TERMaghreb - Les architectures en terre du Maghreb : 2013-2017

Approches diachroniques et spatiales


Dernière modification : 7 avril 2017

Programme de recherche, Université de recherche Paris Sciences et Lettres Investissements d’avenir (ANR-10-IDEX-0001-02 PSL), initié par le laboratoire Archéologie et Philologie d’Orient et d’Occident (AOrOc, UMR 8546 CNRS-ENS), Paris en partenariat avec les Instituts du Maghreb et le labEx Archimede (ANR-11-LABX-0032-01, UMR 5140, CNRS-université de Montpellier III).

Les architectures de terre crue, en brique ou en pisé, font partie intégrante des paysages ruraux de toute l’Afrique septentrionale et se devinent encore dans bien des quartiers des plus prestigieuses cités. Bien que l’ancienneté de ces pratiques constructives se révèle au travers de vestiges magnifiquement conservés des périodes médiévale et moderne ainsi que dans de nombreux textes de ces mêmes époques, ces structures n’ont guère suscité l’intérêt des historiens et des archéologues, notamment des antiquisants, par a priori. Or, l’attention que l’on porte de nos jours à tous les modes de construction, même les plus modestes, montre que ceux-ci livrent des informations non seulement d’ordre technique mais aussi sur les plans de la culture et de l’histoire. Ainsi, alors que la brique crue moulée/tub est une invention orientale qui s’est diffusée tout autour du bassin méditerranéen, il est probable que le procédé consistant à mouler de la terre en place – le pisé/tabiya – ait été mis au point en Afrique du Nord bien avant l’arrivée des Romains et se soit répandu dans les pays de la Méditerranée occidentale à différentes périodes de l’histoire.
La richesse des données archéologiques récemment acquises au Maroc et en Algérie et de celles, plus anciennes mais très bien documentées, en Tunisie, prouve l’omniprésence de la terre crue dans les architectures privées et publiques en association avec la pierre.

Ce programme est organisé sous forme de tables rondes – séminaires, selon deux grands axes :
1 - Fouille et étude des structures en terre
2 - Conservation-restauration et valorisation des vestiges en cours de fouille et des sites déjà exhumés.
Les objectifs sont :

  • affiner, en s’appuyant sur les fouilles récentes (Lambèse, Rirha, Banasa, Volubilis…),
    la reconnaissance des techniques de construction et de décor des bâtiments mis au jour ;
  • mettre au point des critères communs d’identification, en sollicitant les sciences du matériau terre (chimie et physique des argiles, minéralogie, cristallographie, micromorphologie, par exemple) ;
  • établir une terminologie commune précise des techniques identifiées (en arabe et en français) ;
  • restituer éventuellement l’éventail des différentes variantes appartenant à une même technique ;
  • faire progresser la connaissance et l’histoire des cultures constructives à base de terre crue,
    en comblant les lacunes de la documentation entre la fin de la Préhistoire et l’Antiquité dans les pays
    du Maghreb et en essayant de préciser les cheminements des techniques et des savoir-faire entre régions ;
  • créer un réseau de compétences, d’organismes et de chercheurs, au sein duquel s’effectueront les échanges et les collaborations professionnelles ;
  • établir des protocoles d’étude, d’analyse et de conservation des patrimoines archéologiques en terre crue, exposés et fragiles dès qu’ils sont mis au jour, afin de promouvoir des pratiques concertées dans leur gestion préventive et leur mise en valeur.

Trois tables rondes se sont tenues à Meknès (Maroc) en mai 2014, à Tazoult-Lambèse (Algérie) en juin 2015, et à Paris-Grignon en octobre 2016 (voir affiches et pré-actes). Cette dernière clôture le cycle de rencontres dont les résultats seront synthétisés dans une publication finale.

Contact : florence.monier@ens.fr


Organismes partenaires :

AOROC - UMR8546-CNRS/ENS PSL CNRS-Centre National de la Recherche Scientifique ENS-Ecole Normale Supérieure, Paris. INP INSAP