informations sur le programme.
  • La monétarisation des sociétés (G. DEPEYROT).