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Journées de Protohistoire Celtique de l’ENS-Paris

K. GRUEL et T. LEJARS


Dernière modification : 6 septembre 2017

Bilan 2013-2017 : 8e J.P.C. (artisanat), 9e J.P.C. (identité et société), 10e J.P.C. (dépôts et stockage), 11e J.P.C. (funéraire ), 12e J.P.C. (structures sociales et politiques)


 Etablissements à vocation artisanale et réseaux d’échanges en Europe celtique entre Hallstatt et La Tène (VIe et Ve s. av. J.-C.).


8e édition « Journée de protohistoire Celtique de l’ENS-Paris »
7 juin 2013, Collège de France, amphithéâtre Guillaume BUDÉ

Thème 2013
La fin de la période hallstattienne voit le développement, à côté des résidences princières, d’établissements de moindre importance, non fortifiés, parfois densément occupés, et clairement orientés vers la production de biens manufacturés (métallurgiques en particulier). On s’interrogera sur la situation socio-économique de ces établissements et on cherchera à identifier les groupes sociaux moteurs dans ce processus et les conséquences de ces changements, économiques notamment, sur le mode de vie des Celtes du Ve s.

  • 9h30 - Thierry LEJARS (CNRS)/ Katherine GRUEL (CNRS) – présentation
  • 10h00 - Raffaele De MARINIS (Université de Milan) – l’agglomération étrusque du Forcello à Bagnolo san Vito, près. de Mantoue.(Lombardie)
  • 10h40 - Stefania CASINI (Musée archéologique de Bergame) – L’agglomération protohistorique de Côme (Lombardie)
  • 11h20 - Marica VENTURINO (Surintendance archéologique du Piémont) Le site protohistorique de Villa del Foro, près d’Alessandria (Piémont)
  • 12h00 - Philippe CURDY (musée de Sion) – Le site de Brig-Glis Gamsen (canton du Valais, Suisse).
  • 14h00 - Daniela UGOLINI (CNRS) – Béziers I : entre Méditerranée et Continent.
  • 14h40 - Stéphane CARRARA (Service archéologique de la ville de Lyon) - Les activités artisanales d’une agglomération proto-urbaine du Ve s., à Lyon : Structures, déchets et productions.
  • 15h20 - Jean-Loup FLOUEST – Bragny-sur-Saône, centre de production métallurgique et d’échange au confluent triple Saône/Doubs/Dheune.
    16h00 - pause
  • 16h15 - Régis LABEAUNE (Inrap) – Un atelier de forge dans un village du Vème siècle av. J. -C. à Talant (Côte d’Or) .
  • 16h55 - Olivier BUCHSENSCHUTZ (CNRS) – L’agglomération protohistorique de Bourges (Cher)
  • 17h35 – Conclusion – Stéphane VERGER (Ephe)

 _ Paraître et modes vestimentaires des Celtes de l’âge du Fer


9e édition « Journée de protohistoire Celtique de l’ENS-Paris »
Jeudi 5 juin 2014, de 9h30 à 18h30, Amphi Rataud (2ème sous-sol NIR), École normale supérieure, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris

Thème 2014
Paraître et modes vestimentaires des Celtes de l’âge du Fer
Katherine GRUEL et Thierry LEJARS

  • 9h30 - Thierry LEJARS (CNRS, AOrOc, UMR 8546, Ens Paris) / Katherine GRUEL (CNRS, AOrOc, UMR 8546, Ens Paris). Présentation
    thierry.lejars@ens.fr, katherine.gruel@ens.fr,
  • 10h00 - Philippe BOISSINOT (EHESS, Traces – UMR 5608 Université de Toulouse II). philippe.boissinot@free.fr

Genre et identités : des concepts utiles pour aborder le paraître des protohistoriques ?

Si l’on veut dépasser la constitution de dossiers, avec des rubriques préétablies concernant le vêtement, la parure et les styles corporels, il peut être souhaitable de se référer aux débats contemporains des sciences sociales. Le paraître des individus s’y décline en particulier selon des concepts plus généraux, comme celui de règle (culturelle), de public/privé, de genre et d’identités collectives et personnelles. Ces termes ont connu des extensions récentes que l’on ne peut ignorer, lesquelles ne sont pas dépourvues d’effets heuristiques, même si elles n’ont pas été construites pour des sociétés proches de celles que l’on voudrait ici étudier. Leur application à des situations protohistoriques - que l’on qualifiera par la prépondérance des documents archéologiques, un maigre corpus iconographique et des témoignages textuels indirects - pose en effet un certain nombre de problèmes, que l’on peut tenter de clarifier avec les ciseaux de l’analyse épistémologique. On évitera ainsi les écueils de l’inadéquation, l’obsession de la cohérence ou encore les généralisations abusives, tout en ouvrant sur de nouvelles pistes interprétatives. On en proposera une démonstration à propos de la compréhension des rites funéraires.

  • 10h40 - Claude MORDANT (Artehis, UMR 6298, Université de Bourgogne). Claude.mordant@u-bourgogne.fr,

Paraître et modes vestimentaires à l’âge du Bronze. L’exemple de la France orientale du XVe au Xe siècle av. notre ère

Les témoignages directs de vêtements pour ces périodes dans l’espace considéré sont absents, mais il faut toujours garder en mémoire les exceptionnels vêtements des sépultures en cercueil du Danemark. Dans cette situation, les considérations vestimentaires s’appuient essentiellement sur les parures métalliques (bronze surtout, or parfois), mais aussi d’ambre et de verre. Autre difficulté aussi, la diversité des contextes dont ces ensembles sont issus : sépultures, dépôts ou trouvailles isolées.
Sur la base de quelques exemples, on tentera de suivre, la variabilité dans le temps et l’espace des parures représentatives du genre, du statut voire également des particularismes régionaux.
La Culture des Tumulus du Bronze moyen et l’étape ancienne du Bronze final, avec leurs sépultures « habillées » fournissent des bases de données étoffées (Dynamique du Bronze moyen 1989 ; ROTTIER et ali 2012) ; l’étape moyenne avec la généralisation de la crémation des corps s’avère plus difficile à appréhender, mais certains dépôts de bronzes comme Blanot (Côte-d’Or) (THEVENOT 1991, VERGER 1996, VERGER et ali 2007) donnent matière à discussion sur ces mêmes thèmes et leur appréhension dans le temps lorsque les données changent radicalement.

Références bibliographiques :
Dynamique du Bronze moyen 1989. - Actes du 113ème Congrès national des Sociétés savantes, Strasbourg 1988, CTHS, Paris.

  • ROTTIER S., PIETTE J. et MORDANT C. (dir.) 2012. - Archéologie funéraire du Bronze final dans les vallées de l’Yonne et de la haute Seine : les nécropoles de Barbey, Barbuise et La Saulsotte, Art, Archéologie et Patrinoine, Editions universitaires de Dijon, Dijon.
  • THEVENOT J.P. (Dir.) 1991. - L’âge du Bronze en Bourgogne. Le dépôt de Blanot (Côte-d’Or), Supplément à la Revue archéologique de l’Est, n°11, Dijon.
  • VERGER S. 1998. - Les trois âges de la dame de Blanot, in MORDANT C., PERNOT M., RYCHNER V. (dir.), L’atelier du bronzier en Europe du XX è s. au VIII è s. avant notre ère, t.III, Production circulation et consommation du bronze, actes du colloque “ Bronze’96 ”, Neuchâtel et Dijon, CTHS et CRTGR Université de Bourgogne, Paris, 1998, p. 33-40.
  • VERGER S., DUMONT A., MOYAT P. et MILLE B. 2007. - Le dépôt de bronzes du site fluvial de La Motte à Agde (Hérault), Jahrbuch des Römisch-Germanischen Zentralmuseums Mainz, 54, p. 85-171.
  • 11h20 - Pierre-Yves LAMBERT (CNRS, AOrOc, UMR 8546, Ens Paris).
    Pierre-Yves.Lambert@ens.fr,

Les vêtements dans l’Irlande ancienne : le vocabulaire, et la signification du vêtement

On essaiera de présenter les termes les plus courants employés dans les descriptions littéraires, et l’utilisation du thème des couleurs pour l’identification ou la reconnaissance d’un personnage ou d’un groupe. Tartans et kilts existent certainement déjà dans l’Irlande ancienne, le drap de laine étant le principal tissu employé. En fait, bien avant les troupes galloises qui, dit-on, auraient porté les premiers uniformes durant la Guerre de Cent ans, les couleurs des vêtements ont été utilisées pour distinguer des clans ou des
appartenances.

  • 12h00 - Sandra PÉRÉ-NOGUÈS (Traces – UMR 5608 Université de Toulouse II) et Emilie DUBREUCQ (Traces – UMR 5608 Université de Toulouse II).
    perenog@univ-tlse2.fr, emiliedubreucq@yahoo.fr,

Femmes « méditerranéennes » et femmes « celtiques »

Costume, parure, accessoires sont autant d’éléments qui déterminent les interprétations des archéologues sur la place des femmes dans les sociétés anciennes. La mise en parallèle d’un corpus rassemblant quelques tombes féminines provenant de contexte méditerranéen et européen du premier âge du fer permet de s’interroger sur la valeur des informations que livrent certains objets parfois jugés comme exceptionnels. En d’autres termes, il s’agira de comprendre ce que ces objets nous disent du statut de la femme, de ses rapports avec la communauté à laquelle elle appartenait, et plus généralement ce qu’ils enseignent du point de vue de l’identité de genre.

Références bibliographiques :

  • M. CUOZZO, Reinventando la tradizione : immaginario sociale, ideologie e rappresentazione nelle necropoli orientalizzanti di Pontecagnano, Paestum, Pandemos, 2003.
  • M. CUOZZO, « Interpretazione delle necropoli e questioni di genere nell’archeologia italiana : il caso di Pontecagnano », dans L. PRADOS-TORREIRA et Cl. RIUZ-LOPEZ (eds), Arqueología del género. 1er Encuentro Internacional en la UAM, 2008, p. 105-138
  • M. DIAZ-ANDREU, « Género y arqueología : una nueva síntesis », dans M. Sánchez Romero (ed.), Arqueología y género, Grenade, 2005, p. 13-51.
  • A. GUIDI et M. CUOZZO, Archeologia delle identità e delle differenze, Roma, Carocci, 2013.
  • P.-Y. MILCENT, « Statut et fonctions d’un personnage féminin hors norme », dans C. ROLLEY (dir.), La tombe princière de Vix. Picard, Paris, 2003, p. 312-327.
  • P.-Y. MILCENT, Le premier âge du Fer en France centrale, Paris, Mémoire XXXIV de la Société Préhistorique Française, 2004.
  • S.M. NELSON, Handbook of gender in archaeology, AltaMira Press, 2006.
  • S. PÉRÉ-NOGUÈS, « Le genre au prisme de l’archéologie : quelques réflexions autour de la “Dame de Vix” », Les Cahiers de Framespa [en ligne]. 7 | 2011 (http://framespa.revues.org/660)
  • N. Chr. STAMPOLIDIS et M. GIANNOPOULOU (eds), Princesses of the Mediterranean in the dawn of history [exposition Athens, Museum of Cycladic Art], Museum of Cycladic Art, Athènes, 2012.
  • S. VERGER, « Qui était la Dame de Vix ? Propositions pour une interprétation historique », dans M. CEBEILLAC-GERVASONI, L. Lamoine, Les élites et leurs facettes. Les élites locales dans le monde héllénistique et romain. Colloque de Clermont-Ferrand, 24-26 novembre 2000, Rome, École Française de Rome, E.F.R. 309, E.R.G.A. 3, 2003, p. 583-625.
  • S. VERGER et L. PERNET (dir.), Une odyssée gauloise : parures de femmes à l’origine des premiers échanges entre la Grèce et la Gaule [exposition, site archéologique Lattara-Musée Henri-Prades, Lattes, 27 avril 2013-12 janvier 2014, Musée de Bibracte, Saint-Léger-sous-Beuvray, mars-novembre 2014], Errance, Arles, 2013.
  • 14h00 - Luca TORI (Musée national suisse, Zurich).
    Luca.Tori@slm.admin.ch,

Paraître et modes vestimentaires dans les Alpes centrales

L’intervention présente les principales lignes de recherche développées dans une thèse de doctorat qui a été présentée conjointement à l’École pratique des hautes études de Paris (F) et à l’Université de Zurich (CH) et qui est consacrée à la reconstruction des vêtements féminins dans les sociétés protohistoriques établies dans l’arc alpin central (Tessin, Valais et Grisions en Suisse ; Val d’Ossola en Italie).

Le vêtement, défini par l’ensemble des objets portés sur le corps, y compris la parure, et par la manière de les porter, est analysé à travers différentes approches : en tant qu’expression du genre, de l’âge et du rôle social de la personne qui le porte, en tant que marqueur de l’identité du groupe au niveau régional et en tant qu’« armure de protection » contre les influences négatives. Ces différentes perspectives aboutissent à une vision diversifiée du vêtement et du son histoire et touchent en particulier à l’identité des sociétés protohistoriques alpines à l’âge du Fer.

Références bibliographiques
Paraître et modes vestimentaires

  • ARNOLD, B., 2002, Sein und Werden : Gender as Process in Mortuary Ritual. In° : S. NELSON/M. ROSEN-AYALON (éd.), In Pursuit of Gender, Worldwide Archaeological Approaches, Walnut Creek, p. 239-256.
  • ARNOLD, B., 2008 Reading the Body : Geschlechterdifferenz im Totenritual der frühen Eisenzeit. In° : Kümmel, Ch., Schweizer, B., Veit, U. (éd.), Körperinszenierung - Objektsammlung - Monumentalisierung : Totenritual und Grabkult in frühen Gesellschaften, Tübinger Archäologische Taschenbücher 6, Münster/New York/München/Berlin , p. 375-395.
  • BURMEISTER, S., 2000, Geschlecht, Alter und Herrschaft in der Späthallstattzeit Wurttembergs, Tübinger Schriften zur Ur- und Frühgeschichtlichen Archäologie, 4, Münster/NewYork/München/Berlin.
    DELAPORTE, Y., 1980, Le Signe vestimentaire, L’Homme, 20/3, 1980, p. 109-142.
  • Nakoinz O., 2005, Studien zur räumlichen Abgrenzung und Strukturierung der älteren Hunsrück-Eifel-Kultur, Universität Prähistorische Forschung, 118, Bonn.
  • PAULI, L., 1975, Keltischer Volksglaube : Amulette und Sonderbestattungen am Dürrnberg bei Hallein und im eisenzeitlichen Mitteleuropa, Münchner Beiträge zur Vor- und Frühgeschichte, 28, München.
    Alpes centrales
  • De MARINIS, R.C., BIAGGIO SIMONA, S. (éd.), 2000, I Leponti. Tra mito e realtà, vol. 2, Dadò, Locarno.
  • DUVAL, A., (1991), Les Alpes à l’âge du Fer. Actes du Xe colloque sur l’âge du Fer, Yenne-Chambéry, Édition du centre national de la recherche scientifique, Paris.
  • TORI, L., à paraître, Vestiti femminili in area centro-alpina nel I millennio a.C. Tra archeologia sociale ed antropologia. In° : La distinction par le costume. De la fabrication à la représentation. École Pratique des Hautes Études, Paris.
  • 14h40 – Emilie MILLET (Inrap Grand-Est-Nord, Artehis, UMR 6298, Université de Bourgogne).
    emilie.millet@inrap.fr,

Paraître et modes vestimentaires entre Champagne et Rhin moyen.

La communication vise à présenter certains résultats d’une thèse de doctorat, qui avait pour objet d’analyser et caractériser le costume funéraire des populations celtiques implantées dans les régions bordant le Rhin moyen et supérieur (France orientale, Sud-Ouest d’Allemagne, Nord de la Suisse), entre le Ve et le IIIe siècle avant J.-C. Le propos sera étendu à certaines régions limitrophes, en particulier la Champagne-Ardenne.
L’étude revient à s’interroger sur la dimension sémiologique du costume funéraire et plus particulièrement sur son rôle de vecteur identitaire.

Fondée sur les enseignements des disciplines ethnologiques et sociologiques, la méthodologie repose sur un système d’analyses croisées, prenant en compte la morphologie et la syntaxe du costume (catégorie des objets, position sur le corps, effectif, typologie) et les données issues de l’anthropologie de terrain (sexe et âge au décès du porteur). Des cas concrets illustreront la discussion et mettront l’accent sur le « système de signes » qu’est le costume. Il s’agira en effet de montrer le rapport qu’entretiennent les objets constitutifs du costume avec les identités individuelles (sexe, classe d’âge, état familial, etc) et collectives (appartenance régionale, culturelle, ou communautaire) des populations celtiques.

  • 15h20 – Christophe MOULHÉRAT (Musée du quai Branly, Paris).
    christophe.moulherat@free.fr,

Tissus et habillement.

  • 16h00 - Jean-Paul GUILLAUMET (Artehis, UMR 6298, Université de Bourgogne).
    jean-paul@guillaumet.fr,

L’image des Celtes dans la sculpture gauloise.

Les travaux de synthèse sur l’ensemble des représentations humaines connues en Europe tempérée du Hallstatt au début de l’époque romaine sont encore en cours d’élaboration. Cependant, il apparaît déjà des attitudes et des évolutions dans le vêtement et le port d’objets appelés la plupart du temps attributs. Dans notre communication, nous présenterons ces changements, marqueurs de détenteurs de pouvoir.

Références bibliographiques

  • BONENFANT 1998 : BONENFANT, Pierre-Paul ; GUILLAUMET, Jean-Paul - La Statuaire anthropomorphe du premier age du fer. Besançon : Presses Universitaires Franc-Comtoises, 1998. (Annales Littéraires de l’Université de Franche-Comté (ALUB) ; 667 / série archéologie et préhistoire ; 43).
  • GUILLAUMET 2009 : GUILLAUMET, Jean-Paul - Chronologie et stylistique de la statuaire du VIIe au IVe av. J.-C. du domaine non méditerranéen. GRUAT, Philippe, ed. ; AGOGUÉ, Olivier, coll. ; GARCIA, Dominique, coll. : Stèles et statues des Celtes du Midi de la France (VIIIe - IV s av. J.-C.), p. 64-66. Rodez : Conseil général de l’Aveyron, 2009.
  • 16h40 - Olivier BUCHSENSCHUTZ (CNRS, AOrOc, UMR 8546, Ens Paris).
    buchs@ens.fr,
    Conclusion - L’image du Gaulois.

 _ Dépôts et stockage en Europe au premier millénaire avant notre ère

10e édition « Journée de protohistoire Celtique de l’ENS-Paris »
Jeudi 4 juin 2015 de 9h30 à 18h, Salle des Conférences, École normale supérieure, 46, rue d’Ulm, 75005 Paris

  • 10h15 - Patrice BRUN (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / ARSCAN Umr 7041)
    patrice.Brun@univ-paris1.fr

Bilan d’étape de l’ANR DEPOMETAL

Le programme DEPOMETAL a pour titre complet : « Base de données interdisciplinaires (archéologie/archéométrie) pour la caractérisation des dépôts
non funéraires métalliques (France, fin IVe mill.-fin Ier s. av. J.-C.) ». Il est financé par l’ANR dans le cadre des appels d’offre dits « Corpus ». _ Il réunit une vingtaine de participants, dont deux CDD et s’achèvera le 31 mars 2016.
Trois axes sont suivis : 1) élaborer une base de données des dépôts non funéraires à composante métallique, 2) préciser l’évolution des innovations métallurgiques, 3) élucider la/les signification(s) sociale(s) de cette pratique de dépôt.
La focalisation sur les dépôts non funéraires résulte du rôle crucial des dépôts non funéraires dans la connaissance de ces sociétés. Ils regroupent, en effet, les objets les plus nombreux, les plus prestigieux et les plus élaborés techniquement pour ces périodes. La question de l’évolution des innovations métallurgiques a joué un rôle majeur dans la périodisation et la conceptualisation de la pré- et protohistoire, structurées par les techniques : lithique, cuivre, bronze et fer.
Tout projet de cette envergure suppose l’élaboration d’une base de données exploitable. Le propos consiste ici à les réunir, les uniformiser, les normaliser et leur ajouter les résultats d’analyses de composition élémentaire, afin de disposer d’un outil utilisable sous la forme d’une base de données client/serveur. Le caractère innovant de ce programme est d’abord de transcender les découpages traditionnels par périodes, par régions, ou par matériaux, et d’échapper ainsi aux déterminismes simplistes. Il est ensuite, plus concrètement : a) de rassembler des données, en particulier de compositions élémentaires métalliques, qui ne l’ont jamais été à cette échelle, b) de créer une interface webmapping aux possibilités multiples : l’interrogation spatiale de la base (sélection de sites par la carte et l’objet géographique prédéfini), l’obtention du résultat des requêtes sous formes tabulaires et cartographiques, avec un export en format de données tabulées, graphiques et SIG, la consultation via une connexion directe par des logiciels SIG open source, le développement de modules d’analyse de données, directement dans l’interface web ou dans des plug-ins.

Bibliographie
BRUN P. - Représentations symboliques, lieux de culte et dépôts votifs dans l’est de la France au Bronze final et au 1er âge du Fer. in Archäologische Forschungen zum Kultgeschehen in der jüngeren Bronzezeit und frühen Eisenzeit Alteuropas, Universitätsverlag Regensburg GMBH, Bonn : Habelt, 1996, 183-201.
BRUN P., AUBRY F., GIRAUD F., LEPAGE S. - Dépôts et frontières au Bronze final en France. Boletín del Seminario de Estudios de Arte y Arqueología,LXIII, Université de Valladolid, 1997, 97-114.
BRUN P. - La signification variable des dépôts funéraires et des dépôts non funéraires de l’âge du Bronze. in BOURGEOIS J., BOURGEOIS I., CHERRETTE B. (eds) - Bronze Age and Iron Age Communities in North-Western Europe, Bruxelles : Koninklijke Vlaamse Academie van Belgie voor Wetenschappen en Kunsten, 2003, 61-73.
BRUN P., AUBRY L., GALINAND C., PENNORS F., QUENOL V., RUBY P. - Elite and prestige goods during the early and middle Bronze Age in France. MELLER H., BERTEMES F. (eds) - Der Griff nach den Sternen. Wie Europas Eliten zu Macht und Reichtum Kamen, International Symposium (16-21 02-2005), Halle : Landesamt für Denkmalpflege und Archäologie Sachsen-Anhalt – Landesmuseum für Vorgeschichte Halle, 2010, 199-206.

  • 10h55 - Eugène WARMENBOL (Université Libre de Bruxelles)
    Eugene.Warmenbol@ulb.ac.be

Les dépôts des âges du Bronze et du Fer en Belgique et dans le sud des Pays-Bas : constantes et variantes.

Les dépôts d’objets métalliques en milieu humide, tout particulièrement d’armes offensives, est bien attesté en Belgique et dans le sud des Pays-Bas au Bronze final. Toutefois, contrairement à ce qui est communément admis, la pratique ne disparaît pas avec le premier âge du Fer, comme l’attestent les découvertes faites tant dans l’Escaut que dans la Meuse. Il n’a, bien sûr, jamais été question de « récupérer » ces objets.
Les dépôts « classiques », qui sont fortement standardisés dans ces régions au Bronze final, réunissent souvent haches et parures, avec parfois des déchets de coulée en sus. Ils ne disparaissent pas non plus avec l’époque de Hallstatt, comme en témoigne la trouvaille récente de Beerse, dans un contexte d’habitat. Il semble qu’il n’y ait jamais eu non plus l’intention de les remettre « en circuit ».
Nous nous interrogerons par ailleurs sur la nature des dépôts d’objets métalliques dans les grottes de Haute Belgique, ce qui nous permettra de présenter pour la première fois les découvertes faites dans les années ’60 dans la Grotte de la Wamme, à Rochefort, « oubliées » depuis dans les tiroirs d’un groupement de spéléologues amateurs.

Bibliographie

FONTIJN D. - Sacrificial Landscapes. Cultural Biographies of Persons, Objects and ‘Natural’ Places in the Bronze Age of the Southern Netherlands, c. 2300–600 BC, Leiden, 2003 (=Analecta Praehistorica Leidensia 33/34).
HUTH C. - Poor Belgium, rich Belgium. Some reflections on the nature of metalwork deposits in the Late Bronze Age and Early Iron Age, in BOURGEOIS J., BOURGEOIS I. & CHERRETÉ B. (éds) - Bronze Age and Iron Age Communities in North-Western Europe, Bruxelles, 2003, 39-60.
VAN IMPE L. - Een depot met kokerbijlen uit de Plainseau- kultuur (late Bronstijd) te Heppeneert-Wayerveld (Maaseik), Archeologie in Vlaanderen, 4, 1995, 7-38.
VAN IMPE L. - De schat van het konijn : het bronsdepot van Lutlommel-Konijnepijp (Gem. Lommel, prov. Limburg), Archeologie in Vlaanderen, 5, 1999, 7–40.
VAN IMPE L. - DELARUELLE, S., HERTOGHS, S., SCHELTJENS, S. & BERVOETS, G., Een bronsdepot uit de vroege ijzertijd aan de Beekakkers in Beerse (prov. Antwerpen, België)’, Lunula. Archaeologia protohistorica 19, 2011, 61-7.
WARMENBOL E. - Deux dépôts de haches à douille découverts en province d’Anvers, in Les relations entre le Continent et les Iles Britanniques à l’âge du Bronze. Actes du Colloque de Lille dans le cadre du 22e Congrès Préhistorique de France (2/9 au 7/9/1984), Amiens, 1987, 133-149.
WARMENBOL E. - Le matériel de l’âge du Bronze : Le seau de la drague et le casque du héros, in WARMENBOL E., CABUY Y., HURT V. & CAUWE N. - La collection Edouard Bernays. Néolithique et âge du Bronze, époques gallo-romaine et médiévale, Bruxelles, 1992 (Monographie d’Archéologie Nationale, 6), 67-122.
WARMENBOL E. - Natures mortes. Les dépôts subaquatiques de Han-sur-Lesse (Belgique), in BONNARDIN S., HAMON C., LAUWERS M. & QUILLIEC B. (dirs.) - Du matériel au spirituel. Réalités archéologiques des « dépôts » de la Préhistoire à nos jours. Actes des XXIXe Rencontres Internationales d’Archéologie et d’Histoire d’Antibes, 16-18 octobre 2008, Antibes, 2009, 143-154.
WARMENBOL E. & Leclercq W. - Les débuts de l’âge du Fer en Belgique. Chronologie relative, chronologie absolue, in ROULIERE-LAMBERT M., DAUBIGNEY A., MILCENT P.-Y., TALON M. & VITAL J. (éds.) - De l’âge du Bronze à l’âge du Fer en France et en Europe occidentale (Xe-VIIe siècle av. J.-C.). La moyenne vallée du Rhône aux âges du Fer. Actes du XXXe colloque international de l’AFEAF, co-organisé avec l’APRAB, Saint-Romain-en-Gal, 26-28 mai 2006, Dijon, 2009, 373-384.
http://www.l1.nl/nieuws/250497-unieke-bronsschat-gevonden-echt-susteren

  • 11h35 - Hélène BLITTE (Doctorante - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Trajectoires Umr 8215)
    helene.blitte@malix.univ-paris1.fr

Variabilité temporelle et spatiale des dépôts non funéraires de l’âge du Bronze en Europe

Attestés dans l’ensemble de l’Europe, les dépôts non funéraires de l’âge du Bronze (2200 – 800 av. J.-C.) posent encore à l’heure actuelle un certain nombre de problèmes d’interprétation. En effet, ces ensembles majoritairement métalliques présentent une très grande variabilité temporelle et spatiale, aussi bien du point de vue du contenu que de celui de leur fréquence. Les objets ainsi rassemblés peuvent être entiers ou fragmentés, neufs ou usagers, et appartenir à une ou plusieurs catégories fonctionnelles, telles que des haches, de la parure, des éléments dits de « prestige » ou encore des armes. Mis au jour en milieu aussi bien terrestre qu’aquatique ou humide, ces dépôts livrent de un à plusieurs centaines d’objets, abandonnés volontairement. L’hypothèse privilégiée à ce jour pour expliquer ce phénomène est celle d’offrandes votives, déposées par les élites ou sous leur égide, dans le but de légitimer ou renforcer leur pouvoir. Ainsi, les périodes de crises socio-économiques ou d’instabilité politique ont probablement fait l’objet d’une intensification de cette pratique.
Cette communication propose un tour d’horizon de la pratique en s’appuyant sur des analyses statistiques réalisées dans le cadre d’un travail de thèse. Ils couvrent l’ensemble de l’âge du Bronze et portent sur cinq zones-échantillon : le Massif armoricain élargi, le seuil de Bourgogne, le Danemark, le Mittelelbe-Saale-Gebiet et les Carpates occidentales.

Bibliographie

BRADLEY R. - The passage of arms : an archaeological analysis of prehistoric hoards and votive deposits, Oxford, Royaume-Uni, Oxbow Books, 1998, 234 p.
FOKKENS H., HARDING A. (dir) - The Oxford handbook of the European Bronze Age, 1. ed., 1. impression., Oxford, Oxford Univ. Press, 2013, 979 p.
HANSEN S. - Hort und Raum : aktuelle Forschungen zu bronzezeitlichen Deponierungen in Mitteleuropa, Berlin [u.a.], De Gruyter, (Topoi, 6), 2012, 255 p.
KRISTIANSEN K. - Europe before history, Cambridge, Royaume-Uni, Cambridge  : Cambridge University press, 1976-, 2000, 505 p.

  • 14h00 - Philip DE JERSEY (Guernsey Museum)
    philip.dejersey@cultureleisure.gov.gg

Les dépôts monétaires de la Grande Bretagne : nouvelles recherches sur quatre cents ans de découvertes

On a trouvé environ trois cents cinquante trésors de la monnaie celtique dans la Grande Bretagne, depuis le milieu du dix-septième siècle. Le taux de découvertes a augmenté de manière significative depuis les années soixante-dix, en raison surtout de l’accroissement de l’usage de détecteurs de métaux. Mais le paradoxe de cette augmentation est que nous avons un manque très grave d’informations sur le contexte de la plupart des découvertes.

En dehors de ces problèmes, il est possible de pointer les principales orientations : un pic net dans la thésaurisation après de la Guerre des Gaules, par exemple, ou la possibilité d’une continuation d’utilisation des monnaies de l’Age du Fer durant la période romaine, dans quelques régions du pays. On voit aussi des tendances intéressantes dans les lieux de dépôt, avec une préférence marquée pour la déposition juste au-dessous d’un sommet.

Bibliographie

DE JERSEY P. - Coin Hoards in Iron Age Britain (London, Spink/British Numismatic Society) 2014.

  • 14h40 – Stéphane VERGER (EPHE / AOROC, Umr 8546, Ens Paris)
    Stephane.verger@ens.fr

Les dépôts du Premier âge du Fer dans le domaine hallstattien.

  • 15h20 – Luca TORI (Musée national suisse, Zurich)
    Luca.Tori@snm.admin.ch,

Entre refonte et circulation complexe : les dépôts d’objets métalliques dans l’arc alpin entre le VIe siècle et le début du IVe av. J.-C.

Les régions alpines ont livré, entre le VIe et le IVe siècle av. J.-C., une quinzaine de dépôts d’objets métalliques répartis dans quatre aires géographiques et culturelles : Lombardie et Tessin, Vénétie, vallée de l’Adige, vallée de l’Inn.
Fouillés et documentés à des époques et selon des modalités différentes, ces ensembles se caractérisent par une composition variée : lingots, déchets de fabrication, produits semi-finis, objets en relation avec la fonte du bronze, objets manufacturés plus anciens et étrangers au contexte local ainsi qu’objets manufacturés propres au contexte régional.
L’occurrence d’une catégorie ou d’une autre et l’association entre elles permettent de formuler des hypothèses concernant la formation et la fonction originaire de chaque dépôt et, surtout, la circulation et les échanges de bronze entre la plaine du Pô et les régions situées au Nord des Alpes.

Bibliographie

GLEISCHER P. - Campo Paraiso, Un Brandopferplatz tipo Rungger Egg ?, in : L’archeologia preistorica e protostorica dell’area prealpina e centroalpina con particolare riferimento alla Valpolicella e alla Valdadige. Att. Conv. Fumane 1991. Annuario Storico Valpolicella. Fumane 1991/1993, 111-134.
SCHINDLER M. P. - Der Depotfund von Arbedo (TI). Antiqua 30. Basel 1998.
SYDOW W. - Der hallstattzeitliche Bronzehort von Fließ im Oberinntal, Tirol (FÖMat A 3). Horn 1995.
VERGER St. - A propos des vieux bronzes du dépôt d’Arbedo. Essai de séquençage d’un ensemble complexe, dans BATAILLE G. et _ GUILLAUMET J.-P. (éd.) - Les dépôts métalliques au second âge du Fer en Europe tempérée. Actes de la table ronde de Bibracte, 13-14 octobre 2004. Glux-en-Glenne, 2006, 23-55.
https://www.academia.edu/1067906/A_propos_des_vieux_bronzes_du_d%C3%A9p%C3%B4t_dArbedo._Essai_de_s%C3%A9quen%C3%A7age_dun_ensemble_complexe

  • 16h00 - Caroline VON NICOLAI (Ludwig-Maximilians Universität München)
    c.v.nicolai@vfpa.fak12.uni-muenchen.de,

Dépôts et objets isolés de montagnes : le cas des Alpes orientales

L’aire de diffusion de la culture de Fritzens-Sanzeno dans les Alpes orientales (Tyrol du Nord, Tyrol du Sud et Trentino) est caractérisée à la fin du premier, et plus particulièrement au second âge du Fer, par la découverte d’un certain nombre de dépôts et d’objets isolés en milieu alpin, en dehors des zones habitées, à une hauteur comprise entre 800 et plus de 2000 m. Ce phénomène s’inscrit dans une longue tradition attestée depuis le Néolithique avec une importance variable durant la protohistoire. Localisés dans des situations topographiques souvent extrêmes, les assemblages de mobiliers et d’objets isolés de l’âge du Fer permettent de s’interroger sur les raisons de leur abandon, intentionnel ou non, leur localisation et plus généralement à la notion du « dépôt ». Dans cette communication nous envisagerons non seulement la situation topographique et le contexte immédiat des dépôts et objets isolés rencontrés en milieu alpin, mais aussi leur composition, et leurs rapports avec d’autres types de sites de ces mêmes régions, tels que les habitats, les chemins, les cols alpins et les lieux de culte. Parmi ces derniers, ce sont tout particulièrement les « Brandopferplätze » (ou « roghi votivi » en italien), les lieux de culte emblématiques de la culture de Fritzens-Sanzeno marqués par l’incinération des offrandes, qui retiendra enfin notre attention.

Bibliographie

DEMBSKI G., LIPPERT A. - Keltische und römische Passopfer am Mallnitzer Tauern. Archäologisches Korrespondenzblatt 30, 2, 2000, 251–268.
NEUBAUER W., STÖLLNER TH. - Überlegungen zu bronzezeitlichen Höhenfunden anhand eines kürzlich in der Ostschweiz gefundenen Vollgriffmessers. Bericht des Römisch-Germanischen Zentralmuseums Mainz 41, 1994, 95–144.
STEINER H. (Hrsg.) - Alpine Brandopferplätze. Archäologische und naturwissenschaftliche Untersuchungen (Trento 2010).
ZEMMER-PLANK L. (Hrsg.) - Kult der Vorzeit in den Alpen. Opfergaben, Opferplätze, Opferbrauchtum. Schriftenreihe der Arbeitsgemeinschaft Alpenländer. Neue Folge 10 (Bozen 2002).

  • 16h40 - Conclusion

 _ La tombe celtique princière de Lavau et les usages funéraires des élites des peuples de l’antiquité (fin du VIes. - début du IVes. av. J.-C.

11e édition « Journée de protohistoire Celtique de l’ENS-Paris »
Vendredi 20 mai 2016, 9h - 18h, salle des Actes, École normale supérieure, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris
Thème 2016

  • 9h30 - Thierry Lejars (Cnrs, AOrOc) / Katherine Gruel (Cnrs, AOrOc) – présentation
  • 10h Bastien DUBUIS (Inrap, ArteHis) et Emilie MILLET (Inrap, Aoroc), avec la coll. de David JOSSET (Inrap, Aoroc) et Céline VILLENAVE (INRAP)
    Le complexe funéraire monumental de Lavau (Aube) : une nouvelle manifestation du phénomène « princier » au Vème siècle avant notre ère

La fouille de Lavau « Zac du Moutot » dans l’Aube a été réalisée entre octobre 2014 et avril 2015 par une équipe de l’Inrap dirigée par B. Dubuis. Elle a mis au jour une nécropole monumentale remontant à la fin de l’âge du Bronze et occupée jusqu’à l’époque gallo-romaine (Dubuis et al. 2015). Cette occupation diachronique prend place en bordure du plateau crayeux champenois, à un peu plus d’un kilomètre au nord-est du centre-ville actuel de Troyes, et domine d’une vingtaine de mètres la vallée de la Seine.
Au Vème siècle av. notre ère, la nécropole accueille un monument hors du commun par sa taille (l’ensemble se développe sur près d’un hectare) et son architecture, associant un large réseau de fossés doublés de talus, et un tumulus de 40 m de diamètre. Les fossés partagent le monument en deux espaces, l’un dédié aux « ancêtres », l’autre réservé au tertre abritant la sépulture d’un personnage « hors-norme ». Celui-ci est inhumé au centre d’une chambre rectangulaire habillée de bois, sur la caisse d’un char à deux roues, non démonté. Sa parure est digne des plus hautes élites aristocratiques celtiques, en témoignent le torque et les deux bracelets en or, mais aussi les perles en ambre, le brassard en roche fossile, et les nombreux accessoires du vêtement, en fer, en or et en ambre. Les particularités du costume funéraire et en particulier l’assemblage des parures ont pu orienter, au moment de la fouille, vers le genre féminin. L’étude ostéo-anthropologique en cours conduit néanmoins à déterminer ce personnage « princier » comme étant de sexe masculin.
Le dépôt de vaisselle, riche d’une douzaine de pièces en bronze (pour la plupart des importations étrusques, d’autres plus orientales), permet d’appréhender la pratique du banquet chez les élites celtiques locales. Les analyses chimiques des résidus organiques présents dans le chaudron ont par ailleurs permis de déterminer la boisson consommée.
Le dépôt funéraire de Lavau reprend le standard mis en place plusieurs générations auparavant avec la tombe de Hochdorf, en associant un char, des parures en or et de la vaisselle d’importation (Verger 2015). Cependant, la présence d’un char à deux roues reflète la datation tardive de cet ensemble. Ainsi, l’examen préliminaire des éléments de parure, des accessoires vestimentaires et des pièces d’assemblage du char, conduisent à dater cette sépulture de La Tène A1, soit au moins une à deux générations après celle de Vix. L’absence d’armement constitue une caractéristique remarquable de cet ensemble hors du commun, qui se présente comme une manifestation paroxysmique du phénomène princier.

DUBUIS B., JOSSET Da., MILLET E. et VILLENAVE C., « La tombe princière du Ve siècle avant notre ère de Lavau « Zac du Moutot » (Aube)), B.S.P.F. 112, vol. 2, 2015, p. 371-374.

VERGER S., « L’âge du Fer ancien : l’Europe moyenne avant les Celtes historiques (800 – 400 av. J.-C.) », in O. Buchsenschutz (dir.), L’Europe celtique à l’âge du Fer (VIIIe – Ier siècles), collection Nouvelle Clio, 2015, p. 75-176.

  • 11h00 - Stéphane VERGER (EPHE, AOrOc)
    Les sépultures aristocratiques de Champagne
  • 11h40 – Gadea Cabanillas della Torre (INP, Aoroc)
    Les élites des VI-Vème s. a. n. e. dans la péninsule Ibérique : expressions funéraires des évolutions sociales.

Les VIème-Vème siècles avant notre ère constituent un moment clé dans la protohistoire de la péninsule Ibérique. Parfois perçu comme une période de crise, c’est à ce moment que les territoires ethniques mentionnés plus tard par les sources écrites commencent à se développer. Les élites se trouvent au cœur de ces mutations. Si elles ne s’expriment pas toujours à travers le domaine funéraire, celui-ci demeure une source majeure pour comprendre les évolutions sociales de cette période, qui s’accompagnent de basculements dans les rapports de ces populations avec le monde méditerranéen. On peut donc se demander dans quelle mesure ces circonstances rapprochent ces élites ou les éloignent des celles du monde celtique continental, qu’il s’agisse du domaine celtique ou ibérique de la péninsule. Cette problématique sera abordée à travers les signes de richesse et de pouvoir qui suscitent des débats quant à la notion de crise. Elle permettra également de retracer l’origine des tombes à armement et à parure typiques du Second âge du Fer. La question des identités de genre et d’appartenance permettent enfin d’analyser les expressions funéraires des élites de cette période comme indicateurs des ruptures et des continuités dans les sociétés de l’âge du Fer de la péninsule Ibérique.

  • 14h20 - Amalia FAUSTOFERRI (Surintentendance archéologique des Abruzzes)
    Les usages funéraires aristocratiques en Italie médio-adriatique, au VIe et Ve s. avant notre-ère

Des monuments funéraires sont attestés dans les Abruzzes depuis au moins le Xe s. av. J.-C, comme en témoigne la nécropole découverte à Paludi di Celano (prov. de L’Aquila), mais la qualité des mobiliers qu’ils contiennent varie avec le temps.
Les dépôts sous de petits tertres délimités par un cercle de pierres ou de gros blocs font ensuite leur apparition aux VIIIe et VIIe s. av. J.-C. à Fossa, Bazzano et Scurcola Marsicana, où ont souvent été trouvés de grands alignements de stèles aniconiques qui sont considérés comme les précurseurs des stèles et statues anthropomorphes de la période Archaïque. Parmi ces dernières, on peut mentionner la statue du Guerrier de Capestrano qui se signale en particulier par son état de conservation exceptionnel. Des tumulus individuels sont ensuite attestés aux VIIe et VIe s. av. J.-C. à Campovalano, où la fosse faisait place à une sorte de chambre pouvant aussi accueillir un char, mais Campovalano constitue toujours un cas particulier dans le paysage culturel de la région. On observe dans les Abruzzes internes des changements radicaux à partir de la seconde moitié du VIIe s. avec la réutilisation d’anciens tumulus « individuels » pour l’implantation de nouvelles sépultures et l’apparition de monuments de type familial. C’est à cette phase qu’appartient la statue du Guerrier de Capestrano. On notera que les individus inhumés dans ces véritables tombeaux de « famille » endossent un équipement tout à fait identique à celui de la célèbre statue.
Le système politique dont ces sépultures sont l’expression est marqué par d’importants changements à l’aube du Ve s. av. J.-C, quand les monuments tumulaires disparaissent et les assemblages funéraires connaissent pendant quelques décennies une réduction et une simplification drastique.

  • 15h00 - Sophie DESCAMPS (Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines)

Sépultures des élites en Grèce du Nord : le Ve siècle avant notre ère.

Les « tombes macédoniennes » viennent immédiatement à l’esprit lorsqu’on évoque l’architecture funéraire de la Grèce du Nord. Ces monuments grandioses, caractérisés par l’adoption de la voûte à claveaux, n’apparaissent cependant qu’après le milieu du IVe siècle avant notre ère. À même époque, les élites n’abandonnent ni les tombes à ciste ni celles à fosse des siècles antérieurs. L’inhumation côtoie la crémation. Ce sont les offrandes funéraires et les indices de rituels qui signalent les sépultures les plus riches.
Deux sites – Aigai, première capitale du royaume, et Aiani en Haute Macédoine – ont livré des tombes royales, de la fin du VIe siècle et du Ve siècle avant notre ère. Il a été proposé d’identifier la « Dame d’Aigai », femme prêtresse somptueusement parée ensevelie dans une tombe à fosse vers 500, avec la mère d’Alexandre Ier. Les terres de remblai d’une sépulture féminine à ciste, mise au jour également dans l’îlot « des Reines » et datée de 480 environ, contenaient vingt-six têtes de terre cuite, grandeur nature, brisées et jetées après l’accomplissement d’une cérémonie. Les tombes à ciste de la nécropole royale d’Aiani offrent, au Ve siècle, les premiers témoignages d’une architecture funéraire monumentale.

Karamitrou-Mentessidi, G., Aiani, Archaeological sites and the museum, Aiani-Kozani, 2008.
Cat. exp. Heracles to Alexander the Great. Treasures from the Royal Capital of Macedon, a Hellenic Kingdom in the Age of Democracy (Ashmolean Museum, Oxford, 7 April-29 August 2011), A. Kottaridi, S. Walker, eds, Oxford, 2011, p. 53, 131-152, 156-158.

Cat. exp. Au royaume d’Alexandre le Grand. La Macédoine antique (Paris, musée du Louvre, 13 octobre 2011-16 janvier 2012), S. Descamps-Lequime, éd., Paris, 2011, p. 275-282.

  • 15h40 - Alain THOTE (EPHE)
    Quelques pratiques funéraires dans les milieux aristocratiques de la Chine aux VIe-début IVe s. av. J.-C.

Les monuments de l’âge du Bronze (XVIe-IIIe s. av. J.-C.) n’ont guère laissé de traces en Chine, étant construits dans des matériaux périssables. En revanche, les tombes des élites princières, souvent très bien préservées, sont d’une richesse considérable, ce qui permet d’entreprendre une étude fine des pratiques funéraires. Après avoir donné un aperçu général des sites les plus importants, une analyse de quelques faits significatifs et des changements apparus lors de cette période charnière sera faite.

  • 16h20 - Patrice BRUN (Université Paris I Panthéon-Sorbonne, MAE, ArScAn)
    La signification sociale des pratiques funéraires : esquisse de conclusion

La question de la signification sociale des pratiques funéraires a évolué depuis le 19e siècle en quatre étapes correspondant aux courants dominants de la recherche :
1) L’archéologie traditionnelle a d’abord vu ces pratiques comme la preuve d’une croyance en une vie post mortem, et comme une manifestation identitaire et affective.
2) L’archéologie processuelle y a vu une manifestation de l’attachement sociétal, territorial et hiérarchique au sein de chaque société.
3) L’archéologie postprocessuelle y voyait une manifestation moins de la réalité que de l’idéologie de chaque société.
4) L’archéologie processuelle-duale y voit une manifestation reflétant la hiérarchie sociétale dans un cas, l’unité solidaire dans l’autre.
Je vais développer plus particulièrement, à partir d’exemples concrets, l’approche postprocessualiste, avant de présenter la perspective processuelle-duale qui s’avère très porteuse depuis quelques années aux USA où elle est devenue dominante.

  • 17H Conclusion

12e édition « Journée de protohistoire Celtique de l’ENS-Paris »

Vendredi 19 mai 2017, 9h - 18h, salle des Actes, École normale supérieure, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris
Thème 2017
Évolution des structures sociales et politiques, de l’âge du Bronze à La Tène finale, approches archéologiques, littéraires, historiques.

  • 9h00 - Accueil des participants
  • 9h30 - Thierry LEJARS (Cnrs, Aoroc)/ Katherine GRUEL (Cnrs, Aoroc) – Présentation.
  • 10h00 – Sophie KRAUSZ (MC, UMR 5607 Ausonius, Université de Bordeaux Montaigne)
    Trois modèles de formation des territoires du Néolithique à l’âge du Fer en région Centre-Val de Loire.
  • 10h45 – Réjane ROURE (MC, UMR 5140 ASM, Université Paul Valéry, Montpellier III)
    Les structures sociales du Second âge du Fer en Celtique méditerranéenne à travers le prisme des pratiques rituelles.
  • 11h30 – Eneko HIRIART (Post-doctorat, Casa de Valasquez)
    Les agglomérations artisanales d’Europe : l’émergence d’une monétarisation des échanges dès le IIIe s. av. J.-C. ?
  • 12h15 – Déjeuner…
    - 14h30 - Alexis GORGUES (MC, UMR 5607 Ausonius, Université de Bordeaux Montaigne)
    Morphogénèse et morphodynamique des communautés protohistoriques du nord-ouest de la Méditerranée au Ier millénaire av. J.-C.
  • 15h15 – Lionel PERNET (Directeur du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire de Lausanne)
    Le rôle social et militaire de la monnaie dans l’évolution de la société celtique du second âge du Fer.
    - 16h00 - Manuel FERNÁNDEZ-GÖTZ (PhD, Lecturer in Archaeology, School of History, Classics and Archaeology, University of Edinburgh)
    Réseaux sociaux à la fin de l’âge du fer : des familles aux États-peuplades.
  • 16h45 – Discussion.
  • Thierry LEJARS (Cnrs, AOrOc)/ Katherine GRUEL (Cnrs, AOrOc) – Présentation.

Les textes classiques comme les rares inscriptions gauloises confrontés aux témoignages matériels permettent de reconstituer l’évolution des structures sociales et politiques des communautés protohistoriques. Au début de l’âge du Fer, le développement d’une société hiérarchisée se manifeste par de riches sépultures et des agglomérations dans lesquelles coexistent groupes aristocratiques et milieux artisanaux prospères. Les générations suivantes créent à partir du IVe siècle une culture originale caractérisée par un habitat rural dispersé, des campagnes intensivement exploitées et un art abstrait (adapté au bois, au métal et à la céramique). Le pouvoir, plus largement réparti qu’auparavant, reste toutefois dominé par une aristocrate guerrière. Mais, dès le IIIe siècle, le développement de l’artisanat et du commerce concentrés d’abord dans des agglomérations de plaine puis dans de vastes villes de hauteur prépare l’intégration des Celtes dans l’Empire romain. Comment évaluer ces évolutions ? Quels marqueurs les caractérisent ? Quelles innovations les sous-tendent ?

  • Sophie KRAUSZ (MC, UMR 5607 Ausonius, Université de Bordeaux Montaigne)
    Trois modèles de formation des territoires du Néolithique à l’âge du Fer en région Centre-Val de Loire.

Cette présentation propose une étude de la formation des systèmes politiques protohistoriques, analysés sur une période de 5000 ans, depuis la sédentarisation des premières communautés paysannes du Néolithique jusqu’à la naissance des sociétés étatiques de l’âge du Fer. Les fluctuations des systèmes politiques dans les sociétés protohistoriques ne sont pas le fruit d’une évolution progressive ou progressiste. Ces systèmes apparaissent au contraire comme une série d’oscillations, des expériences qui se succèdent dans le temps et qui connaissent des succès divers. Dans un premier temps sera présentée une analyse des occupations de l’ensemble de la région Centre-Val de Loire à travers la cartographie sous SIG de plus de 8 000 sites archéologiques. Dans un second temps, un coup de projecteur sera proposé sur trois dossiers emblématiques de la région Centre : Fort-Harrouard (Eure-et-Loir), Sublaines (Indre-et-Loire) et Levroux-Vallée de l’Indre (Indre). On suivra l’évolution de ces trois grands complexes archéologiques sur une période de 5000 ans pour reconstituer l’histoire de la formation des territoires et des systèmes politiques qui les ont fait fonctionner.

  • Réjane ROURE (MC, UMR 5140 ASM, Université Paul Valéry, Montpellier III)
    Les structures sociales du Second âge du Fer en Celtique méditerranéenne à travers le prisme des pratiques rituelles.

La découverte au Cailar (Gard) d’un important dépôt d’armes et de têtes coupées, correspondant à plusieurs trophées guerriers accumulés tout au long du IIIe s. av. n. è. est venu compléter notre vision de la façon dont les Celtes du Midi exprimaient leur valeur guerrière, éventuellement leurs conquêtes territoriales, pour le moins leur pouvoir. Ces expositions d’armes et de têtes humaines se développent dans une région où la sculpture exprime depuis plusieurs siècles une valorisation des guerriers. Plusieurs questions se posent cependant : est-ce la communauté qui exprimait ainsi son assise territoriale et sa puissance, à travers les statues de certains personnages éminents dans un premier temps puis à travers les trophées rapportés par ses guerriers ? Est-ce une élite sociale et politique qui ancre son pouvoir avec ses victoires militaires ? Peut-on véritablement parler de l’apparition d’une aristocratie à la fin de l’âge du Fer ? Afin de nourrir ce débat ancien, les données relatives aux pratiques rituelles seront confrontées aux données plus traditionnelles pour le Midi des habitats et des sépultures.

  • Eneko HIRIART (Post-doctorat, Casa de Valasquez)
    Les agglomérations artisanales d’Europe : l’émergence d’une monétarisation des échanges dès le IIIe s. av. J.-C. ?

Le IIIe s. av. J.-C. représente, pour le monde celtique, une période de profondes mutations socio-économiques. Ces changements se manifestent notamment par un essor substantiel de la production artisanale, une augmentation du commerce, ainsi que par l’apparition des premiers monnayages celtiques.
Ces phénomènes se cristallisent tout particulièrement au sein de certaines agglomérations ouvertes qui émergent également à cette période : Lacoste (France), Manching (Allemagne), Němčice (République Tchèque), Roseldorf (Autriche), etc.
Répartis sur l’ensemble de l’Europe nord-alpine, ces sites ont livré un nombre important de monnaies (plusieurs milliers à Němčice et Roseldorf). Ces fortes concentrations conduisent à s’interroger sur les usages monétaires et, plus largement, sur la fonction économique de ces agglomérations ouvertes.
Que nous apprennent les contextes archéologiques ? Révèlent-ils une possible monétarisation des échanges, plus d’un siècle avant l’apparition des oppida ?
L’évolution des sociétés celtiques semble s’inscrire dans un vaste mouvement d’ensemble. Pour tenter d’appréhender ces dynamiques, nous mènerons une étude comparative des agglomérations artisanales du IIIe et du début du IIe s. av. J.-C. en Europe, entre la France et la Pologne.

  • Alexis GORGUES (MC, UMR 5607 Ausonius, Université de Bordeaux Montaigne)
    Morphogénèse et morphodynamique des communautés protohistoriques du nord-ouest de la Méditerranée au Ier millénaire av. J.-C.

L’habitat du plein âge du Fer des régions du Nord-Ouest de la Méditerranée (que nous ferons aller globalement de la Vallée de l’Ebre à celle de l’Hérault, à la suite des travaux d’E. Gailledrat) se caractérise par la densité de son occupation et par la présence fréquente de fortifications, à l’architecture parfois ostentatoire. On considère le plus souvent que la morphologie particulière de ces agglomérations trouve son origine dans des processus remontant au VIe s. av. J.-C., l’époque où elles se multiplient dans les zones littorales. La mise en place de ces communautés résulterait plus ou moins directement liés à l’accroissement des échanges avec le domaine méditerranéen.
Cette idée sera discutée sur la base d’études de cas destinées à ouvrir de nouvelles pistes interprétatives. On s’attachera d’abord à montrer la diversité des situations micro-régionales, avant de discuter sur la base des données recueillies sur le site de Malvieu (Saint-Pons-de-Thomières, Hérault) la temporalité du processus de constitution de ces communautés et sa causalité.

  • Lionel PERNET (Directeur du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire de Lausanne)
    Le rôle social et militaire de la monnaie dans l’évolution de la société celtique du second âge du Fer.

Plusieurs publications récentes se penchent sur les interprétations qu’ont faites archéologues et numismates sur les liens entre monnayage et mercenariat ou migrations celtiques aux IVe et IIIe siècles av. J.-C., ainsi que sur la fonction ou les fonctions de ces premiers monnayages. Dans le cadre d’une exposition sur les Celtes et la monnaie en préparation à Lausanne, plusieurs de ces thèmes ont été abordés et questionnés : comment les Celtes gèrent leurs dettes avant l’adoption de monnaie frappée ? Suite aux récents ouvrages de Luc Baray, peut-on vraiment réfuter tous liens entre les premières imitations celtiques de statères de Philippe II et le phénomène du mercenariat ? A qui profite l’adoption de la monnaie et quels sont ses premiers usages ? Plus que des réponses, cette présentation soulève de nouvelles questions sur la société celtique du début du second âge du Fer, qu’éclairent notamment les travaux récents sur la dette d’anthropologues comme David Graeber.

- Manuel FERNÁNDEZ-GÖTZ (PhD, Lecturer in Archaeology, School of History, Classics and Archaeology, University of Edinburgh)
Réseaux sociaux à la fin de l’âge du fer : des familles aux États-peuplades.

À travers la combinaison de sources écrites, de données archéologiques et de réflexions anthropologiques, ce travail présente une analyse des divers niveaux superposés d’organisation socio-politique et d’identité présents en Gaule non-méditerranéenne à la fin de l’Âge du Fer, avec un accent particulier sur l’échelle constituée par les civitates. Parmi les questions traitées se trouvent le caractère à la fois politique et ethnique des pagi et civitates à l’époque préromaine, le rôle des assemblées dans la construction d’identités collectives, les institutions politiques ou encore la genèse des ethnies gauloises. Ce qui en résulte est une vision rénovée des communautés de la Gaule préromaine, qui souligne aussi bien le caractère dynamique de ces dernières, tout comme les interrelations complexes entre les différentes sphères sociales.

  • 8e journée de Protohistoire Celtique de l’ENS-Paris
  • 9e journée de Protohistoire Celtique de l’ENS - Paris
  • 10e journée de Protohistoire Celtique de l’ENS-Paris
  • 11e journée de Protohistoire Celtique de l’ENS-Paris
  • 12e Journée de Protohistoire Celtique de l’ENS-Paris

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